dimanche 28 février 2016

Un pays pour mourir, d'Abdellah Taïa

Quatrième de couv' : Paris, été 2010. Zahira, une prostituée marocaine en fin de carrière, est une femme généreuse malgré les humiliations et la misère. Son ami Aziz, sur le point de changer de sexe, est dans le doute. Motjaba, un révolutionnaire iranien homosexuel qui a fui son pays, loge chez elle durant le mois du ramadan. Jusqu'au jour où Allal, son premier amour venu à Paris pour la retrouver, frappe à sa porte.

Mon avis : Le résumé de la quatrième de couverture donne l'impression d'un ouvrage assez linéaire, simple. Or l'histoire est plutôt décousue. Bien qu'il y ait une temporalité par les titres des chapitres, on s'aperçoit qu'on nous plonge dans un monde, celui de Zahira, sans vraiment nous la présenter. On découvre peu à peu sa vie, de sa famille au Maroc, à son travail à Paris. A cela, s'ajoutent des personnages à la vie bien compliquée et souvent brisée par les aléas de celle-ci : il y a Aziz, qui en changeant de sexe, perd complètement son identité, Motjaba, qui débarque chez l'accueillante Zahira. Elle va s'occuper de lui durant un mois, prenant soin de lui, le cajolant. Une lettre va nous permettre d'en savoir plus sur sa vie, notamment son passé en Iran. Il reste Allal, un autre personnage étroitement lié à Zahira, légèrement fantasque, un peu sorcier sur les bords.

Pour finir, on découvre Zineb, la tante de Zahira, disparue à l'âge de 16 ans. Tout au long du roman, on entend parler d'elle, elle s'invite dans tous les chapitres, et si j'étais lassée par ce personnage présent en pensées, dont on ne savait rien, j'ai été satisfaite par ce que nous révèle le dernier chapitre.

Le style est original. Sans trop changer pourtant, il aborde par différents points de vue la vie de Zahira, sous forme de lettres, de discours intérieur, ou de dialogue.

J'ai bien aimé ce roman, même si je me demande encore où l'auteur voulait m'emmener. J'imagine que parfois il faut se satisfaire d'une lecture qui nous présente la vie d'un personnage, qui nous y plonge, puis nous en éjecte.

Ce roman est court, mais c'est amplement suffisant pour découvrir la dureté de la vie de certains.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Aucun commentaire:

Publier un commentaire