dimanche 18 décembre 2016

Esther, de Sharon E. McKay

Quatrième de couv' : En 1735, Esther Brandeau a quatorze ans. Fille illégitime d’un marchand d’étoffes réputé, elle vit dans un village du sud de la France. Sa famille veut arranger un mariage avec un chiffonnier afin de préserver sa réputation, et Esther s’enfuit. Mais la vie sur les routes est pleine de dangers pour une jeune fille, juive de surcroît. Alors Esther se travestit et elle va vivre plusieurs vies : tour à tour protégée d’une courtisane, boulanger, matelot, elle devra, pour se sauver des périls, changer plusieurs fois d’identité. Portée toujours par l’espoir de retrouver Philippe, un marin qui lui a permis de réchapper d’un naufrage, elle tombe d’un monde dans un autre, et du Vieux Monde dans le Nouveau.
Elle traverse l’océan et arrive à Québec, dans la province de la Nouvelle-France. Mais, à cette époque, la Nouvelle-France est une colonie catholique, et l’entrée en est interdite aux personnes de confession juive. Jusqu’où Esther sera-t-elle prête à aller pour accomplir son destin ?

Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman. Il est destiné aux jeunes, à partir de 13-14 ans. C'est le représentant de l'Ecole des Loisirs qui m'en a parlé sinon je serais totalement passée à côté. Aux premiers abords, ce n'est pas le genre de roman vers lequel je vais : historique, aventure, mêlant la religion.

Et puis finalement je me suis carrément laissée emporter par l'histoire !
Nous découvrons la jeune Esther, qui vit à Bayonne dans le quartier juif de Saint-Esprit. Fille d'un marchand d'étoffes, nous la suivons dans une journée éprouvante : elle est autorisée à sortir du quartier juif, accompagnée de son petit frère, pour porter des échantillons à une grande maison de bourgeois catholiques. Mais la jeune fille, assez téméraire, décide de se balader librement. Au cours de sa balade son petit frère disparait, et elle-même va se perdre dans la ville, qu'elle connait si peu.
Revenant saine et sauve, cette décision va cependant faire son malheur, puisqu'elle va devoir se marier avec un vieux chiffonnier, mais avant elle doit se rendre à Amsterdam, auprès de son grand frère, le temps de faire oublier aux autres sa petite promenade hors du quartier juif.
Elle embarque sur un bateau qui ne tardera pas à faire naufrage. Un marin, Philippe, va l'aider en la plaçant chez sa tante, cuisinière pour une famille de courtisanes. Vont s'ensuivre un tas d'aventures, qui vont mener Esther dans divers endroits de France, au service de gens, mettant en avant ses divers talents et capacités à s'adapter (la jeune fille va longtemps se travestir pour sauver sa peau). Elle embarquera finalement pour Québec, le nouveau territoire français, où son histoire sera révélée.

Il semblerait que ce soit inspiré d'une personne ayant réellement existé. La fiction est correcte, on ne part pas dans des choses invraisemblables. L'époque, le contexte historique et géographique (l'auteure est canadienne et situe l'action en France) sont assez bien retranscrits je pense, avec les différentes classes sociales, avec la puanteur des habitants, qui craignent les bains par peur des maladies, ou le fait que chacun soit affamé alors que le roi vit très bien et mange allègrement dans son palais.
L'aspect religieux est une composante essentielle de l'histoire : Esther doit cacher sa judéité et est même soumise à la conversion. J'ai trouvé intéressant cet aspect, parce qu'on voit que son sort est peu enviable. Les Juifs sont incroyablement mal considérés, tout comme les petites gens qui sont réduits en esclavage.

Et puis Esther c'est aussi la conquête de la liberté. En tant que fille, et de confession juive, elle fait ses propres choix, qui la mènent parfois à côtoyer le pire, comme à vivre des situations vraiment chanceuses. Même si elle a tendance à fuir, elle a l'espoir de connaître autre chose, d'améliorer sa condition et de vivre de nouvelles aventures. Esther est une jeune fille qui présente des valeurs et des qualités incroyables et positives ! Je conseillerai définitivement ce roman à tous !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 12 décembre 2016

Espionnage intime, de Susie Morgenstern

Quatrième de couv' : Angélique, une ado modèle ? Une collégienne bien dans sa peau, bien dans sa famille, bien dans sa vie ? Vraiment ? Vous en êtes sûr ?
Et pourtant... La jeune fille parfaite se comporte plutôt bizarrement ces derniers temps. Elle se transforme, change de tenue, porte des hauts moulants et des minijupes, elle fume et traîne dans des bars, où il lui arrive de faire des rencontres...
Vous avez du mal à y croire ? Tout est cependant écrit noir sur blanc dans le cahier rose fuchsia que sa mère lui a offert. La collégienne en a fait son journal intime, dans lequel elle est censée raconter tous ses secrets.
Elle y décrit une Angélique inconnue de tous, une Angélique... diabolique !

Mon avis : Je dois avouer j'ai mis trop de temps pour lire ce roman, alors qu'il est très court. C'est vraiment un manque d'intérêt qui me l'a fait traîner en longueur. Pourtant sa couverture et son résumé me branchait ! Mais une fois commencées les premières pages, j'ai un peu lâché l'affaire et je vous explique pourquoi :

J'ai assez aimé l'idée du carnet rose, qui sert à Angélique de défouloir. J'ai bien aimé son personnage et l'idée d'inventer sa vie. Cependant, je le voyais venir gros comme une maison et c'est assez dommage parce que c'est le coeur de l'intrigue ! D'ailleurs ses écrits sont tellement inventifs que n'importe quel adulte doué de raison ne se laisserait pas prendre au jeu...!

Je n'ai pas du tout aimé l'accident qui arrive et qui remet en question l'ado. Je trouve que c'est un procédé bien trop gros, les ficelles sont trop apparentes et même assez malsaines : pour que quelqu'un regrette ses paroles, il faudrait qu'il y ait un drame mettant en danger une vie ? C'est malsain et ça a été vu et revu dans les films et les séries. J'ai pas du tout envie de tomber là-dessus quand je lis un bouquin et de surcroit un livre pour ado qui les ferait culpabiliser.

Il y a un manque de profondeur des personnages, d'ailleurs il y en a beaucoup trop pour un roman si court. J'ai trouvé que l'auteure n'approfondissait pas assez leurs relations familiales. Je n'ai pas été touchée par la relation mère/fille pourtant c'est le coeur du roman. J'ai l'impression qu'Angélique n'aime pas tellement sa mère, est-ce l'adolescence ? En revanche on ressent vraiment bien l'amour que porte la mère à sa fille et toutes les inquiétudes qu'elle ressent.

L'auteure donne à chaque personnage un petit aspect fou-fou qui est, je trouve, assez loin de la réalité. Ça m'a fait penser à du Malika Ferdjoukh et ça m'a mise à l'aise.

Je suis certaine que ça plaira à bon nombre d'adolescents, moi ça ne m'a pas touchée plus que ça.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 11 décembre 2016

Babylone, de Yasmina Reza

Quatrième de couv' : « Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C'est l'image d'eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l'excitation d'être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d'autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l'infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j'entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l'irrémédiable. »

Mon avis : J'ai plutôt apprécié ce roman mais sans vraiment savoir pourquoi. Ce n'est pas un ouvrage très compliqué, le style est agréable, bien que parfois les digressions sont un peu lourdes. L'histoire est simple : une femme et son mari invitent des amis à leur fête de Printemps. La soirée se déroule sans problème, chacun rentre chez soi, mais vers 2h du matin, le voisin du dessus, qui était présent à la fête, descend et annonce qu'il vient de se passer un drame.
Là nous allons découvrir comment vont s'enchaîner les événements, entremêlés de souvenirs d'Elizabeth.

Il y a à mon avis, trois personnages principaux : Elizabeth la narratrice, Jean-Lino et Lydie, sa compagne, la soixantaine. Ils sont voisins, se croisent dans les escaliers, se fréquentent assez peu, mais sont tout de même intrigués les uns par les autres, étant donné leurs caractères très différents.

On oscille vraiment entre deux genres, il y a la situation comique de la soirée avec son lot de préparatifs, les discussions entre amis, puis le côté dramatique mais teinté d'un brin d'humour.
Ce n'est pas un livre très sérieux, on n'est pas dans une écriture blanche, mais plutôt descriptive, avec des souvenirs, quelques actions et dialogues.
En fait, nos personnages sont très simples, leur vie est banale, quand surgit le drame, ils sont paralysés et ne savent plus comment réagir, ils inventent tout et n'importe quoi pour se donner une consistance.
Dans les films ou les romans quand une telle situation se présente, l'acteur principal sait toujours quoi faire, réfléchit à mille à l'heure, là ce n'est pas le cas, on ancre l'histoire dans le réel, dans la banalité du quotidien et de gens qui n'ont jamais rien vécu d'extraordinaire.

J'ai bien aimé, sans trop savoir pourquoi. Je le conseillerai je pense, pour Noël si on me demande un roman de la rentrée littéraire. Mais ce n'est pas un coup de coeur.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 5 décembre 2016

Il faut tenter de vivre, d'Eric Faye

Quatrième de couv' : J'étais fasciné par Sandrine et son histoire digne d'un scénario de cinéma. Elle avait bien essayé de mener une vie normale. Sans succès. Etait-ce son attrait pour l'oisiveté, les robes et les grands restaurants ? Sandrine arnaquait les hommes pour vivre dans une bulle luxueuse à l'abri du monde. Seulement, le prix de l'argent facile est double : il faut payer pour le gagner et surtout pour s'en affranchir...

Mon avis : Sandrine est une amie du narrateur (de l'auteur ?). Il nous raconte sa vie dans les années 80-90, quand elle avait la vingtaine et qu'elle arnaquait des hommes, avec son compagnon pour se faire de l'argent, puis on la suit dans sa fuite en Belgique. Alertée par des amis, elle apprend que la police est à sa recherche. Elle fuit en Belgique, où elle va tenter de trouver une certaine liberté.
Cependant comment échapper aux horreurs qu'une mère a tenté de vous inculquer ? Sandrine a eu une enfance relativement compliquée, entre une mère qui la détestait d'être belle et un père qui s'est mis à boire pour échapper à une femme bipolaire.
Sandrine est devenue une jeune femme instable, fragile, peu sûre de son physique, elle veut vivre à 100 à l'heure, boit et se gave d'amphétamines, arnaque les hommes seuls sous couvert de changement d'identités, part en tandem à travers la France, se fait de bons gueuletons dans des resto étoilés.
A force de vivre la vie d'autres femmes, Sandrine a besoin de se retrouver, elle n'y arrivera qu'une fois sa fuite en Belgique terminée.

Sandrine est un personnage attachant, malgré son côté hors-la-loi. Elle a conscience du mal qu'elle fait mais elle a besoin de vivre, alors elle se perd dans des identités d'autres femmes. Je crois que cet attachement nous vient aussi de la façon dont le narrateur présente la vie de Sandrine. Il a un réel attachement pour elle, une fascination pour cette femme qui vit des aventures et échappe à la police.

C'est avant tout l'histoire d'une femme, qui apprend en faisant son lot d'erreurs, à devenir elle-même.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 28 novembre 2016

Les ombres de Canyon Arms, de Megan Abbott

Quatrième de couv' : 1953. Penny Smith débarque à Hollywood, des rêves de gloire plein la tête. Entre promesses de contrats et premiers rôles bidons, elle déchante rapidement et devient maquilleuse pour un studio. A Canyon Arms elle découvre le bungalow de ses rêves, s'y installe malgré les étranges rumeurs dont lui parlent ses voisins. Mais la mémoire du lieu refait surface lorsqu'elle découvre un étrange message laissé sur le mur de la cuisine par l'ancien locataire.

Mon avis : L'autre jour je me suis lancée dans les retours, je comptais retourner ce livre et puis j'ai lu la quatrième de couverture. Il était si fin, l'écriture si grosse, je me suis dit qu'en 3/4 d'heure ce serait lu. Je l'ai donc emprunté et lu d'une traite.
Le résumé m'a beaucoup intriguée, Hollywood dans les années 50, le rêve ! Un lieu qui renferme des secrets ? Parfait pour moi !

Penny est une jeune femme qui a remisé au placard son rêve de devenir actrice, cependant elle est maquilleuse sur des tournages. Elle emménage seule dans un bungalow, face aux collines portant les grandes lettres d'Hollywood. La nuit, des bruits dans son bungalow vont commencer à l'obséder. Ses vieux voisins vont lui raconter la terrible histoire de Larry le libraire. Constamment espionnée par sa logeuse, Penny va peu à peu perdre la raison dans ce bungalow. Sa vie qui ne tenait pas à grand chose va vite dégénérer.

J'ai adoré l'ambiance, la luxuriance des plantes dans ce lieu, la nuit et les peurs qu'elle réveille en nous, Penny qui cherche à écouter sa raison pour ne pas se laisser envahir par la folie, ou la dépression.

Si le roman est très court, il est néanmoins très bien écrit. Je me suis imaginée dans cet endroit, cette époque, j'ai imaginé Penny, ses deux voisins et sa logeuse. La tension est palpable, on oscille entre réalité et fantastique.

J'ai donc beaucoup aimé cette novella.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 20 novembre 2016

Les Culottées et Axolot

Comme souvent, pour les BD, je vous fais un article rapide.

J'ai donc lu récemment Les Culottées, de Pénélope Bagieu.

J'avais déjà lu une grande partie des histoires sur le site/blog du Monde où Pénélope Bagieu publie ses posts. Du coup, la surprise n'y était pas, sauf pour les planches de fin d'histoire qui sont absolument magnifiques : les couleurs, et le monde imaginé par Pénélope se rapportant à la personne dont elle vient de tenir la biographie sont très réussies.

Ce livre est un condensé d'espoir, il met en scène des femmes qui se sont épanouies et ont réussi à combattre les préjugés sur les femmes. Elles ont vraiment oeuvré en faveur de l'égalité, mais aussi pour défendre ce qu'elles sont, ce en quoi elles croient. Ce sont des femmes audacieuses et inspirantes. Et je trouve l'idée de Pénélope Bagieu excellente !

Je suis impatiente que le calendrier 2017 sorte, ainsi que le tome 2 !







Puis j'ai lu Axolot, le tome 3, sorti début Novembre. J'aime là aussi le concept de mettre en image des histoires insolites. Malheureusement, j'avais déjà entendu parler de plusieurs des histoires (probablement sur la chaîne de Patrick Baud d'ailleurs).

J'aime toujours autant voir les dessins des différents illustrateurs. Cette fois-ci j'ai trouvé certaines histoires très sombres, et le dessin était sombre aussi du coup.
Mais je suis toujours aussi friande de ces histoires étonnantes !

Pour info, les 3 tomes vont être réunis sous un même coffret, avec des surprises à l'intérieur ! Wouah !
(Malheureusement je ne me vois pas l'acquérir alors que je possède déjà les 3 tomes séparément).

Un trou dans la toile, de Luc Chomarat

Quatrième de couv' : Créatif dans la publicité, Thomas se sent étranger au monde digital et ultra-connecté d’aujourd’hui. Le voyeurisme et le consumérisme qui se sont épanouis dans le sillage d'internet le rebutent, ce qui compromet son avenir professionnel.
 Mais une mystérieuse officine entend exploiter son inadaptation à la Toile pour retrouver « l’Inconnu », personnage qui défie l’ordre des choses en vivant totalement en dehors d’Internet, et qui paradoxalement a des millions de fans. Comment poursuivre quelqu'un qui n'a rien fait de mal (ni de bien, du reste) ? Comment pister un individu dont le signe distinctif est de n'en avoir aucun, et qui n'apparaît nulle part ? Un individu qui n'existe pas sur internet peut-il encore réellement exister ? Derrière cette mission unique, c'est une véritable quête existentielle qui se profile. L'être humain du XXIè siècle sera-t-il un avatar digital... et immortel ?

Mon avis : Ce roman a reçu le grand prix de littérature policière. Mais j'aimerais bien en connaître les raisons !
Je ne serais pas très bonne pour vanter les mérites de ce roman policier, parce que ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu de polar et je suis plus thriller qu'enquête. Ici pas de suspense intense, pas d'angoisse. Pas vraiment d'enquête non plus à vrai dire.

Le protagoniste principal, Thomas, la quarantaine, travaille dans une agence de pub lorsqu'il est approché par un type prétendant travailler pour le Ministère des Nouveaux Médias, nommé Buzzati, qui va lui demander de trouver l'Inconnu, fruit de rumeurs depuis quelques temps sur le net.
L'Inconnu est un humain qui n'est pas connecté, il est intraçable par les autorités. Mais alors qui est-il ? est-il possible de vivre à notre époque sans internet ? Comment le trouver ? Procéder par élimination ? L'Inconnu peut se trouver n'importe où sur la planète. Il sert les campagnes de publicités des grandes marques puisque personne ne peut prouver son identité, on peut lui inventer toutes sortes d'appartenance à un groupe. Pourtant il met en danger la société de consommation en faisant l'exploit de n'apparaître nulle part, mais d'être le centre de l'attention de tous. Il ne consomme pas, ne fait que vivre loin des radars.

Thomas très cool voire trop cool,  est plutôt à l'aise dans ses baskets, pourtant son environnement ne tourne pas rond : il a épousé 3 femmes et divorcé avec les 2 premières, il fait face au délitement de son 3è mariage, sans réagir véritablement pour le sauver.
A 40 ans, malgré son look de jeune, Thomas n'est pas un adepte des nouvelles technologies, il va à contre-sens de ce qu'on attend de lui au boulot. Publiciste, il ne possède pourtant pas de compte Twitter ni Facebook ou autres. Mais il craint un licenciement abusif en raison de son âge. Il quitte alors son job et décide de se mettre en quête (absurde) de l'Inconnu. Son enquête (fondée sur strictement RIEN) va le mener au Brésil, en Corse, à la campagne avec un artiste contemporain qui se prétend être l'Inconnu. Thomas va aussi découvrir un mouvement, le mouvement OFF dont les membres tentent de se déconnecter le plus possible, et de vivre "à l'ancienne".

Il y a des traces d'humour subtiles, notamment dans les passages avec l'inspecteur Vorski. Il semblerait que ce roman soit un pastiche (mais visiblement je n'ai pas lu assez de polar pour m'en rendre compte).

Ce qui m'a le plus intéressée, c'est cet aspect qu'on retrouve dans Black Mirror : l'absurdité des situations qu'on (en tant qu'humain) a créées, en vertu des progrès technologiques. A-t-on oublié de réfléchir aux conséquences ? Quelle société sommes-nous en train de créer ? Va-t-il y avoir un fossé de plus en plus large entre les adeptes du tout digital (prêts à encoder leurs propres personnes pour disparaître de la surface de la terre et entrer dans le monde numérique) et ceux qui vont refuser d'être surveillés par l'Etat et le marketing et vont se détacher des réseaux ? Ou ceux qui ne pourront pas suivre ce mouvement qui mène au digital dans tous les aspects de la vie ? Quelle part de nous-mêmes donnons-nous à ceux qui nous surveillent, et utilisent nos informations à des fins commerciales ? Quelle part de nous-mêmes voulons-nous garder et ancrer dans le monde réel ?
Bref c'est surtout cette réflexion qu'on peut tirer de ce roman qui m'a semblé intéressante.

Cependant j'ai trouvé ce livre décousu, mais c'est peut-être là qu'on trouve l'absurde. Bref je n'ai pas pris de plaisir à le lire. Et la fin m'a un peu déçue, même si je m'y attendais fortement.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 13 novembre 2016

Carnet de routes, de Marie Lopez

Quatrième de couv' : Une étudiante en architecture, une youtubeuse, un jeune homme trop tranquille nommé Marco, un moniteur d'auto-école et un professeur d'université...
Cinq personnages aux destins dissemblables vont former un groupe hétéroclite et fantasque à la faveur du permis de conduire.
Tandis que trois générations se mêlent et s'apprivoisent, une camaraderie surprenante grandit entre les candidats ; chacun va se livrer aux autres bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Le passé, les doutes, les regrets, les espérances s'invitent dans l'habitacle de la voiture à double commande.
Leurs différences les poussent à reconsidérer leurs choix et les horizons qu'ils s'étaient fixés. Et le danger de ressortir de l'expérience juste un peu plus perdu qu'avant est bien réel... Mais voici que surgit l'extraordinaire et que s'offre à eux un chemin bien éloigné des codes et des panneaux de signalisation.

Mon avis : Olala mais vous allez vous dire "qu'est-ce qui lui arrive à Jude ?!" Lire du Marie Lopez aka Enjoy Phoenix ?!
Bon et bien si on fait abstraction de tout ce que Marie écrit et révèle sur elle à travers ses personnages, c'est plutôt pas mal.

Alors, commençons directement par les choses que je n'ai pas aimées :
- l'intervention du fantastique. J'ai trouvé que ce n'était pas nécessaire, soit on fait un roman réaliste du début à la fin, soit on fait un roman fantastique, mais les petites touches comme ça et puis cette fin un peu surréaliste ça ne m'a pas plu.
- le vocabulaire parfois ampoulé.
- les descriptions un peu trop longues, que ce soit de la ville de Lyon ou les faits historiques. Ce n'était pas très spontané, ça manquait d'authenticité, un peu comme si l'auteure voulait écrire quelque chose de vraiment bien, alors qu'un style moins détaillé aurait fait l'affaire.

Passons au positif : 
J'ai bien aimé le principe de découvrir l'histoire des personnages. Le contexte d'ailleurs est plutôt original puisqu'ils se rencontrent aux cours de code d'une auto-école. Un contexte que je n'avais jamais eu l'occasion de lire dans un roman.

Les personnages sont assez intéressants même si ils restent cantonnés à leur domaine et manquent un peu de profondeur.

  • Gaspard, le vieux monsieur aime se replonger dans son passé, qui est vraiment très riche, j'ai beaucoup aimé découvrir sa vie au fil des pages. 


  • Antoine, le moniteur d'auto-école reste bloqué sur le fait qu'il lutte pour obtenir la garde alternée de ses filles. Mais c'est aussi quelqu'un de très compréhensif, à l'écoute et c'est un personnage que j'ai bien aimé, même si j'aurais aimé connaître d'autres parties de sa vie. 


  • Eléonore a 25 ans et son monde s'est écroulé quand son petit ami s'est tiré du jour au lendemain. On connaît finalement assez peu de choses sur elle. J'aurais voulu en savoir plus sur sa famille, ses amis, je crois que c'est le personnage le moins bien développé du roman. 


  • Charlie est évidemment la personne qui ressemble le plus à Marie, puisque Charlie a une chaîne sur Youtube, des millions d'abonné(e)s et passe son temps sur les réseaux sociaux. Quelque chose d'ailleurs dans sa partie qui m'a fait penser que Marie mettait trop les deux pieds dans le plat : l'évocation d'une lettre d'abonnée qui lui dit être victime de harcèlement. Ce rapport si proche à son expérience était si peu subtil que ça ne m'a pas touchée du tout, d'autant plus que le sujet est assez vite expédié. Un autre élément peu subtil : quand on découvre que Charlie a participé à une émission de danse. Je pense que ce n'était pas nécessaire que Marie en divulgue autant de sa vie dans un personnage. On avait déjà compris que Charlie = Marie. 


  • Quant à Marco, des éléments nous laissent deviner tout au long du roman quel type de personne il est, et ça gâche un peu la surprise de la fin. C'est aussi le personnage le moins intéressant selon moi puisqu'il n'a pas d'histoire, pas de vécu. Dommage. 


Ensuite, j'avoue que j'ai rangé ce roman dans le rayon ado, mais on va dire qu'il s'adresse plutôt aux jeunes adultes. Disons qu'une jeune fille de 12-13 ans aura parfois du mal avec certains termes voire avec la construction de l'histoire : on fait régulièrement des sauts dans le temps, que ce soit loiiiin dans le passé, comme parfois moins loin. Disons qu'au cinéma ce genre de flashback c'est assez adapté, dans un roman, un peu moins.


Pour finir, je partais avec beaucoup d'a priori mais je suis plutôt surprise par la qualité d'écriture, surtout quand on sait tout ce que Marie produit à côté. (Pour ma part je me suis désabonnée de sa chaîne il y a un an donc je la suis de loin).
Ça a été une bonne lecture, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais si Marie se consacre à l'écriture et prend en compte les diverses critiques qu'il y a çà et là, je pense qu'elle pourra devenir une auteure intéressante à suivre. Elle a du potentiel, de bonnes idées à développer et un style à trouver mais elle est sur la bonne voie.

vendredi 11 novembre 2016

Coeur Cerise, de Cathy Cassidy

Quatrième de couv' : Je m'appelle : Cherry Costello
Mon âge : 13 ans
Je suis : secrète, débordante d'imagination
Mon style : jeans skinny, tee-shirts à motifs japonais
J'aime : les fleurs de cerisier, les roulottes de gitans
Je rêve : d'être acceptée par mes quatre nouvelles demi-soeurs
Mon problème : je suis amoureuse du petit copain de ma demi-soeur...

Mon avis : Dans l'optique de pouvoir conseiller les clients pour Noël, je me suis dit qu'il était temps que je me remette à la littérature jeunesse, vu que je suis censée m'occuper de ces rayons (Ados et Enfants) entre autres évidemment. J'ai conseillé la saga Les Filles au chocolat à une grand-mère l'autre jour parce qu'elle voulait un cadeau pour sa petite fille, et bon je savais pas tellement de quoi je parlais... Donc j'ai emprunté Coeur Cerise et je l'ai lu.
J'ai bien aimé, c'est pas trop mal écrit, il y a pas mal de dialogues, les chapitres sont courts, les personnages sont plutôt intéressants. Par contre ce que j'ai moins aimé c'est ce monde tout rose et fantastique qu'on nous propose. Le père de Cherry veut monter sa boîte, paf il achète du matos, va voir son banquier et voilà, le prêt est accepté ! Comme ça. Alors que le type est au chômage, il n'a aucune formation de chocolatier (le gars fait fondre du chocolat de supermarché pour faire ses chocolats quand même...) Bref, côté réalisme on repassera !
Sinon je comprends pourquoi ça parle aux jeunes filles, on y parle d'amour, de difficultés à s'intégrer, de ne pas trop savoir comment se mettre en avant.

Pour moi ça n'a pas été une lecture coup de coeur, je préfère encore relire pour la dixième fois les bouquins que je dévorais ado et qui me parlaient beaucoup plus. De plus je me suis peu attachée aux personnages. Mais bon ça ne m'empêchera pas de peut-être continuer à découvrir les autres tomes.
Mais au moins, c'est une lecture gentille, douce et qui peut plaire aux filles dès 12 ans. Une saga que je pourrais enfin conseiller en sachant de quoi je parle!

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 6 novembre 2016

Bleu Blanc Sang, de Bertrand Puard

TOME 1

Quatrième de couv' : 5 juin 2018. La France enterre son président de la République, et c'est son propre frère qui est pressenti à la succession. Simultanément, le convoi transportant une toile d'une artiste inconnue est pulvérisé au lance-roquettes. Au même instant, à New York, une oeuvre de la même peintre est adjugée pour la somme inouïe de 53 millions de dollars.

Quel peut être le lien entre ces trois événements ? Quelles forces obscures sont à l'oeuvre ? Et comment une jeune employée de banque, un rebelle militant et une étudiante se retrouvent-ils plongés au coeur d'une enquête aux ramifications politiques et financières ?

Tous les pions semblent en place pour une partie vertigineuse.

Bienvenue dans la République Bleu Blanc Sang !

Mon avis : J'ai dévoré ce premier tome. J'avais déjà eu un extrait d'une trentaine de pages qui m'avait beaucoup intéressée, alors j'ai commandé les 3 tomes pour le magasin. Ce week-end j'ai emprunté le tome 1, en me disant "je le lis vite comme ça je le ramène mardi". Autant vous dire que si avec cette pensée, je donnais l'impression de me forcer à le lire, ça n'a pas été le cas du tout ! J'ai directement été embarquée dans cette histoire passionnante, qui n'a rien à envier au réel !
Entre secrets et machinations politiques, vie en jeu et amitié naissante, j'ai adoré ce roman. Je pense même que je vais le conseiller à tout va pour les ados à Noël. Et évidemment je suis impatiente de lire la suite, bien que le tome 1 ne se finisse pas sur un cliffhanger de fou. On a envie de connaître la suite, mais l'auteur a néanmoins refermé la plupart des questions qu'on a pu se poser au cours de notre lecture : OUF !
Je pense qu'on est devant une ère nouvelle dans la littérature pour ados. Je n'ai jamais été embarquée comme ça dans un thriller politique, mêlant art, finance et liens familiaux. C'est une très bonne surprise !

En plus l'écriture est au top ! On sent que c'est mature et fluide. Il n'y a pas de superflu, pas de longueurs, on est dans l'urgence mais en même temps on détaille suffisamment les personnages, on connaît leurs émotions et même si on en sait assez peu sur leur passé, ils ne constituent pas seulement des êtres de papier, ils ne sont pas des clichés sur pattes, bien que certains personnages secondaires, nous réservent je pense, bien des découvertes dans les prochains tomes. Il y a de nombreux rebondissements, c'est rythmé, efficace et cohérent.

En bref, une lecture haletante, pleine de suspense, intelligente et qui m'a beaucoup plu.


TOME 2 
Quatrième de couv' : Juillet 2018. Eva Brunante a promis au patriarche de la riche et puissante famille Tourre de l'aider à retrouver les cinq toiles de Justine Latour-Maupaz encore dispersées à travers le monde.
Chaque seconde compte, car la survie de l'empire Tourre est en jeu, mais aussi, et surtout, l'honneur d'une dynastie meurtrie par les trahisons et les coups bas. C'est en fait l'équilibre de la France entière qui est mis en péril.
La quête des tableaux manquants de l'artiste fait entrer Eva dans une saga familiale haletante, traversée d'amours intenses et de haines féroces.

Mon avis : J'ADORE. Ce tome est tout aussi bon que le premier, bien que celui-ci soit essentiellement consacré à la recherche des 4 tableaux manquants (ce qui pourrait en lasser certains). Le rythme est toujours aussi bon, on est dans l'urgence et on dévore ce roman.
L'intrigue me plait énormément. Le fait qu'elle mêle la politique, les histoires de famille et l'art à travers les siècles, ça me branche ! Et puis ces histoires de vengeance familiale, j'avoue que ça me plait assez parce que ce n'est pas traité de façon niaise. On n'a pas d'histoire d'amour nian-nian non plus, les personnages n'ont pas le temps pour ça, pourtant il y a de l'amour dans ce livre : l'amour filial qui pousse à vous dépasser pour sauver quelqu'un qu'on aime, avec qui on partage les liens du sang.
J'ai bien aimé aussi les extraits du journal intime de Justine, ça la rend plus vivante et on découvre une autre période de l'Histoire de France que celle très actuelle dans laquelle se déroule l'histoire.
Je trouve aussi les personnages plus poussés, même si on n'apprend pas beaucoup de choses sur leur passé, ils sont encore plus dotés d'émotions et de sentiments dans ce second tome. Je me suis même attachée à des personnages très secondaires qui n'étaient là que pour mener à bien une mission.
J'ai dévoré ce second tome et je suis conquise !


TOME 3
Quatrième de couv' : Septembre 2018. Un mois et demi a passé depuis le drame qui a clôturé la chasse aux tableaux de Justine Latour-Maupaz, et qui a fait vaciller le pouvoir en place. Retirée dans un manoir à la campagne, Eva Brunante se remet peu à peu de ses traumatismes en jurant qu'on ne l'y reprendra plus à jouer les héroïnes de thriller ! Pourtant, lors du vernissage de l'exposition consacrée à l'artiste maudite, un jeune homme venu des Etats-Unis surgit avec de nouvelles révélations bouleversant l'échiquier.
Dans l'ultime tome de la trilogie Bleu Blanc Sang, Eva ira de surprise en surprise et apprendra que tous les événements de ces trois derniers mois n'étaient que les premiers soubresauts d'une rude bataille à venir.

Mon avis : Olala, quelle déception ! J'ai adoré, comme vous le savez les deux premiers tomes, mais ce troisième... il n'est pas du tout à la hauteur des précédents.

Déjà le résumé est faux : on reprend l'action en novembre, pas en septembre. On nous indique qu'on va suivre Eva, or on la suit très peu. L'action est concentrée sur Romain Philidor et sur toute une branche de la famille Philidor. Ici il n'est plus question de quête de tableaux, ou très peu, on est surtout sur une affaire de famille.

On s'emmêle les pinceaux entre les différents membres (bâtards ou non) de la famille Philidor, et bien qu'on ait deux arbres généalogiques insérés dans la couverture, ils sont bien loin d'être complets.
D'ailleurs je cherche encore le lien entre les Philidor et les Tourre (bon ils ont bien un ou deux ancêtres en commun), mais je pensais la bataille entre les deux familles plus intense. Au lieu de s'en prendre à Patrice Tourre directement, Romain Philidor en veut à tous les descendants d'Emile Philidor. Ce n'est pas comme cela qu'il va conquérir l'Elysée il me semble...
On a une quête généalogique, qui se fixe sur la descendance, et les motifs de cette quête ne sont pas très bien présentés (bataille entre les "blancs" et les "noirs" de la famille Philidor).

Les références aux échecs m'ont profondément ennuyée d'ailleurs. Je ne suis pas adepte de ce jeu et n'y comprends pas grand chose. Alors la passion qui se révèle tout à coup chez Caïssa m'a semblé exagérée. Jamais dans la vie les gens se prennent autant d'affection pour un jeu qu'ils viennent de découvrir, si ?

Les découvertes que l'ont fait à propos de Justine Latour-Maupaz et son oeuvre sont surréalistes ! Une fresque ?! Sérieusement ? Encore un truc à reconstituer, ça sent le réchauffé...!

Un nouveau personnage, américain, est introduit et je l'ai d'emblée détesté, pour sa façon d'agir, ce côté orgueilleux et fier qui me déplait. Il sort de nulle part et pourtant toutes les portes lui sont ouvertes, même Eva et Stéphane ne lui refusent pas leur aide et ne remettent pas en question qui il est et comment il a découvert tout ce qui lui tombe dessus en si peu de temps.

Beaucoup d'éléments dans ce tome ne m'ont pas paru réalistes. Même dans l'écriture, j'ai cru que quelqu'un d'autre que l'auteur avait écrit à sa place tellement ça ressemblait parfois peu à ce qu'il avait rédigé dans les deux premiers tomes.

Je crois que c'est le tome de trop. Peut-être une commande d'éditeur, que l'auteur n'a pas su honorer complètement, c'est pourquoi le livre semble bien en dessous, même en terme de rythme, que les deux précédents.

De plus je pensais en découvrir plus sur Clarissa, Lucas, Eva et sa famille, Hugo Rome et Charlotte Dugain ainsi que leur mouvement Riposte, pourtant tout cela est effleuré. La fin nous propose une belle phrase mais en vérité, rien ne nous amène à la trouver juste, au cours de ce livre, puisque la politique est très peu développée dans ce roman.
Cette fois-ci les côtés artistiques et historiques sont occultés, alors que c'est ce qui m'avait plu dans les tomes d'avant. Vraiment, dommage.

Ça m'agace d'avoir été si déçue pour ce dernier tome. J'ai quand même aimé le lire, j'ai rigolé de certaines phrases. Mais je n'ai pas vécu l'intensité du livre comme pour les deux premiers.

jeudi 3 novembre 2016

Marylin 1962, de Sébastien Cauchon

Quatrième de couv' : Eunice, Whitey, Agnes, Ralph, Ralph encore, mais aussi Paula, Inez, Larry, Evelyn, Cherie, May et Pat. C’est à leurs côtés que Marilyn Monroe vécut ses derniers mois à Los Angeles en 1962. Des amis, des collaborateurs, des proches… en réalité quasiment tous ses employés. Une armée des ombres à la hiérarchie mouvante, composée d’alliés des débuts et de nouvelles recrues. Un entourage à défaut d’une famille.
Que signifiait pour eux côtoyer la plus grande star d’Hollywood, jamais à court de paradoxes ? Qui étaient-ils et quels liens avaient-il tissés avec celle qui mourut à trente-six ans, adulée de tous, mais seule dans sa maison de Brentwood à peine meublée ? Une plongée au coeur des coulisses d’un monde disparu à travers douze personnages, héros du roman vrai des derniers jours de Marilyn Monroe.

Mon avis : J'ai beaucoup aimé découvrir cette biographie qui possède un angle assez unique : on découvre l'entourage de Marilyn Monroe sur les dernières années. Pas son entourage familial, mais plutôt amical, une douzaine de personnes qui gravitent autour d'elle. A travers leurs portraits, c'est elle qu'on découvre dans l'intimité, entre son addiction aux médicaments, ses angoisses et sa volonté de créer Marilyn à la place de Norma Jeane.

C'est peut-être un poil trop romancé parce qu'on peut se demander où sont les limites entre la fiction et la réalité. Mais même si l'auteur a fait de nombreuses recherches et a pu interviewer certains proches de Marilyn, on n'arrivera jamais à atteindre LA vérité, mais au moins une vérité.

Ici, pas de trash, la mort de Marilyn est évoqué à la toute fin, même si elle est en filigrane tout au long du texte. Cependant, je trouve que c'est bien amené, pas de voyeurisme, on ne cherche pas les causes de cette mort. On ne nous parle pas de ses ex-maris, ni de sa mère, ni de ses relations avec les Kennedy. Et je trouve que ce n'est pas plus mal.
On la découvre sous un nouvel angle et l'auteur rend hommage aux personnes qui l'aidaient, lui rendaient service et s'occupaient d'elle du mieux qu'ils le pouvaient.

Si vous aimez Marilyn Monroe et que vous souhaitez lire une biographie qui met en lumière la femme avant la star, choisissez ce livre !

Mention ++ pour la couverture au toucher velours, j'adore. Et la photo qui est vraiment sublime.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 1 novembre 2016

Crépuscule du tourment, de Léonora Miano

Quatrième de couv' : De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel.

Mon avis : Après avoir vu la vidéo d'Hajar sur ce livre, je me suis dit qu'il fallait que je le lise, bien que le sujet ne me parle pas tellement. J'étais curieuse de comprendre de quoi parlait Hajar.
Effectivement, après lecture de ce roman, ce n'est pas du tout le type de lecture vers lequel je me dirige habituellement. Ce roman fait appel à une culture que je n'ai pas, notamment concernant l'Histoire de l'Afrique. Ça a été difficile pour moi de comprendre certains passages. J'ai mis un temps fou à comprendre le terme "sans généalogie" par exemple, qui est utilisé à de nombreuses reprises.

Cela dit, j'ai trouvé que malgré la difficulté de compréhension pour un esprit comme le mien qui n'a jamais été ouvert aux problématiques du continent africain, deux sujets pouvaient néanmoins me toucher : les secrets et les tabous dans une famille, ainsi que le sujet des femmes et de leur épanouissement, sans l'aide d'un homme.

Ce sont 4 femmes fortes et puissantes qui s'expriment l'une après l'autre, à un homme, Dio. Il y a Madame, la mère de Dio, femme battue par son mari durant 30 ans, personnage très froid et hautaine, c'est par elle que commence le roman, et j'ai failli abandonner car son monologue était très métaphysique, et pas suffisamment porteur de réalité que j'aurais pu représenter dans mon esprit.
Il y a ensuite Amandla, l'ex-compagne de Dio, fière de son héritage kémite, qui évoque le racisme.
Il y a Ixora, la nouvelle compagne, venant du Nord, elle va se découvrir des désirs longtemps refoulés, en accompagnant Dio sur ses terres d'origine.
Et enfin, il y a Tiki, la petite soeur de Dio, lui révélant sans pudeur ses désirs sexuels, son refus d'enfanter mais aussi son enquête, plus jeune, pour découvrir ses origines, l'origine du mal qui a créé tant de problèmes entre ses parents.
A travers ses 4 voix, nous découvrons des secrets profondément enfouis. Chacune explore sa sexualité, ses désirs et ses envies, longtemps restés contraints par les problèmes liés au racisme, à la domination ou au colonialisme.

J'ai aussi mis beaucoup de temps à lire ce roman, je l'ai lu en 4 fois, une fois pour chaque voix, pour ne rien perdre du style (dense) et de la voix de chacune de ces femmes. Elles s'expriment toutes différemment, avec plus ou moins de vigueur, d'honnêteté, de sincérité. Leurs voix sont fortes.
Le résumé parle d'une "langue sculptée en orfèvre", et c'est tout à fait ça, chaque phrase est l'aboutissement d'une réflexion. C'est pourquoi il faut prendre le temps de lire ce livre, de réfléchir à ce qui est écrit. Il y a une grande puissance qui s'en exprime.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 17 octobre 2016

Sothik, de Marie Desplechin et Sothik Hok

Quatrième de couv' : Sothik est né en 1967 dans un Cambodge en pleine tourmente. Il a trois ans quand la guerre civile fait rage, huit ans quand les Khmers rouges prennent le pouvoir. Du jour au lendemain, tout change. L’argent est aboli, les livres sont détruits, la religion interdite, la propriété privée n’existe plus. Sothik et sa famille doivent quitter leur maison en laissant tout derrière eux et prouver sans cesse leur obéissance au nouveau régime. Mais cela ne suffit pas ! Les Khmers rouges décident brutalement d’enlever les enfants à leurs parents afin de mieux les éduquer. Sothik rejoint un groupe d’enfants de son âge. La famille n’existe plus, la terreur et la famine s’installent…

Marie Desplechin est allée pour la première fois au Cambodge en 2014. Invitée à rejoindre Sipar par Suzanne Sevray, longtemps en charge de l’international à l’école des loisirs, elle a suivi sur place le travail des équipes et fait la connaissance de Sothik. C’est à la fin d’un séjour de trois semaines qu’ils ont décidé de travailler ensemble à ce livre, que Tian a accepté d’illustrer.

Mon avis : Parue il y a peu, cette biographie a été rédigée par Marie Desplechin. Elle raconte l'histoire de Sothik Hok, un cambodgien qui a vécu durant 4 ans sous le régime des Khmers rouges.
On nous a brièvement parlé du Cambodge au lycée et n'étant pas très portée sur la littérature et l'histoire de l'Asie, j'ai vraiment découvert avec ce roman la vie des Cambodgiens entre 1975 et 1979.
Le point de vue est évidemment celui de Sothik, c'est par sa voix que nous découvrons les atrocités qu'il a vécues, ainsi que la façon dont la vie était dirigée sur tous les plans par les Khmers. Il s'agissait d'une dictature, où le partage, la solidarité étaient les maîtres-mots. Cependant, si derrière ces mots se cachent un idéal, il est tout simplement impossible d'accorder aux humains une égalité parfaite.
Nous découvrons que les habitants des villes sont déportés vers les campagnes, car la population urbaine serait "corrompue". Il n'existe plus de propriété privée. Il n'y a plus d'hôpitaux, ni de médecins, ni de médicaments. Chacun se voit proposer le même repas midi et soir au prétexte d'égalité : une soupe d'eau avec quelques grains de riz et parfois des morceaux de poisson au fond ! Interdiction est faite de manger ce que propose la nature : une abondance de fruits, du riz, etc. qui sont envoyés à l'étranger (et plus particulièrement en Chine).
Chacun travaille et a un poste spécifique. Les enfants travaillent également, vêtus de l'habit noir, sans chaussures, au milieu des rizières pour tuer les rats. Il leur arrive d'avoir affaire à des reptiles et plus particulièrement à des cobras ! Les enfants n'ont plus de liens ni avec leurs parents ni avec leurs frères et soeurs. Ils sont livrés à eux-mêmes mais surveillés par les cadres du régime.

En bref, j'ai découvert ce régime et sa mise en place grâce à cette biographie qui met en lumière une période de l'histoire dont on nous parle assez peu. (Je crois que les cours d'histoire sont vraiment survolés au lycée et c'est bien dommage !). Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre qui se lit très vite (environ 80 pages) et qui est très intéressant !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 14 octobre 2016

Miss Dashwood, Nurse certifiée, De si charmants bambins, de Gwenaële Barussaud

Quatrième de couv' : Dans leur château normand, monsieur et madame de Grandville sont désespérés : leurs charmants bambins, Godefroy et Charlotte, multiplient les bêtises et font fuir les gouvernantes. Heureusement, la célèbre école de nurses anglaises, la prestigieuse Perfect Children Academy, a promis de leur envoyer une demoiselle à la hauteur de la situation, et c'est l'excellente Daisy Dashwood qui a été choisie pour cette périlleuse mission.
Avec ses connaissances toutes fraîches en matière d'éducation, ses diplômes flambants neufs et son réputé flegme britannique, Daisy Dashwood semble effectivement dotée des qualités requises pour corriger les insupportables descendants de la famille Grandville ! Mais il ne faut jamais sous-estimer l'incroyable résistance des enfants français, ni leur extrême inventivité...

Caprices en pleine rue, batailles de mottes de terre, odeurs de camembert, pianiste myope et dressage de marcassin réussiront-ils à déstabiliser la jeune nurse anglaise ?

Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman pour enfants de 9 à 12 ans, qui est plein d'humour.
On plonge dans le XIXè siècle, dans la campagne normande, chez la famille Grandville. Les enfants terribles, Godefroy et Charlotte font la connaissance de leur énième gouvernante, Daisy Dashwood. Cette jeune fille arrive tout droit d'Angleterre où elle a appris certaines méthodes pour s'occuper des enfants et les divertir. Mais Godefroy et Charlotte sont d'atroces "marmots" et vont la faire tourner en bourrique, jusqu'à ce que Daisy comprenne la raison pour laquelle ils sont si pénibles. Ces enfants ont besoin d'attention et ils le font savoir de la seule manière qu'ils connaissent : en faisant des colères et des bêtises. Dès lors, Daisy va s'adapter afin de les occuper au mieux et en faire des enfants plus sages, mais aussi plus à l'écoute de leurs émotions. Elle va ruser et développer son imagination puisqu'elle ne peut compter sur les conseils théoriques qu'elle a appris à la Perfect Children Academy. Daisy est une jeune femme naïve, qui doit tout apprendre sur le tas, elle est très ingénieuse, attachante et surtout déterminée !

Ce roman est vraiment génial pour les enfants, déjà il nous emmène à une autre époque, que personnellement j'aime beaucoup.
Il est aussi très drôle, les situations sont parfois cocasses, mais aussi touchantes. On ne s'attarde pas dans de longues descriptions, on est dans l'action !
Et enfin, la morale est subtile mais peut s'adresser aussi aux parents de notre époque !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 13 octobre 2016

La différence invisible, de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Quatrième de couv' : Marguerite a 27 ans et à première vue, rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise, vit en couple... Pourtant, elle est différente et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Lassée de se sentir en permanence décalée, elle décide un jour de partir à la rencontre d'elle-même ; sa vie va s'en trouver profondément modifiée.

Mon avis : J'avais entendu parler de cette BD par une cliente à la librairie, mais comme on fait peu de BD, on ne l'avait pas en stock.
Aujourd'hui, en allant dans une librairie près de chez mes parents, mon regard s'est posé dessus, il y avait un bandeau et un petit coup de coeur du libraire qui expliquait de quoi il s'agissait. Et ça a fait tilt ! J'avais effectivement eu envie de lire cette BD, parce que je me pose des questions sur l'autisme Asperger.
Julie Dachez est la scénariste de cette histoire et je l'avais découverte cet été sur Youtube, sur sa chaîne, où elle racontait sa vie en tant qu'autiste Asperger.
Je m'étais déjà plus ou moins reconnue dans ses difficultés, et en lisant la BD aussi. Mais je pense que beaucoup de gens hypersensibles peuvent se reconnaître dans ses états. Le diagnostique est donc indispensable pour déterminer si on est oui ou non autiste Asperger.

L'histoire bien que redondante au départ, est surtout porteuse d'espoir. Avant de connaître le diagnostique, Marguerite (l'héroïne) se sent à part, elle ne comprend pas le langage imagé, a du mal avec le second degré, subit le bruit autour d'elle, a un mal fou à établir des liens avec les gens de son travail ou les amis de son copain, et ceux-ci sont extrêmement mauvais envers elle, puisqu'ils la trouvent différente, pas drôle, ennuyeuse, etc.
Il y a des ellipses narratives, car l'histoire se déroule sur plusieurs années : les délais pour obtenir un rdv avec un Centre Ressources Autisme sont très longs par exemple, ne serait-ce que pour confirmer le diagnostique. Mais ça nous montre qu'il faut être patient, pour enfin savoir ce qui nous arrive.

Le dessin est agréable et très simple, comme le choix des couleurs. Je ne dirais pas que j'aime énormément, mais la mise en dessin du scénario dans les cases est vraiment bien faite.

En bref, une BD touchante qui peut plaire à ceux qui s'intéressent à ce sujet.

La fiche de la BD sur le site de l'éditeur

mercredi 12 octobre 2016

Et mes yeux se sont fermés, de Patrick Bard

Quatrième de couv' : Tout le monde change durant l'adolescence. Maëlle n'est pas différente des autres filles de seize ans. Cette année-là, elle passe de plus en plus de temps sur Facebook, abandonne le sport, modifie sa façon de s'habiller, quitte son petit ami... Sans hésitation ni compromis, elle prend un virage à 180 degrés. S'il y a une chose qui ne change pas chez Maëlle, c'est son caractère déterminé. C'est pour sauver le monde, que victime d'un rapt mental, elle rejoint les combattants de Daech. Maëlle devient Ayat.

Mon avis : J'appréhendais cette lecture, parce qu'on est loin de mes thématiques favorites. Pourtant, comme me l'avait dit ma collègue, ce roman est indispensable pour éclairer les jeunes (et les moins jeunes !) sur les méthodes d'embrigadement de nouvelles recrues par les djihadistes.

C'est un roman choral : ils sont nombreux à avoir connu Maëlle avant son changement et à parler d'elle, à raconter la jeune fille déterminée qu'elle était, puis comment ils n'ont rien vu, ou n'ont pas voulu voir ce changement de personnalité, comment Maëlle s'est radicalisée en peu de temps, avant de partir en Syrie rejoindre son futur mari.

On sent que l'auteur s'est beaucoup documenté sur le sujet. Il explique quelles sont les méthodes de Daesh pour recruter de nouveaux jeunes via une propagande sur les réseaux sociaux. En les faisant douter sur notre société avec les théories du complot, en éveillant leur pitié pour les enfants en Syrie, en leur montrant des images de tortures, en leur promettant un mariage et une vie dans une belle maison en Syrie pour les filles, ou des armes et le combat pour une idéologie pour les garçons, ils arrivent peu à peu à séduire de jeunes Français en manque de repères, qui n'étaient pas destinés à faire le djihad.

Grâce à ce roman on sort aussi des préjugés qu'on peut avoir : Maëlle est une jeune Française, d'origine bretonne, pas croyante à la base, bien éduquée, sérieuse, sportive, mais surtout très sensible aux injustices et c'est sur ce point que l'embrigadement va se faire. Via Facebook, Maëlle va rencontrer un homme qui va "l'initier à l'islam". Sensible aux arguments du garçon, des liens qu'il lui envoie, elle va peu à peu croire aux théories du complot, faire de nouvelles connaissances virtuelles qui vont l'entourer jusqu'à lui envoyer des messages en continu, ne lui laissant plus le temps de réfléchir par elle-même. C'est véritablement un "rapt mental" qui va pousser la jeune fille à partir en Syrie et à renier sa famille.

Le ton est juste, chaque personnage qui raconte son point de vue a une véritable identité et il est intéressant de découvrir comment chacun a perçu le changement de Maëlle et qui se sent coupable de n'avoir rien fait pour elle. Mais c'est aussi un roman qui met en lumière le manque de communication entre un ado et ses parents.

Un roman vraiment indispensable, à lire. Un roman d'actualité, un roman de société, pas simplement un roman destiné à la jeunesse. C'est une lecture percutante et qui vaut la peine d'être lue !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 6 octobre 2016

The Ones, de Daniel Sweren-Becker

Quatrième de couv' : Cody a toujours été fière d’appartenir aux Ones. Son copain James et elle font partie du 1 % de chanceux sélectionnés par le gouvernement pour être modifiés génétiquement à la naissance.
Aujourd’hui, les Ones excellent en tout : ils sont beaux, talentueux, intelligents, sportifs…
Mais pour certains, c’est une injustice. Et le mouvement Equality profite allègrement de la jalousie et de la peur montante au sein de la société, pour gagner des voix et imposer son parti. Le gouvernement américain montre alors sa face la plus sombre et les Ones deviennent illégaux. Alors que la frontière entre bien et mal se brouille, Cody rejoint un groupe de radicaux qui ont bien l’intention de préparer la révolte. Et James commence à se demander jusqu’où Cody pourrait aller pour la cause…

Mon avis : A la librairie on avait reçu le service presse de ce livre en juillet, malheureusement j'ai commencé à le lire le 14 ou 15 juillet, juste après les événements de Nice. Autant vous dire que j'avais la tête ailleurs, et que le macaron apposé sur la couverture "Attention ce livre est une bombe" n'était pas la meilleure idée pour faire vendre ce livre dans le climat actuel français.
Je ne le lisais donc que quand je me rendais à la plage, et cette année je n'y suis pas tellement allée, d'où la raison pour laquelle j'ai mis 2 mois et demi (!) pour venir à bout de ce roman.

Le sujet est intéressant ; faisant partie d'un programme-test, des humains ont été génétiquement modifiés pour en faire des "Elus", des êtres parfaits. Nous les découvrons (James et Cody) à l'adolescence, au moment où ils doivent évoluer dans une société qui les rejette, car le reste de l'humanité se sent lesé de ne pas posséder leurs dons.

Cependant le sujet est assez mal exploité. L'intrigue est un peu bancale parce qu'on dirait que l'auteur a commencé à écrire une histoire sans trop savoir quelle direction prendre. Si il a voulu soulever la question des humains dont l'ADN serait génétiquement modifié, j'aurais aimé qu'il aille plus loin dans la réflexion.

On a une histoire d'amour qui m'a très peu touchée, et des réactions presque froides à l'annonce de certaines choses. James a un mal fou à prendre la défense de son père ou même à le croire. Je l'ai trouvé très froid vis à vis de sa famille et complètement niais vis à vis de Cody, sa copine.
Les personnages m'ont paru froids et antipathiques. Même les pseudos-anarchistes sont des personnages qui restent en surface.
Je n'ai pas du tout aimé la fin.

Je ne serais vraiment pas longue par rapport à cette lecture, parce que je n'étais pas du tout dedans, je ne suis pas le public cible pour ce genre d'ouvrage de dystopie. Je lui ai attribué une note vraiment moyenne, mais je pense qu'il pourrait plaire à certains qui trouveront certainement l'histoire trépidante.
Evidemment certains thèmes sont mis en lumière : le racisme, l'eugénisme, le poids de la loi dans une société donnée.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 4 octobre 2016

Les règles d'usage, de Joyce Maynard

Quatrième de couv' :  Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, sa mère part travailler et ne revient pas. L’espoir s’amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre. Mais comment avancer dans ce monde complètement chamboulé, privé des règles d'usage qui ponctuaient leur existence ?

Le chemin de la jeune fille la mène en Californie chez son père biologique qu’elle connaît si peu – et idéalise. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais auprès de son beau-père et de son petit frère. Elle délaisse les bancs de son collège et, chaque matin, part à l'aventure, faisant d’étonnantes rencontres : une mère adolescente, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune à la marge qui recherche son grand frère à travers le pays.
Ces semaines californiennes aideront-elles Wendy à faire face à la nouvelle étape de sa vie ?

   Émouvante histoire de reconstruction, Les règles d’usage évoque avec brio la perte d’un être cher, l’adolescence et la complexité des rapports familiaux. Un roman lumineux.


Mon avis : Je n'avais encore jamais lu de roman de cette auteure, que ma mère aime pourtant beaucoup. Quand le titre est sorti, le résumé m'a pas mal intrigué. J'aime bien les histoires d'adolescentes qui grandissent et évoluent.
Hormis quelques dialogues que j'ai trouvé trop matures, trop portés par la voix d'un adulte, l'auteure parvient toutefois à se mettre à la place de Wendy, 13 ans, qui vient de perdre sa mère durant le crash des deux avions dans les tours du World Trade Center le 11/09/01.

Le début qui constitue la première partie nous plonge à New York, le 11 septembre et les jours qui suivent. Ils sont dévastateurs, et en même temps portés par l'espoir de retrouver un être cher.
La seconde partie est celle de la reconstruction, de l'avancement, de l'évolution de Wendy, qui se fait au gré de ses rencontres.
Quant à la dernière partie, elle semble être un sorte de happy end, teinté d'une douce amertume, comme dans la vraie vie.

Les personnages sont tous justement dosés. Même les personnages secondaires ne se cantonnent pas à quelques caractéristiques de leur caractère, ils sont développés, ils ont un passé, ils sont dotés d'émotions, de réflexions et ne sont pas des clichés ambulants. On sent que l'auteure a passé du temps à les créer, à les développer, elle a un sens de l'observation et une finesse mis au service de l'écriture.

Les décors aussi sont importants. Je suis contente que la partie sur la Californie soit simple, dans le sens où on n'est pas tout à fait dans la Silicon Valley ni à Los Angeles, mais dans une petite ville, où la vie est douce. Ce n'est pas clinquant, c'est une petite ville, avec des gens qui ont une vie simple, un métier ordinaire, etc.

Ce qui m'a le plus émue, je crois, c'est le petit Louie, qui vit très très mal la disparition de sa mère. Bien entendu pour un enfant de 4 ans, il est difficilement concevable de comprendre la mort d'un être cher dans une telle catastrophe. C'était vraiment juste et bouleversant.

Je ne dirais pas que c'est un coup de coeur, parce que j'ai trouvé des longueurs dans ce roman, mais j'ai beaucoup aimé cette histoire de renaissance, de reconstruction. C'est un roman plein de profondeur et de douceur. Il y a énormément d'amour et de bienveillance dans ce roman, et ça fait du bien.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 3 octobre 2016

Cellule, de Lou Marcouly-Bohringer

Quatrième de couv' : Dans ce court récit vif et percutant, Lou Marcouly-Bohringer nous plonge dans le quotidien d’une famille confrontée à la maladie. Sur un rythme implacable, elle scande les sentiments comme autant de cris d’amour.

Mon avis : Présenté par l'éditeur comme un récit-témoignage, il s'agit d'un roman fortement inspiré par l'expérience de l'auteure. Lou Marcouly-Bohringer est la fille de Richard Bohringer, acteur, réalisateur, etc, qui a malheureusement connu l'épreuve du cancer.
Elle s'inspire de la maladie de son père, pour créer un roman, dans lequel une jeune femme de 26 ans, qui se lamente de n'avoir rien fait de sa vie de jeune adulte (je connais ça...) découvre un matin que sa mère est atteinte d'une tumeur cancéreuse. Ici, pas de point de vue du malade, c'est l'expérience en tant qu'accompagnante que l'auteure développe dans ce roman.
Je vais être assez brève : j'ai beaucoup aimé, j'ai été touchée. Il y'a des passages très éloquents, des choses auxquelles on ne pense pas. C'est direct, c'est franc. C'est bouleversant.
C'est un roman court, qui se lit vite, et je lui ai attribué une très bonne note.

Une citation éloquente : "Tu t'en rendais compte, qu'en me donnant la vie, tu me ferais vivre ta mort ?"

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 25 septembre 2016

La vieille dame du riad, de Fouad Laroui

Quatrième de couv' : François et Cécile s'aiment, mais François s'ennuie. A trop rêver devant le petit écran, il lui vient des envies d'ailleurs que ne partage pas forcément sa dulcinée. Un ranch dans le Montana ? Pas question. Une pagode en Thaïlande ? Plutôt mourir. Un riad à Marrakech ? Banco !
Aussi surpris l'un que l'autre par leur témérité, les tourtereaux parisiens se retrouvent propriétaires d'une vieille bâtisse au coeur de la ville rouge. Pari réussi ? Encore faudrait-il déloger la vieille femme qui a élu domicile chez eux...

Mon avis : Au départ ce roman commence comme une comédie, bourrée de stéréotypes nous faisant lever les yeux au ciel plusieurs fois devant le manque d'ouverture d'esprit des deux personnages, puis le roman prend une tournure historique, révélant comment le Maroc a subi la domination française (autrement appelée "Protectorat"...), avant de connaître son indépendance en 1956. Ce sont des périodes qu'on nous passe totalement sous silence en cours d'histoire. J'ai donc découvert plein de choses (pas très jolies-jolies). Ce livre est une entrée en matière pour qui voudrait en savoir un peu plus sur l'histoire du Maroc. C'est assez instructif (et finalement, on s'éloigne de l'aspect empathique qu'on pourrait éprouver pour des personnages.)
Au-delà de l'aspect historique, on retrouve l'histoire de nos deux protagonistes français, qui ont acheté un riad, dans lequel se trouve une vieille femme. Peureux comme c'est pas permis, ils vont tout faire pour essayer de la déloger, et vont même jusqu'à vivre ailleurs... Ils sont franchement pathétiques et ridicules, et si on peut penser qu'ils ont changé vers la fin, malheureusement le naturel revient au galop. Le ton est moqueur pour cette histoire invraisemblable. Mais beaucoup plus sérieux quand il s'agit de l'histoire du Maroc. Du coup on a une impression d'un roman au style un peu bancal, puisque les trois parties sont assez inégales.

Je n'ai pas été particulièrement conquise par ce roman, cependant il m'a intéressée à un sujet que je ne connaissais pas. C'est une lecture assez courte et rapide, je recommande, mais ne vous attendez pas à une comédie sur les différences de culture entre un couple français et une vieille dame.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 18 septembre 2016

Le copain de la fille du tueur, de Vincent Villeminot

Quatrième de couv' : Charles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils tuent le temps comme ils peuvent, allumant fausses révolutions et vrais incendies … jusqu’à l’arrivée de Selma. Elle est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un trafiquant de drogue en cavale.

Une histoire d'amour de Vincent Villeminot, à fleur de peau et les nerfs à vif !

Mon avis : Ce livre faisait partie des SP que ma collègue m'avait passés en début d'été, pour que je sois fin prête à le présenter aux clients lors de sa sortie (le 25/08), évidemment ma PAL s'est allongée, plongeant ce livre tout en dessous. Je l'ai oublié jusqu'à vendredi, où j'ai commencé à le lire.

J'étais plutôt emballée par le début, mais que je n'ai pas trouvé suffisamment développé. L'amitié entre Charles et Touk-E méritait d'être plus consistante, malheureusement l'histoire d'amour prend le pas sur tout ça. Les 2-3 premiers chapitres sont plutôt empreints de réalisme.
Mais le 3è chapitre est terriblement niais et mièvre : c'est un long passage sur l'histoire d'amour entre Charles et une fille et qu'est-ce que c'était long !
Le dernier chapitre part dans un délire qui ne m'a pas plu. Du coup ma lecture s'est plutôt mal finie... J'ai comme l'impression que ce roman est brouillon, un peu bancal, comme si les différentes parties ne s'emboîtaient pas très bien. C'est dommage.

J'aurais aimé que le roman fasse moins dans la niaiserie par rapport à l'histoire d'amour parce que j'aurais bien du mal à le conseiller à des garçons de 15 à 17 ans qui vont franchement se marrer devant la niaiserie de ce chapitre. Quant aux filles qui pourraient lire ce roman, il sera un peu compliqué pour elle de s'identifier à Charles, ou même à la fille dont il tombe amoureux tant elle est particulière.

Il y a très peu d'échanges entre les personnages, qui ne sont pas suffisamment détaillés à mon avis.
La jeune fille possède un don surréaliste qui m'a laissé pantoise, non seulement parce que ça désarçonne de tomber sur un tel don dans un roman qui se veut réaliste, mais aussi parce que la relation qu'ils vont entretenir, elle et Charles est basée sur le fait qu'elle connaît toutes les pensées du jeune homme. C'est extrêmement dérangeant et malsain en fait, d'autant plus qu'elle, de son côté, ne se livre pas du tout et refuse d'éclairer Charles quand il lui demande des explications sur sa vie à elle.

Toutes les thématiques sérieuses de ce roman ne sont qu'effleurées et pas du tout approfondies, or il aurait pu être intéressant d'en faire un roman qui défend des idées, ou du moins ouvre des portes aux ados.

Je suis assez déçue par cette lecture qui semblait prometteuse et puis finalement, qui n'est pas si géniale que ça. Mention ++ à la couverture qui est très jolie !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 16 septembre 2016

La nuit des temps, de Réné Barjavel

Quatrième de couv' : L'Antarctique. A la tête d'une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n'y a rien, juste le froid, le vent, le silence.
Jusqu'à ce son, très faible. A plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l'euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d'amour et chronique scientifique.

Mon avis : Depuis quelques mois sur Booktube, j'ai souvent entendu parler de cette magnifique histoire d'amour. J'ai donc emprunté ce livre, curieuse de connaître la raison pour laquelle tant de personnes étaient émues.
J'avais sûrement trop d'attentes parce que j'ai été déçue.
A mon avis on ne devrait pas tant mettre l'accent sur l'histoire d'amour, mais plutôt sur l'expédition scientifique qui permet de révéler une civilisation disparue, que nous allons un peu découvrir grâce au réveil d'un des personnages.

Autant l'histoire est intéressante, innovante par son contexte scientifique, et une dernière intrigue, absolument surprenante, se déroule dans les dernières pages, autant je n'ai pas aimé l'aspect "roman d'aventure et d'espionnage", la place de la femme (on sent que ça a été écrit dans les années 60...), le contexte historique trop marqué par la guerre froide.

J'ai eu beaucoup de mal à visualiser les différents éléments de cette histoire. Il faut savoir que René Barjavel a d'abord écrit La nuit des temps comme un scénario de film, mais la réalisation du film ne s'est pas faite, et il a donc repris son texte, en y laissant beaucoup de descriptions qui font certainement sens dans son esprit mais que j'ai personnellement eu du mal à imaginer.

Barjavel s'inspire énormément des grands mythes des amoureux dans la littérature : Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, bref, rien de bien nouveau...
Or ce qui est nouveau et même qui m'impressionne toujours quand je lis de la science-fiction (et encore plus quand elles ont été écrites il y a plus de 50 ans), ce sont tous les détails qui servent l'histoire, qui servent ici à mener à bien l'expédition : la diffusion des images à travers le monde, la Traductrice, les moyens mis en oeuvre pour accéder à l'Oeuf, etc. Même si aujourd'hui ils paraissent un peu datés, je trouve que pour l'époque c'est impressionnant d'y avoir pensé.

Le fait que Simon tombe amoureux d'Eléa m'a plutôt dérangée, en tant que scientifique il est censé avoir une attitude neutre et objective vis à vis de la découverte de ces deux êtres dans l'Oeuf, pourtant au premier regard, il tombe amoureux d'Eléa, de son physique, essentiellement. Et je trouve ça dérangeant. Il ne la connait pas, ne sait rien d'elle. Puis découvre peu à peu qu'elle "appartient" à un autre, qui est mort depuis 900 000 ans et ça ne l'empêche pas de vouloir de cette femme meurtrie par le chagrin.

Les femmes dans ce texte sont souvent mal traitées, d'ailleurs elles sont peu nombreuses et ont des postes peu glorifiants. Le traitement que fait Barjavel des infirmières m'a vraiment choquée (#sexisme)

Les personnages sont assez prévisibles et clichés. Eléa est la beauté pure, mais farouche et en cela, elle s'éloigne, met une distance immense entre elle et le reste de l'humanité. Personne ne peut s'identifier à elle, pas même le lecteur. Son histoire d'amour est assez niaise aussi, les passages qui décrivent le sexe sont tout en pudeur, mais m'ont mise mal à l'aise parce que c'était trop fleur bleue.
L'Américain Hoover est un gros bonhomme, misogyne, mais qui va tomber amoureux de la froide Leonova, la Russe (comme par hasard...)
Simon est le gentil scientifique français qui réussit à communiquer avec Eléa, il est d'ailleurs le seul en qui elle a un semblant de confiance.

Je n'ai pas tellement aimé les scènes qui se déroulent à Gondawa, parce que j'avais encore plus de mal à les visualiser, à imaginer les lieux, les couleurs, que nous proposait l'auteur. Toute cette partie d'ailleurs est un peu trop en mode "c'est la fin du monde, vite dépêchons nous !" et il y a trop de rebondissements, d'épreuves. Le rythme n'était pas bon, il y avait trop de longueurs, en tout cas je n'ai pas apprécié ma lecture dans ces moments-là et mon esprit se perdait à penser à autre chose.

Autre chose qui m'a déstabilisée : le peu de marqueurs de temps. On ne connait jamais la durée de temps qu'il faut aux scientifiques pour faire leurs recherches, aux ouvriers pour creuser le sol, en fait on a l'impression que ça ne prend que quelques heures, alors que ça doit prendre des semaines ! Ça m'a pas mal perturbée qu'il y ait des ellipses narratives et en même temps qui n'en sont pas tellement... c'est plutôt qu'on ne peut pas mesurer le temps dans ce texte et ça me perturbe.

Quant au contexte historique, il est hyper présent : si la vie sur la base se fait en harmonie, chaque nationalité vivant auprès d'autres et cherchant à mener à bien l'expédition, à l'extérieur c'est différent. On a l'espoir que la recherche scientifique va unir les hommes, mais on est en pleine guerre froide, les bombes atomiques sont une menace de chaque côté, chacun voulant montrer sa supériorité à l'autre. Très vite, la découverte de deux humains qui ont traversé 900 000 ans, dont le monde (Gondawa) a été détruit par une autre nation importante (Enisoraï) qui souhaitait se procurer l'Arme Solaire (créée par Gondawa), tout cela devient un enjeu mondial qui va à nouveau dissocier les grandes nations actuelles, laissant place à l'espionnage et au sabotage au lieu d'une harmonie dans la recherche scientifique.
Le parallèle se fait forcément entre notre monde (du moins celui des années 60) et celui imaginé par Barjavel qui oppose deux nations aux fonctionnements différents. C'est une transposition on ne peut plus évidente, et presque risible tellement c'est fait grossièrement.

Mon avis est très mitigé, je mets la moyenne à ce roman, parce que j'en vois bien les qualités, mais l'histoire n'a pas su m'embarquer, ni me toucher comme ça aurait pu.

"Ce qui n'existe pas existe" 
Je vous laisse sur cette citation, si quelqu'un a une explication à m'en donner, je suis preneuse !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 11 septembre 2016

D'extase et d'amour féroce, de Dylan Landis

Quatrième de couv' : New York, Greenwich Village, années 1970. Rainey Royal, quatorze ans, habite une maison autrefois élégante mais aujourd'hui délabrée. Elle vit avec son père, musicien de jazz culte, qui mène une existence bohème dans cette grande demeure ouverte à tous. Sa mère ayant déserté le foyer pour aller vivre dans un ashram, Rainey est livrée à elle-même, proie facile pour les protégés de son père qui vont et viennent dans la maison.
À l'extérieur, l'adolescente rebelle se révèle forte et cruelle, violente même, jouant du pouvoir de séduction qu'elle exerce sur les autres pour trouver son chemin.

Avec une élégance rare, Dylan Landis dessine le portrait d'une jeune fille à la fois conquérante et vulnérable. Personnage envoûtant, Rainey Royal déploie sa beauté au fil de ce bouleversant roman d'apprentissage.


Mon avis : "Roman d'apprentissage" is the new roman pour raconter la vie d'un personnage de fiction, on est d'accord ?
Bon, j'ai encore lu un ouvrage sur une ado qui cherche sa place, encore dans les années 70. Celui-ci se lit vite. Le premier chapitre se dévore à 100 à l'heure, il est très rythmé. Puis les suivants sont plus lents, moins frénétiques.
L'histoire repose entièrement sur Rainey Royal, fille d'un grand musicien de jazz qui reçoit constamment chez lui de jeunes musiciens. On est au début des années 70, son père est très permissif, très voire trop ouvert. Sa maison est un moulin où n'importe qui entre, rien n'appartient à personne. L'art et la musique font vivre cette maisonnée, pourtant c'est un environnement nocif pour la jeune fille.
Rainey est un personnage qu'on peut vite détester. Délaissée par sa famille, elle est cruelle, insolente et antipathique à 14 ans. Elle a un pouvoir de séduction énorme et en joue beaucoup. Puis elle grandit, connaît des moments difficiles, et peu à peu, Rainey devient une femme moins séductrice, plus faible, plus douce. Son adolescence est tourmentée, violente émotionnellement, conflictuelle, mais laissera place à une jeune femme plus apaisée, plus tendre, qui a trouvé sa voie.
Je l'ai trouvé moins intéressante quand elle vieillit, elle avait toujours besoin de béquilles (ses amies) pour avancer. Même si j'ai détesté l'ado insolente, je la trouvais plus en vie que la femme qu'elle devient. Même assagie, Rainey apparaît toujours comme une personne un peu hors du cadre, l'auteure l'oppose souvent à Leah, une jeune fille que Rainey a martyrisé au temps du lycée, mais qui éprouve une fascination proche de l'amour pour Rainey. Leah c'est la fille lambda, the girl next door, elle sert essentiellement à nous montrer combien Rainey a eu une vie compliquée, un peu dangereuse, et que tout ça a fait d'elle une fille hors norme, dont on ne peut se détacher.

Ce roman a quelque chose de malsain, notamment dans les relations entre les adultes et les adolescentes. La relation amicale entre Tina et Rainey est aussi très particulière, je n'ai pas bien compris pourquoi elles avaient autant de secrets l'une envers l'autre, veulent-elles vraiment se protéger ?
J'ai bien aimé cette lecture, sans trop savoir pourquoi j'ai apprécié...

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 9 septembre 2016

Les deux pigeons, d'Alexandre Postel

Quatrième de couv' : Comme les pigeons de la fable, Théodore et Dorothée s’aiment d’amour tendre. Cela ne les empêche pas de s’interroger : comment se divertir ? Se nourrir ? Que faire de ces deux corps ? À quoi se consacrer ? Faut-il « fonder une famille », travailler, « s’indigner » ? Comment font les autres ? Autant de questions qui surgissent au fil de cette odyssée des manières de vivre.
Roman d’un couple d’aujourd’hui, Les deux pigeons est aussi une peinture de la société française des années 2000 et de la génération qui arrive alors à l’âge adulte. Génération pigeonnée, souvent dénigrée pour son manque de flamme, dont le portrait est ici électrisé par une ironie oblique qui rend les personnages à la fois comiques et formidablement attachants.

Mon avis : C'était une lecture plaisante. Il n'y a pas vraiment d'action, pas de drames, la temporalité est linéaire.

Nous suivons deux amoureux, Théodore et Dorothée, jeune couple sans enfant, qui vient d'emménager ensemble. Durant une dizaine d'années nous allons les retrouver dans des moments du quotidien, dans des visites à des amis, dans des soirées. C'est une observation, presque un docu-fiction sur ce couple.

Pourtant on ne dirait pas qu'il y a de l'amour entre eux. Ils se sont habitués à la présence de l'autre, ils s'en accommodent, et ils sont ensemble pour partager leur solitude !
Personnellement j'ai eu du mal à m'attacher à eux. Ils sont très simples, ont peu de passions. L'un ne se différencie que peu de l'autre et je les ai vus comme deux êtres de papier collés qu'on aurait du mal à démêler voire à séparer. Ils n'ont pas d'identité propre. Et quand l'auteur leur permet d'en avoir une : pour Dorothée il s'agit de finir sa thèse sur Guy Mollet, pour Théodore d'obtenir un poste important de community manager, l'échec leur tombe dessus et leur coupe les pattes. C'est totalement voulu, l'un ne doit pas aller sans l'autre, et si ils devaient vivre leur passion de leur côté, alors ils ne seraient plus cet être unique quasiment sans vie et sans nuances qu'ils forment. Ils sont plats et sans reliefs. Ils s'emballent vite puis le soufflé retombe irrémédiablement. Ils tentent, cherchent un style de vie en s'appuyant sur ce qu'ils voient autour d'eux, avant de se rendre compte que... ce n'est pas pour eux !
(mention spéciale aux chapitres sur l'alimentation et sur l'écriture, c'était drôle !)

Ici, on ne trouve pas une histoire d'amour, mais des questionnements autour de la vie à deux au début du XXIè siècle. D'abord des questions d'ordre pratique : que faire à manger ? Pourquoi doit-on s'acquitter de ces taches domestiques ? Puis des questions plus intimes : chez les autres, est-ce mieux ? Quelle sexualité ont-ils et en sont-ils plus satisfaits que Théodore et Dorothée ?
Et enfin des questions liées aux projets : Auront-ils des enfants et leur entourage va-t-il se lasser de leur poser la question ? Quel avenir ont-ils ensemble ? Vont-ils se marier ?
Bref, tout un lot de questions que ma génération se pose (mais que les autres générations se sont certainement posées aussi).

La plume n'est pas désagréable, mais je ne suis pas une grande amatrice du style. Les phrases sont parfois courtes ou coupées par un élément de ponctuation, ce qui demande beaucoup de pauses dans la lecture.

Je ne fais pas de parallèle avec la fable de La Fontaine, tout simplement parce que je l'ai découverte il y a 10 min, juste avant d'écrire ce billet.

C'est une bonne lecture, on se prend au jeu, bien que les personnages n'aient rien à nous apprendre. Ce qui fait l'intérêt de ce roman c'est que les questions nous parlent, ce sont celles de la génération Y.
C'est un roman qui parle du réel, de ce qu'on connaît et on peut facilement s'identifier.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 2 septembre 2016

The Girls, Emma Cline

Quatrième de couv' : Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche inéluctablement d'une violence impensable.

Dense et rythmé, le premier roman d'Emma Cline est saisissant de
perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu'elles deviennent.

Mon avis : Roman apparemment hyper attendu par les maisons d'édition de tous pays, je me suis lancée dans cette lecture parce que l'histoire avait des chances de me plaire : des filles, une adolescente un peu paumée, l'âge critique où on se cherche et puis cette promesse de l'éditeur d'une "violence impensable" qui m'intriguait.

J'ai mis un peu de temps à le lire. On peine à voir le récit se mettre en route, c'est effectivement assez dense car certains passages ne servent pas à grand chose. Il faut planter le décor, mais je l'ai trouvé parfois un peu bancal, comme si il manquait quelque chose pour le rendre plus réel. Peut-être quelque chose de plus fort entre Suzanne et Evie ?

Il y a une partie qui m'a paru assez rythmée puisque j'avais toujours envie de connaître la suite, mais après j'ai eu l'impression que ça retombait et que je peinais à me remettre dans l'histoire. Le dénouement n'est pas très intéressant, pourtant c'est ce qu'on attend durant toute notre lecture !
Je pensais vraiment qu'Evie avait fait partie de la bande et avait vécu le truc de l'intérieur, du coup j'ai dû revoir mes attentes et me contenter de ce que l'auteure a bien voulu nous donner.

Je pense qu'elle aurait pu se passer de nous présenter son personnage qui est désormais âgée. Ce qu'elle vit dans le présent n'est pas très intéressant. Dans le schéma narratif c'est assez "scolaire" puisqu'il y a un miroir entre son adolescence et celle de Sasha. Toutefois il est intéressant de voir comment l'influence et la manipulation au moment de l'adolescence peuvent bouleverser la vie de certaines personnes un peu faibles moralement.

Et puis montrer que cette expérience dans cette communauté a conditionné sa vie d'adulte et l'a rendu telle qu'elle est aujourd'hui, je pense qu'on aurait pu s'en douter même sans ces passages vides et creux qui nous sont proposés du présent et qui ralentissent franchement l'intrigue.

En revanche un point positif, c'est l'ambiance : j'ai profité de cette lecture pour ré-écouter le CD fétiche de mes 15 ans, celui qu'on avait nommé "Flower Power" avec mes amis du collège, parce qu'on nous avait gravé des chansons de l'époque Woodstock sur ce CD. Bref, j'étais à la limite de faire brûler de l'encens et d'installer des tentures dans mon appartement pour recréer l'ambiance du livre !

C'est une bonne lecture, mais pas un coup de coeur, il y a aussi des lacunes dans le roman qui ont fait que je n'ai pas adhéré totalement à cette histoire.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 21 août 2016

Cannibales, de Régis Jauffret

Quatrième de couv' : Noémie est une artiste peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec Geoffrey, un architecte de près de trente ans son aîné avec qui elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par un courrier d’elle adressé à la mère de cet homme pour s’excuser d’avoir rompu. Un courrier postal plutôt qu’un courrier numérique qu’elle craindrait de voir piraté. Une correspondance se développe entre les deux femmes qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de dévorer Geoffrey.

Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a donné à son fils le prénom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, mort accidentellement avant son mariage. Noémie est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal tandis que Geoffrey s’efforce sans succès d’oublier cette amante qu’il a adorée.
Un sauvage roman d’amour.

Mon avis : Il s'agit pour cet ouvrage de la rentrée littéraire, d'un échange de lettres, entre une jeune femme de 24 ans et une vieille dame de 85 ans, qui se sont connues par l'entremise du fils de la dame âgée. Lui, Geoffrey, a été l'amant de Noémie durant quelques temps. Elle le quitte, ils se séparent. Il ne la recontacte pas pour la reconquérir. Déçue et puérile, elle décide alors d'écrire à Jeanne, la mère de Geoffrey, pour s'excuser d'avoir quitté son fils.
Déjà le motif est particulier. Qui, dans la vraie vie, fait ça ?!
Ensuite, elles échangent plusieurs lettres où la haine se ressent. C'est donc un mauvais départ. Puis la vieille dame propose à Noémie de venir passer un week-end chez elle, alors qu'elles se détestent. Et Noémie y va. Etrange.
A partir de là, elles vont ressentir une forte attirance mutuelle, non pas romantique, mais amicale. Toutes les deux vont avoir pour projet de tuer Geoffrey (une mère qui veut tuer son fils, n'est-ce pas bizarre ?!). Elles mettent à l'écrit tout un tas de possibilités afin de le tuer et de finir par le manger (d'où le titre).
Hormis cette histoire complètement absurde, cet échange de lettres dure une quinzaine d'années, et il est extrêmement travaillé d'un point de vue stylistique. Moi qui ne suis habituée qu'aux romans écrits dans un langage familier ou ordinaire, là j'ai été déconcertée par le vocabulaire employé, le champ lexical utilisé pour représenter les idées farfelues des deux femmes. D'ailleurs avec ce ton employé, on ne distingue pas forcément bien laquelle a 85 ans et l'autre 24...

Je dois vous avouer que j'ai lu ce livre sans plaisir. Entre l'histoire absurde et les synonymes utilisés pour rendre le style plus pompeux, je n'ai pas apprécié ma lecture, mais elle était courte (185 pages, avec des lettres) donc j'ai été jusqu'au bout puisque je n'aime pas abandonner un livre. Ça a surtout été une déception parce qu'en lisant le résumé je ne m'attendais pas du tout à ce que j'y ai trouvé.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur