mardi 27 octobre 2015

Le Tour d'écrou, d'Henry James

Quatrième de couv' : Le huis clos d’une vieille demeure dans la campagne anglaise. Les lumières et les ombres d’un été basculant vers l’automne. Dans le parc, quatre silhouettes – l’intendante de la maison, deux enfants nimbés de toute la grâce de l’innocence, l’institutrice à qui les a confiés un tuteur désinvolte et lointain. Quatre... ou six ? Que sont Quint et Miss Jessel ? Les fantômes de serviteurs dépravés qui veulent attirer dans leurs rets les chérubins envoûtés ? Ou les fantasmes d’une jeune fille aux rêveries nourries de romanesque désuet ?
De la littérature, Borgès disait que c’est « un jardin aux sentiers qui bifurquent ». Le Tour d’écrou n’en a pas fini d’égarer ses lecteurs.

Mon avis : A l'IUT l'un de nos profs nous avait conseillé de lire ce livre, comme quoi le suspense était insoutenable, que c'était effrayant. J'avais toujours gardé ce titre dans un coin de ma tête, avant de l'acheter récemment. C'est une immense déception !
... Comment dire ? pour l'époque c'était peut-être très courageux de produire un tel texte, mais aujourd'hui, à la seule lecture de ce roman, bah je reste incrédule. L'histoire est certes particulière et un peu sombre, mais rien d'effrayant. On doute concernant la narratrice : a-t-elle toute sa tête ? ce qu'elle voit ne serait-ce pas une représentation de l'esprit ?

On est bien loin du thriller, ou même du roman sombre qui te fait flipper à chaque fin de chapitre. J'ai eu du mal à rester concentrée sur le texte. Je ne me suis pas plongée dedans et j'ai eu des difficultés avec le style. Peut-être à cause des phrases longues, des subordonnées et compagnie. (Mais bon à la minute où je plonge dans un classique, j'ai des problèmes de concentration.)
En vérité, ce genre de texte est sûrement plus appréciable quand on en fait une étude, avec l'éclairage des professeurs spécialisés dans le genre. Mais disons qu'en lecture-plaisir, on n'en tire pas grand chose à part de l'ennui. Ça manque cruellement d'action, il y a un tas d'ellipses narratives chaque fois que ça y est on atteint un point intéressant, ce qui rend le texte frustrant.
Je suis passée complètement à côté de la psychologie des personnages, je ne me suis attachée à aucun d'eux, sentie proche d'aucun. Et pourtant j'ai cru comprendre que la psychologie de la narratrice était le point de départ de l'intrigue. Seulement tout est en subtilité, et ses buts, ses espoirs sont loin d'être ceux de notre époque, du coup, difficile de se sentir impliqué dans l'histoire.

Bref, une déception.

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mercredi 21 octobre 2015

La couleur du lait, de Nell Leyshon

Quatrième de couv' : 1831. Mary une jeune fille de 15 ans mène une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset. Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l'écriture... mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Un apprentissage qui lui servira à coucher noir sur blanc le récit tragique de sa destinée. Et son implacable confession. Nell Leyshon réalise un travail d'orfèvre avec ce portrait inoubliable, ou vibre la voix lucide et magnifique de son héroïne.

Mon avis : Je n'ai pas pour habitude de lire des romans qui se passent à une époque antérieure au XX et XXIè siècles, pourtant quand j'ai vu ce livre, il m'a attirée ; sa couverture, puis son résumé, et puis j'avais cru comprendre qu'il avait eu un peu de succès en grand format. Je l'ai donc acheté en poche à la fin de mon contrat et puis comme il était court, et qu'en ce moment je suis dans l'ambiance "domestiques-gouvernants-maître de maison" avec Downton Abbey, je me suis dit que ça allait me plaire. Bon on n'est pas en 1925 comme dans D.A., mais un siècle plus tôt, dans un presbytère d'un village. Mary est une jeune paysanne qui n'a connu que la ferme, le travail au gré des saisons, la brutalité de son père, l'indifférence de sa mère et la tendresse de son grand-père ainsi que de ses 3 soeurs. Elle a un léger handicap : une patte folle, qui la ralentit dans sa besogne au quotidien. Quand le révérend propose alors d'engager une des filles, le père y voit là l'occasion de se débarrasser de celle qui travaille le moins vite. Mary a 15 ans, elle se retrouve alors au presbytère, où elle doit prendre soin de la femme souffrante du révérend. Elle apprend à s'occuper de la maison : faire le feu, le pain, préparer les repas, nettoyer, apporter le thé. Au début Mary est presque insolente, mais c'est surtout parce qu'elle est franche et qu'on ne lui a jamais appris à se taire quand il le faudrait. Elle dit tout ce qui lui passe par la tête, n'a pas beaucoup de recul. Sa façon très simple de voir les choses fait sourire voire rire.

La particularité de ce roman réside dans l'écriture : Mary nous livre son histoire, saison par saison, dans les détails. Elle rapporte les dialogues, se remémore les journées. Son écriture est simple, à son image, et naïve. Il n'y a pas de majuscule, pas vraiment de rythme car il n'y a pas de ponctuation. On s'y perd parfois (notamment pour les dialogues). Le récit est parlé, c'est la voix de Mary qui nous conte son histoire. Chaque début de chapitre est très solennel, on sent que Mary a des révélations à faire...

Ma seule déception reste que le résumé en dit un peu trop sur ce qui se passe dans le roman. Je savais qu'il allait se passer quelque chose de tragique, j'attendais simplement quand ! En plus ce n'était pas difficile de deviner de quoi il s'agissait. Bref, une triste réalité, qui a dû arriver dans bien des familles à l'époque. Peut-être pas de façon aussi tragique, mais presque.

Ce n'est pas un coup de coeur, mais une lecture rapide et intéressante sur une époque que je ne connais pas plus que ça. Je pense que c'est un roman que je n'oublierais pas de sitôt.

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mardi 20 octobre 2015

Il est de retour, de Timur Vermes

Quatrième de couv' : Berlin, 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un
terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une. La machine médiatique s'emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise...

Mon avis : J'étais assez enthousiaste à l'idée de découvrir ce roman, j'imaginais un Hitler qui réussirait en un rien de temps à remonter son groupe de fanatiques, surtout qu'en ces temps-ci, le terreau est fertile en Allemagne, comme en Hongrie, n'est-ce pas... Bref, j'imaginais la mise en place d'un nouveau système de déportation, j'imaginais ce que donnerait le Hitler des années 30-45 (déjà à son apogée) à notre époque. J'ai donc été un peu déçue parce que ce n'est pas tout à fait là le propos.
Hitler se réveille dans les années 2010, il découvre la vie aujourd'hui : Internet, les portables, les supermarchés, les vêtements, les voitures, etc. Tout ceci c'est très drôle, et finalement ça en fait un personnage sympathique. Or, on nous a toujours appris à détester Hitler, le dictateur qui a brisé des millions de vies, et je ne suis pas sûre que représenter Hitler en bouffon aujourd'hui soit une très bonne idée. Ça aurait très bien pu marcher avec n'importe quel autre personnage historique qui se réveille 100 ans après sa mort. Et ça passerait peut-être mieux.

Là, dans ce roman, il manque quelque chose, une réflexion peut-être ? On est plongé dans la tête d'Hitler, on n'a pas d'échappatoire grâce à d'autres personnages, on sait tout ce qu'il pense de tout, d'ailleurs ça rend le style assez lourd, il fait beaucoup de digressions pour parler de son passé, de ses anciens amis. Et puis il y a ses discours, que je n'ai pas toujours compris parce que la formulation était particulière, tellement alambiquée.

C'est une satire humoristique. On sourit parfois, mais plus parce que le personnage se retrouve à un siècle qui est très ou trop moderne pour lui. C'est plus le voyage dans le temps qui nous fait rire que la portée philosophique de l'intrigue (qui manque un peu je trouve).

La mise en scène est intéressante : il est engagé dans une émission de télé, parce qu'il ressemble beaucoup à Hitler, les gens ne se doutent pas une seconde qu'ils ont le vrai devant eux, et s'imaginent qu'il s'agit d'un comédien, qui ne quitte jamais son costume. Hitler apparaît comme un personnage entier, sans filtre. Il n'a pas d'humour, ni de barrière, ni d'empathie. Il fait son show à la télé, en profite pour diffuser ses idées, et les médias en redemandent... C'est aussi une critique de notre société, des médias, de la diffusion ultra rapide des idées, des concepts.

Ce qui me paraît dérangeant dans ce roman, ce sont tous les gens charmés par le personnage. Au delà du fait qu'ils croient tous avoir affaire à un comédien, aucun ne se demande si Hitler va trop loin, si ils ne sont pas en train de se mettre dans l'embarras avec un tel énergumène, juste pour faire de l'audimat. Et au final, je me dis que n'importe quelle boîte de prod' un peu concon, serait bien capable de mettre en avant des extrémistes afin de faire du chiffre et tous les médias suivraient... Bref, ça laisse une sensation d'inquiétude générale, de malaise aussi. C'est l'endormissement de notre société face aux divers extrémismes qui est montré du doigt (enfin si on se donne la peine de réfléchir deux minutes à cette lecture).

Je serais ravie d'avoir votre avis sur ce livre aussi. Qu'en avez-vous pensé si vous l'avez lu ?

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jeudi 15 octobre 2015

Le Doute, de S.K. Tremayne

Quatrième de couv' : L'une des filles jumelles de Sarah est morte. Mais laquelle ?
Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s'installent sur une petite île écossaise, qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus, au large de Skye.
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant... Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux soeurs a trouvé la mort ?

S. K. Tremayne signe un thriller psychologique à vous glacer le sang, avec le thème fascinant de la gémellité, et prend le temps d'installer un cadre hostile et troublant à la fois. Alors que l'intrigue se resserre, la nature se fait de plus en plus menaçante...

« Si vous pensiez que Les Apparences étaient un bon roman, vous serez époustouflé par celui-ci. » The Times

Mon avis : Non mais pour qui on nous prend ? L'auteur et son éditeur nous prennent vraiment pour des cons avec ce livre ! Je crois que c'est le "thriller" qui m'a fait le plus levé les yeux au ciel.
L'auteur nous embarque dans une histoire à la mords-moi le noeud complètement absurde remplie de mystères, de secrets, d'oubli bien utile, d'une île et de jumelles. Un combo pour faire peur. Sauf que chez moi, il n'a pas suscité la peur mais la moquerie ! Le titre "le doute" devrait laisser entendre que le personnage ou nous, lecteurs, devrions douter, et bien pas une seule fois j'ai eu des doutes, peut-être parce que j'étais détachée de cette histoire qui ne me passionnait pas tant que ça. Quant à son personnage principal, une femme, elle devrait douter aussi, mais ce n'est pas vraiment des doutes qu'elle a, plutôt des questions, et ensuite des certitudes. Elle est très irritante : au début elle passe son temps à culpabiliser, pour tout et n'importe quoi. Puis elle décide de garder ses raisonnements pour elle et souffrir plutôt que de les partager avec son mari et ainsi avancer dans la quête de la vérité. Enfin, elle l'accuse d'un crime odieux, sans avoir aucune preuve, sinon celle qu'elle a lu une étude d'un psychanalyste sur ce sujet. Wouah, on va loin là.
Ensuite pour ce qui est de l'écriture, je n'y ai pas ressenti de tension, de suspense. Quant aux dialogues de la mère et sa fille, ils sont risibles, à croire que l'auteur n'a jamais eu de conversations avec un enfant. Quand il arrive quelque chose de grave à sa fille à l'école, la femme ne va pas demander de compte rendu à qui que ce soit, ni aux adultes, ni à sa propre fille, elle lui demande vaguement ce qu'il s'est passé, sans insister.
Situer l'intrigue sur une île des Hébrides était une bonne idée, mais les descriptions de la nature et de l'environnement cassent le rythme à plusieurs reprises. L'histoire de la tempête au moment du climax entre la mère et la fille est on ne peut plus cliché. On a vu ça des centaines de fois dans des livres et des films.

Bref, tout ça, pour nous amener à une conclusion absurde. On est bien soulagés du dénouement qui arrive enfin au bout de 380 pages ! J'ai l'impression d'avoir été prise pour un lapin de 6 semaines avec ce roman et je le déconseille fortement, vous risqueriez de perdre votre temps (et votre argent). Et pardon le Times mais comparer ce livre aux Apparences (qui est magistral) c'est vraiment du foutage de gueule.

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samedi 10 octobre 2015

Juste avant l'oubli, d'Alice Zeniter

Quatrième de couv' : Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C'est sur cette île perdue des

Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement - il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l'île n'a d'autre habitant qu'un gardien taciturne ni d'autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l'oeuvre de l'écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d'organiser les Journées d'études consacrées à l'auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l'occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui. Mais sur l'île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu'il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s'immiscer dans l'intimité du couple.
Alice Zeniter mène, avec une grande virtuosité, cette enquête sur la fin d'un amour et donne à Juste avant l'oubli des allures de roman noir.

Mon avis : D'Alice Zeniter, je n'avais rien lu. Elle a pourtant eu le Prix du livre Inter 2013 pour son précédent roman Sombre Dimanche, mais l'aspect Europe de l'est ne me plaisait pas du tout. Donc j'avais éliminé son nouveau roman de la liste des lectures de la rentrée littéraire. C'était un peu arbitraire, j'avoue. Et puis j'ai écouté ce qu'elle disait dans La Grande Librairie le 1er octobre et je l'ai trouvée vraiment intéressante. Du coup, comme on avait le service de presse à la librairie, je l'ai pris et j'ai découvert ce roman.

Premièrement, il est vraiment bien écrit. Les phrases sont bien orchestrées, les mots bien choisis, il y a un style, pas inabordable, pas trop soft, un style pas banal, la touche Zeniter je dirais. Parfois on a l'impression que c'est le cynisme qui donne ce style. Enfin, je ne sais pas l'exprimer correctement. Mais en tout cas, il y a du cynisme dans ce roman. Vous ne ressortirez pas plus heureux à propos de la vie, ou de l'amour avec ce roman ! (Mais ça me plait, parce que si c'est ce qu'Alice Zeniter pense vraiment alors on est sur la même longueur d'ondes).

L'histoire est celle de Franck, amoureux d'Emilie. Ils vivent ensemble depuis 8 ans, mais après quelques années dans l'enseignement, Emilie a besoin d'autre chose. Elle se lance dans une thèse sur un auteur de polar (Galwin Donnell, ne cherchez pas, Alice Zeniter l'a créé de toute pièce) et part donc quelques mois à Mirhalay, une île des Hébrides. C'est après 3 mois de séparation géographique que Franck, infirmier, retrouve Emilie, à l'occasion d'un séminaire autour de l'oeuvre de Donnell.

J'ai adoré que l'auteure créé un personnage qui soit un auteur de polar, en distillant des extraits de ses romans, des citations, des commentaires d'éditeurs, de thèses, avec notes de bas de pages, etc. Elle a vraiment inventé un auteur qui pourrait exister. Cet auteur, Donnell, a vécu la fin de sa vie sur Mirhalay, et il se serait suicidé avant de terminer son roman. Mais tout le monde ne semble pas croire à la théorie du suicide et le mystère plane...

Pendant qu'Emilie assiste aux conférences, Franck s'ennuie ferme. Il va rencontrer Jock, le gardien de l'île. L'île est déserte le reste de l'année, et à part Jock, personne n'y vit. Autant dire que le type est plutôt franc et bourru puisqu'il n'a pas l'habitude des rencontres. Franck se lie d'amitié avec celui-ci. Jock lui fera découvrir l'île, ses rochers, son cimetière, ses légendes ainsi que sa pièce secrète.
L'île est un personnage à part entière dans ce roman, la nature y a tous les droits : les maisons se dégradent, la végétation prend toute la place, on n'entend que le vent et les vagues. On est comme les personnages, coupés du monde par la mer, soumis aux aléas du temps. Ça donne un petit air de polar écossais, l'atmosphère est parfois sombre, étouffante malgré les coups de vent.

Et puis il y a tous ces gens venus pour le séminaire : éditeur, thésards, doctorants, tout un tas d'érudits qui vont débattre de l'oeuvre de Donnell. Ils sont tous obsédés par Donnell, qui exerce même dans la mort, une aura sur eux. Et ils sont tellement dans leur truc, c'est étrange ce milieu d'intellectuels, parce qu'ils ne bâtissent rien pour le monde dans lequel ils vivent, ils ne font que s'exprimer à propos d'un homme qu'ils ont ou n'ont pas connu, à propos de son oeuvre, et je me suis dit à plusieurs reprises : mais à quoi servent ces gens ? Font-ils avancer le monde ?
Ils sont coupés des réalités du monde et c'est fascinant et irritant à la fois. J'avais très envie de les secouer en leur disant : "mais on s'en fout que Donnell ait écrit le mot "couleur" douze fois dans son roman !!!" (c'est un exemple, mais si vous voulez je ne comprends pas bien l'intérêt d'étudier et de décortiquer une oeuvre comme si il y avait un sens profond derrière chaque phrase).

Bref, si Franck pensait passer un séjour agréable avec Emilie, à l'issue duquel il pourrait enfin lui passer la bague au doigt, il en est tout autrement. Et c'est de ça dont il s'agit dans ce roman : des derniers jours de relation, avant la fin. Aussi, des derniers jours de Donnell avant sa mort.


En somme, j'ai bien aimé ce roman, mais j'aurais aimé voir un peu plus du côté d'Emilie, parce qu'on suit beaucoup Franck, on connaît ses pensées, mais j'aurais aimé connaître celles d'Emilie aussi parce qu'elle apparait un peu comme un personnage secondaire alors qu'au départ on nous la présente comme faisant partie de l'intrigue à venir.

Un bon roman de la rentrée littéraire, qui fait voyager, qui a une bonne intrigue, des personnages intéressants et une île qui a une puissance littéraire et une évocation fortes.

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vendredi 9 octobre 2015

Dernières BD lues

Je vais rassembler ici mes avis sur les trois dernières BD que j'ai lues ce mois-ci :

California Dreamin ' - Pari(s) d'amies - Les filles, vol.6 Bain de Minuit 


Il s'agit de la toute dernière BD de Pénélope Bagieu, elle y raconte la vie de Cass Elliot, chanteuse du groupe The Mamas and the Papas.
Autant le dire tout de suite : je ne connaissais pas du tout Cass Elliot, j'avais seulement entendu la chanson California Dreamin' quand j'avais 15 ans au foyer du collège et je l'écoutais une fois de temps en temps depuis, mais sans savoir qu'il s'agissait d'une chanson de ce groupe. 
Je me suis intéressée à la BD, parce que c'est Pénélope Bagieu et que généralement j'aime ce qu'elle fait. Là, j'ai été un peu déçue et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas acheté la BD : c'est seulement du crayonné. J'adore les couleurs qui sont dans les autres albums de Pénélope. Mais là, ça faisait "pas fini" et je me voyais mal mettre 24€ dans une BD qui n'a pas de couleurs. 
Pourtant l'histoire est intéressante pour qui ne connaît pas le groupe. J'ai aussi aimé la façon de mettre en scène l'histoire de Cass au travers du regard des gens qui ont fait sa vie. C'était ingénieux et original comme procédé. On sent que Pénélope Bagieu s'est immergée dans la vie du groupe, dans la vie de Cass et qu'elle l'aime vraiment. Ça crée une jolie biographie illustrée. 


Je suis tombée par hasard sur cette BD, dont je n'avais jamais entendu parler. Et pourtant elle en vaut le coup. Les dessins sont sympas, dans l'air du temps, il y a de belles planches avec des couleurs superbes. L'histoire c'est celle de 5 jeunes amies qui font face au racisme, à la précarité des emplois et  de l'amour. Elles ont toutes un petit truc qu'elles tentent d'assumer au quotidien et c'est sympa à lire. 

  • Les filles, vol. 6, Bain de minuit, de Christopher, éditions Kennes

J'ai découvert cette série de BD quand j'étais ado. Depuis les premiers tomes ont été ré-édités par les éditions Kennes qui vante la popularité de la BD sur Facebook. Moi ce que j'aimais c'était l'aspect un peu confidentiel, intime de cette série. A l'époque il fallait commander cette BD auprès des libraires pour l'avoir, désormais elle fait partie intégrante des rayons de la Fnac (enfin j'imagine, je l'ai commandé à ma librairie). 
Bref, j'ai grandi avec les 5 filles, j'adorais leurs histoires, le dessin de l'auteur. Mais il fallait attendre des années avant d'avoir la suite. Je crois que j'ai dû attendre 8 ans depuis que le tome 5 est sorti... Du coup en ouvrant ce tome, j'étais perdue ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas relu la BD et je ne me souvenais pas de grand chose. Mais l'histoire m'a à nouveau séduite et j'ai dévoré la BD. J'espère que les prochains tomes sortiront plus vite. Pour ce qui est de l'histoire, chaque tome aborde la relation au père ou à la mère, aux amies ou aux mecs sous divers angles, beaucoup de thèmes sont abordés : l'homosexualité, l'amour, l'adultère, la grossesse, etc. 

vendredi 2 octobre 2015

La fille du train, de Paula Hawkins

Quatrième de couv' : Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Avec ce thriller psychologique exceptionnel, Paula Hawkins fait figure de révélation de l’année. Il vous suffit d’ouvrir ce livre et de vous laisser entraîner dans le piège paranoïaque et jubilatoire qu’elle vous tend et vous comprendrez combien cette publication fait figure d’événement.

Paula Hawkins a vécu au Zimbabwe, en France et en Belgique. Journaliste à Londres, La Fille du train est son premier roman.

Mon avis : C'est quoi l'engouement autour de ce livre ? J'ai connu des thrillers bien plus palpitants et plus flippants. Je suis déçue parce que Stephen King et Laura Kasischke, deux auteurs habitués du suspense, ont plébiscité ce livre, alors que franchement... l'ambiance n'est pas des plus sombres, le suspense n'est pas du tout intense et puis on se doute de tout. Franchement, c'est du polar facile. Et rempli de longueurs et de répétitions.

En plus les personnages sont tous détestables. Rachel, la femme avec qui on commence l'histoire est dépressive et alcoolique, elle a une curiosité malsaine et mal placée qui la pousse à se lier avec le mari de la femme disparue (Megan). J'ai trouvé Rachel insipide et elle fourre son nez partout, se positionne en victime parce que comme elle boit, elle ne se souvient de rien. Elle est juste pathétique. Quant aux autres personnages il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Ils ont vraiment tous des personnalités compliquées, violentes, ou alors trop faibles. Pas un seul ne se démarque de façon positive.

Je crois que ma chronique ne sera pas plus longue parce que j'ai été trop déçue par rapport à mes attentes. Ce livre m'a mise mal à l'aise à cause des personnages et l'histoire est trop simple et limpide pour les amateurs de bons thrillers tordus.

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