lundi 28 septembre 2015

Broadway Limited, 1. Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Quatrième de couv' : Jocelyn Brouillard, 16 ans et demi, boursier, français, débarque un soir d'automne de 1948 à la pension Giboulée. C'est une erreur, un parfait malentendu. Il est à New-York et on l'a pris pour une demoiselle à cause de son prénom.
Car la Pension Giboulée est une de ces boarding houses exclusivement réservées aux jeunes filles qui veulent demeurer à l'abri des loups de Wall street et de la 42ème Rue. La gente masculine y est résolument interdite.    
Heureusement, Jocelyn joue très bien du piano...  
Venues de tous les coins d'Amérique, ces jeunes filles rêvent de conquérir la grande ville, de voir leurs noms en haut des théâtres de Broadway.

A Giboulée, elles sont au nombre de 6.    
Il y a Chic qui fait des publicités pour du shampooing aux œufs très rose, ou pour des soupes Campbell's avec de la tomate très rouge qu'elle déteste, et qui se fait offrir des chausse-pieds par ses nombreux soupirants...  
Il y a la baroque Ursula, qui chante à la radio, Etchika qui conduit une voiture au prénom de femme fatale...
Et comme si ce n'était pas assez, dans la maison juste à côté habite Dido, une collégienne qui a des problèmes avec le FBI.    

Et que diraient leurs logeuses, la respectable Mrs Merle et son dragon de soeur, si elles apprenaient que, derrière ses lunettes de fille sérieuse, l'énigmatique Manhattan donne de mystérieux rendez-vous à des messieurs dans les bars à Greenwich Village, ou que Page aux charmantes tresses blondes est amoureuse de celui qu'il ne faut pas ?
Enfin, il y a Hadley, qui vend des doughnuts le jour et des allumettes le soir, et qui est peut-être la plus insaisissable de toutes. Hadley est la fille chanceuse qui a un jour dansé avec Fred Astaire...
Oui, l'immense Fred Astaire ! Mais alors pourquoi a-t-elle subitement arrêté la danse ?

Ce diptyque doit son titre au Broadway Limited, le train fabuleux et mythique qui reliait Chicago à Pennsylvania Station au centre de New York... Car ce roman prend aussi le train.

BROADWAY LIMITED conte la découverte, par un jeune Français, de l'american way of life dans le New-York de l'immédiat après-guerre, sa vitalité, son énergie, le jazz, le swing, Broadway, la pizza, la radio, ses tempêtes de neige renversantes, le base-ball...
Mais aussi ses phobies, le début de la guerre froide, la chasse aux sorcières, la ségrégation...


Mon avis : (28/09/2015) J'ai adoré la série Quatre soeurs de cette autrice, du coup, ma collègue m'a tendu le livre en me disant "Tiens tu veux le lire ?" J'ai donc pris le livre et j'ai mis un temps fou avant d'oser le commencer, puis un bon moment pour le lire (faut dire qu'il est long).

Pour être honnête j'ai vraiment eu du mal sur les 250 premières pages. Je ne comprenais pas où l'auteure voulait en venir, qui étaient les différents personnages. Dans ce roman on ne suit pas un personnage à la fois avec les autres qui gravitent autour, on en suit plusieurs en profondeur et comme il y avait beaucoup de personnages féminins et qui étaient toutes dans le milieu artistique, je les confondais. Le problème c'est qu'au départ elles n'avaient pas un truc particulier qui les différenciait des autres. Et puis ça vient petit à petit, au gré des révélations, on apprend qu'elles ont finalement toutes un truc en plus.
Je me suis attachée de suite à Jocelyn, puisqu'on le découvre en premier, qu'il est français et qu'il est seul au milieu d'une pension pour jeunes filles !

Au début aussi j'avais dû mal à me représenter l'époque : le début des années 50. Et au final, j'étais tellement tombée dans l'histoire, qu'en faisant une pause pour regarder une série (Unbreakable Kimmy Schmidt - on s'en fout non ?), je n'ai pas compris pourquoi dans la série je voyais un personnage avec un téléphone portable ! hello, mindfuck !

L'histoire est intéressante, même si ça manque d'intrigue au début. On suit la vie de jeunes gens dans les années 50, certaines doivent travailler, d'autres vont à l'école, tout ce petit monde vit à la pension Giboulée, dirigée par une vieille femme acariâtre et sa soeur, ainsi que deux bonnes, des chats et un chien. Bref, on n'arrête pas de rencontrer de nouveaux personnages, de découvrir un New York un peu différent de l'actuel, avec les problèmes de racisme, la peur du communisme, les problèmes de logement, d'argent, de coeur, etc.

On découvre le milieu du music-hall, avec des jeunes danseuses, modèles dans des publicités, cigarette girls. Il y a cette attirance pour la gloire, le succès, avec des icônes des années 50, c'est assez étrange de se dire que la plupart des filles font toutes un boulot qui rapporte peu parce qu'elles espèrent toutes un jour devenir connues. Et à l'époque, il fallait travailler durement pour ça : apprendre à danser, à jouer la comédie, et puis parfois, faire les bonnes rencontres au bon moment. Malgré les difficultés, chacune des filles est forte. Même quand elles perdent leur job, elles savent rebondir et en trouve un autre. (Une autre chose qui diffère de la France : se faire virer du jour au lendemain sans préavis et trouver un autre job tout aussi rapidement).
Il y a un côté très américain, où on croit à sa bonne étoile (American Dream) et puis c'est au sortir de la guerre et la jeunesse a vraiment envie de s'amuser (en tout cas c'est le cas des garçons qui n'ont pas eu à faire la guerre en Europe ou dans le Pacifique).

Le chapitre du train (le fameux Broadway Limited) concernant Hadley m'a trop plu ! C'était magnifique, justement dosé, ni trop niais ni trop distant. Je crois que c'est ça qui m'a fait adoré Hadley. Tout n'est pas parfait mais c'est réaliste, et un peu frustrant aussi !

J'ai aussi bien aimé les lettres que Jocelyn envoie à sa soeur, ça ancre vraiment l'histoire dans une époque : il parle de ses découvertes à New York, des moeurs plus libérées qu'en France. Je trouve que c'est pertinent et ça apporte vraiment un second souffle au roman.

Comme pour Quatre soeurs, il y a vraiment la touche Malika Ferdjoukh, avec une atmosphère particulière, des descriptions qui sortent de l'ordinaire, des métaphores, un vocabulaire recherché, une écriture foisonnante. Du coup, je conseillerais ce livre à des ados qui ont déjà 15-16 ans et qui lisent vraiment bien. Ce n'est pas de la littérature jeunesse facile, il y a vraiment beaucoup de références à une époque qu'on connaît peu en général.

Je pense que dans le prochain tome on en saura un peu plus sur d'autres filles de la pension et puis j'espère que Jocelyn va encore se plaire un moment à la pension Giboulée ! Impatiente de lire le tome 2.

◇◆◇

(09/03/2020) J'ai relu le livre, en y passant sûrement moins de temps qu'il y a 5 ans. J'ai acheté la nouvelle édition parue en 2018, en même temps que le second tome, que je prévois de lire rapidement. Je n'ajouterai rien à ce que j'ai écrit en 2015, l'article reflète bien mon sentiment. Je remonte simplement ma note, parce que j'ai vraiment pris plaisir à me plonger dans cette histoire.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

2 commentaires:

  1. Je peux pas dire que je sois ultra impatiente pour le 2e tome, mais j'avoue que l'histoire d'Hadley (ptêtre la storyline la plus palpitante du roman) m'a tellement plu que j'aimerais savoir la suite ! Sinon je te rejoins sur pas mal de points notamment sur le manque de caractéristiques des perso féminins qui est vraiment un défaut.

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    1. Sur le coup j'étais impatiente et puis maintenant, 1 mois après j'ai un peu oublié les personnages (sauf Jocelyn et Hadley qui m'ont marquée), c'est vrai que c'est dommage de ne pas avoir créer des personnages féminins plus différents ou dont on aurait connu plus de détails. En tout cas quand le tome 2 sortira, je le lirai quand même :)

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