mercredi 9 septembre 2015

Amelia, de Kimberly McCreight

Quatrième de couv' : À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d'un rythme
professionnel soutenu, elle parvient à être à l'écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n'ont pas de secrets l'une pour l'autre. C'est en tout cas ce que croit Kate, jusqu'à ce matin d'octobre où elle reçoit un appel de l'école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu'elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d'ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l'établissement.
Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d'accepter l'inacceptable... Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question : « Amelia n'a pas sauté. »
Obsédée par cette révélation, Kate s'immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu'elle ne la connaissait pas si bien qu'elle le pensait. À travers les SMS, les mails d'Amelia, les réseaux sociaux, elle va tenter de reconstruire la vie de son enfant afin de comprendre qui elle était vraiment et ce qui l'a poussée à monter sur le toit ce jour-là. La réalité qui l'attend sera beaucoup plus sombre que tout ce qu'elle avait pu imaginer.

Une vision singulière du malaise de l'adolescence. Des personnages inoubliables. Un sens du suspense unique. Une critique dithyrambique. Ce premier roman de Kimberly McCreight est un chef-d'oeuvre. Nicole Kidman en a acquis les droits d'adaptation cinématographique pour un film produit par HBO.


Mon avis : Pas aussi convaincue que l'éditeur par ce roman. D'une part c'est très très long. 520 pages pour ce livre ça fait un peu trop. Ensuite je ne considère vraiment pas ce livre comme un chef d'oeuvre. J'ai lu de bien meilleurs thrillers, avec une intrigue qu'on peinait à dénouer, alors qu'ici c'est très attendu. On se doute de tout, puisque beaucoup d'indices sont disséminés au long du roman. Pas vraiment de surprise sur l'identité du père d'Amelia. La question n'est pas tant de savoir si Amelia s'est jetée du toit ou si quelqu'un l'a poussé, mais plutôt de savoir "pourquoi" et c'est là que c'est intéressant !
Le roman comporte 2 points de vue, celui de Kate, la mère que l'on suit après le suicide d'Amelia, et celui d'Amelia dont on connaît l'histoire de la rentrée jusqu'au jour où ... Voilà. Dans les parties du point de vue de Kate, on replonge dans d'anciens mails, en 1997, avant qu'Amelia naisse. Les débuts d'internet donc. Dans les parties selon Amelia, on découvre ses échanges de textos avec ses amis et ses statuts sur Facebook. Les deux n'ont vraiment rien à voir ! De plus le "parlé ado" m'a beaucoup gênée au début, je trouvais que ça faisait trop, pas naturel. C'est peut-être dû à la traduction ? Par la suite j'ai trouvé que c'était plus fluide et plus agréable à lire.

Deux choses m'ont paru invraisemblables : l'identité de GraceFully, l'auteur du blog éponyme qui trashe les lycéens et qui en sait un peu plus que son identité lui permet de savoir.
L'autre chose c'est qu'après la mort d'Amelia, Kate va mener une enquête aux côtés de Lew, l'enquêteur officiel. Elle l'accompagne partout, elle pose les questions à sa place, or je ne suis pas sûre que la police autoriserait une personne directement impliquée émotionnellement et qui plus est, qui n'est pas flic, à suivre tous les interrogatoires d'un enquêteur. Que la mère veuille mener son enquête ça se comprend, que le flic la laisse participer à celle-ci, impossible !

Une interrogation subsiste quant à Molina, a-t-il été engagé par Carmon pour taire ce qu'il savait sur la famille de Zadie ? Ou est-ce vraiment une coïncidence ?

La fin n'est pas bâclée mais elle est précipitée, si l'auteur en avait fait moins auparavant, elle aurait pu s'appesantir sur des détails non expliqués, à la fin de son roman.

Le sujet traité et qui me semble important c'est le harcèlement scolaire. Au final l'enquête est un prétexte pour montrer que le harcèlement scolaire existe et qu'il est très peu perçu par les parents. Je pense que beaucoup de parents se voilent la face en se disant "je mets mon enfant dans un bon établissement pour le protéger, il ne risque rien" sauf que riches ou pas, les enfants/adolescents sont souvent cruels entre eux. Ce qui s'apparente pour eux à un jeu, peut mettre la vie d'autrui en danger. Et que faire quand les parents ne voient pas le mal-être de leurs enfants ? Les établissements peuvent-ils endosser la responsabilité d'agissements de certains élèves sur d'autres ? Qui doit mettre des limites à ces ados qui en font souffrir d'autres ?
Je trouve ce roman bien écrit sur ce thème, il donne la parole à une victime de harcèlement, nous montre les choses qu'elle subit et qu'elle tait par peur des représailles. Il nous montre aussi que l'administration et les figures d'autorité dans les lycées ont elles-aussi envie d'en finir avec le harcèlement scolaire et ça passe (en Amérique) par la dissolution des clubs, ou sororités.

Je pense qu'il vaut mieux présenter ce livre comme un roman avec un thème majeur (le harcèlement) plutôt que comme un thriller (ce qu'il n'est pas vraiment). Et je le conseille si le sujet vous intéresse.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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