dimanche 28 juin 2015

Funérailles célestes, de Xinran

Quatrième de couv' : Funérailles célestes est une vraie histoire d’amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d’une femme et d’une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.
En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l’espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s’enrôle dans l’armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l’a préparée – le silence, l’altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d’errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari.
Quand Wen retourne finalement en Chine, elle trouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

Mon avis : Ce livre est très apprécié de ma libraire. C'est la meilleure vente en poche de la librairie, c'est le livre sur lequel on a le plus de retour de la part des clients. Tous ceux l'ayant lu l'ont adoré.
Moi j'étais pas très chaude, parce que l'Asie ça me branche pas trop-trop. (Cela dit j'ai bien aimé mes excursions littéraires en Inde et en Afghanistan des dernières semaines).
Je vous laisse le soin de lire la quatrième de couv' car elle résume bien l'histoire.

J'ai bien aimé ce livre. L'amour d'une femme pour son mari la pousse à quitter sa Chine natale pour tenter de le retrouver au Tibet. L'affrontement entre Tibétains et Chinois est passé sous silence pendant une grande partie de l'histoire parce que Wen (la femme) va errer au Tibet, au gré des rencontres durant 30 ans. Elle va vivre avec des nomades, apprendre leur culture et leurs coutumes, apprendre peu à peu le tibétain, chercher à travers le pays son mari. Ou en tout cas découvrir ce qui s'est passé pour lui.

On est soulagé quand Wen découvre enfin ce qui lui est arrivé, il y a une dimension mystique très importante. Le titre qui paraît si poétique nous apprend une tradition particulière, un rite qui paraît barbare aux yeux de Wen (et des occidentaux, faut l'avouer). Mais qui se comprend quand on lit ce livre qui nous emmène sur les hauts plateaux tibétains où la terre est trop dure pour creuser une tombe. C'est un rituel qui a une forte symbolique pour les Tibétains.

Le retour en Chine est très dur pour cette femme qui a construit son identité au Tibet. Partagée entre les deux pays, on comprend la difficulté de sa situation. D'autant plus que la Chine a beaucoup changé en 30 ans.

Il s'agit d'une histoire vraie, racontée par Xinran, qui a fait la connaissance de Shu Wen il y a quelques années. Shu Wen a raconté son histoire à Xinran mais au bout des deux jours, elle a disparu et Xinran n'a jamais pu la retrouver. J'imagine que l'histoire racontée est parfois un peu enjolivée, passe sur des détails. Je trouve dommage qu'on ne connaisse pas la part de "vérité" de celles imaginée par l'auteure.

J'ai trouvé incroyable que la vie des Tibétains soit si différente de celle des Chinois, malgré la proximité géographique. On découvre le Tibet sous différentes formes : la religion qui est très très importante, la répartition des tâches pour les nomades, les montagnes et l'altitude auquel les étrangers ne sont pas préparés.

Toutefois l'écriture montre une certaine pudeur. C'est-à-dire que les sentiments ne sont pas décortiqués comme le feraient les occidentaux. Quand Shu Wen est désespérée, on apprend simplement qu'elle se tait durant plusieurs jours, regarde dans le vide. A nous, lecteurs, de deviner ce qu'elle ressent (du désespoir jusqu'aux frontières de la folie).
J'imagine que c'est la pudeur chinoise qui fait que nous n'avons pas plus de détails sur les sentiments profonds de Wen d'où peut-être une certaine distance avec le lecteur.

Avec ce roman on apprend la patience, l'abnégation, l'opiniâtreté, et la simplicité d'une vie de nomade. Ce roman nous montre ce qu'apporte de partir à l'aventure et de tout quitter par amour.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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