samedi 30 mai 2015

Intime ressemblance, de Lisa Scottoline

Quatrième de couv' : Un soir, la journaliste Ellen Gleeson trouve en rentrant chez elle un avis de recherche dans la boîte aux lettres. Un de ces dépliants comme la police de Philadelphie en diffuse chaque jour des dizaines. Sauf qu'en regardant de plus près la photo de celui-ci, son coeur s'arrête soudain de battre : c'est la photo de son petit garçon Will qu'elle a adopté il y a deux ans !
Dès lors, impossible de rester sans rien faire. Son instinct de journaliste et son coeur de mère la poussent à enquêter pour savoir qui est vraiment son fils. Mais, à trop vouloir découvrir ce qui était caché, elle devient gênante pour certains, pour ces hommes de l'ombre qui ne reculent devant rien...

Mon avis : J'avais ce livre dans ma PAL depuis des années, il trônait dans ma bibliothèque chez mes parents, c'était un livre acheté sous la pression chez France Loisirs.

Cependant le sujet était intrigant, une femme reçoit une carte avec un visage d'un petit garçon kidnappé 2 ans auparavant et la ressemblance avec son fils adoptif est frappante.
Chamboulée, bouleversée, elle va mener sa propre enquête. Toute cette partie est sympathique à lire, la femme étant journaliste, est assez téméraire et curieuse, de plus elle a un grand sens de la morale et de l'honnêteté ce qui en fait un personnage moralement intéressant. Cela dit, je ne l'ai pas trouvée attachante. On la voit assez peu avec son fils, elle ne joue pas souvent avec lui, part tôt le matin et rentre très tard, parfois sans le voir de la journée, et les quelques scènes qu'ils passent ensemble elle passe son temps à lui dire des mots d'amour niaiseux, ne l'éduque pas du tout. Elle ne m'a pas semblé faire grand chose pour être proche de son fils dans ses actes.
Je n'ai pas eu d'empathie pour elle, peut-être parce que je ne suis pas mère, ou peut-être parce que le personnage ne m'a pas semblé "sincère" dans l'amour qu'elle a pour son fils.
Son histoire avec Marcelo, son boss, ne l'a rend pas plus attachante. Bien que Marcelo soit un personnage masculin intéressant il me semble un peu trop parfait.
Le fils adoptif d'Ellen se prénomme Will et pour un enfant de 3 ans je trouvais son langage vraiment bien évolué. Même si il est au coeur de l'affaire, on ne connaît pas ses sentiments, c'est un petit garçon qui a dû mal avec les contrariétés, qui est parfois agité. On a l'impression que l'auteure le traite avec une vision d'adulte, c'est à dire que cet enfant n'est qu'un enfant, il n'a pas de sentiments, pique des colères mais n'a pas d'émotions positives, ou affectives réelles. L'auteure ne se met pas du tout à la place de l'enfant.

J'ai eu une version publiée par France Loisirs et la traduction est mauvaise (ou bâclée ?) : "mon petit copain" pour traduire "buddy" (j'imagine), les "mon chou", les "sabots" à toutes les lignes.
Il y a plein de coquilles dans ce texte : un coup on écrit "Carol", un coup "Carole" (genre 10 lignes plus loin, c'est fort !).

Le texte est très inégal, on a de beaux passages descriptifs avec un langage presque soutenu, et des dialogues très réalistes et simples, tout comme certains passages qui sont carrément inconsistants et longs. Je n'applaudirai pas l'auteure pour son style en tout cas.

J'ai trouvé durant l'enquête d'Ellen à Miami que les choses se déroulaient trop facilement. Tout au long du roman, qui est censé être un thriller psychologique, on n'est pas surpris par ce qui va se passer ensuite. Aucun effet de surprise, tout est amené trop facilement. Il n'y a quasiment pas de rebondissements et la fin tombe un peu à l'eau une fois que les révélations sont faites.

C'est un roman qui se lit facilement et dans lequel on plonge assez vite, mais ça manque cruellement de rebondissements, d'effets de surprise. De plus la mauvaise traduction empêche d'avoir une lecture vraiment plaisante.

mercredi 27 mai 2015

Rencontres fortuites, de Mavis Gallant

Quatrième de couv' : Shirley, 26 ans, n'est pas particulièrement jolie, ni spécialement douée pour choisir ses maris. Le premier meurt d'une tragique chute à bicyclette. Le second est parti, car elle a commis une irréparable faute de goût : servir le café dans un bol. Mais rien n'entame sa joie de vivre. Dans le Paris des années 1960, Shirley multiplie péripéties loufoques et délicieuses rencontres avec de joyeux doux-dingues.

Mon avis : Acheté il y a au moins 6 ans, sur un coup de tête, je l'avais laissé dans ma bibliothèque chez mes parents. Pourtant le résumé était prometteur, mais le style, au secours !

Quoique, pour le résumé et les maris de Shirley c'est un peu faux... On ne sait pas comment est mort son premier mari jusqu'à la page 300, et pour le second ce n'est pas la faute d'un café versé dans un bol (d'ailleurs c'est plus souvent lui qui sert le café de Shirley et le sien que l'inverse).

L'histoire est particulièrement compliquée à aborder puisque qu'on suit le cheminement de pensées de Shirley. Le passé, le présent, tout se mélange. Pour le lecteur c'est compliqué de savoir de qui on parle ; on est balancé tout de suite dans la vie de Shirley sans préambule, on ne sait pas qui est son entourage et le narrateur nous révèle au compte-gouttes qui est qui, ce qu'il fait dans la vie. On ne comprend pas très bien les liens de Shirley avec les autres.
C'est une Canadienne vivant en France, travaillant comme traductrice dans un grand magasin au milieu des années 60. Son rôle a une grande importance pour le magasin, pourtant il est peu évoqué et Shirley va s'en faire virer. (Dommage c'était une partie qui aurait pu être intéressante à développer).
Shirley a été mariée une première fois mais son mari est décédé. Puis elle est venue vivre en France où elle s'est mariée avec Philippe, un journaliste français, pas franchement prêt à s'engager.

Le premier jour où on suit Shirley est interminable. Elle erre complètement après une nuit blanche, et fait des rencontres "fortuites". Etrangement celles-ci vont changer le cours de sa vie. Comme si un sortant faisant intervenir un entrant -> son mari la laisse en plan, on ne sait pas vraiment pour quelle raison, et ce jour-là Shirley va rencontrer Claudie, une jeune fille frappadingue puis toute sa famille qui ne vaut pas mieux. On entre dans leur intimité, dans leur appartement où ils s'entassent à plus de 10 (dont 5 enfants). Claudie est l'archétype féminin des années 60 : elle veut être libre, elle tente de magnétiser les gens avec de grandes phrases dignes des films des années 60-70, mais elle vit sous la tutelle d'un père autoritaire et fermé, solitaire.
Quant à Shirley, ses discussions sont totalement décousues la plupart du temps. Tout comme le fil de sa pensée. Elle paraît tout le temps à côté de la plaque. Qu'elle s'exprime en français ou dans sa langue d'origine c'est comme si tous les discours étaient incompréhensibles, foutraques.
En plus elle cumule les noms de famille et en tant que lectrice j'étais perdue. Un coup elle est Shirley Norrington, Shirley Higgins, etc...

Ce roman est difficile à lire. Il fait 400 pages, mais on s'y plonge quand même, peut-être parce qu'on espère un déclic dans l'écriture ? J'ai vu un mieux autour des 200 pages, une sorte d'accélération et moins de contemplation puis ça redevient comme au début. Lent et difficile.
Je n'aime pas tellement ce genre de roman où les personnages ne nous laissent pas entrer dans leur univers, ne s'adressent pas au lecteur pour expliquer les personnages qui gravitent autour d'eux. Ni expliquer ce qui les animent.
L'histoire est pourtant simple : c'est la vie française d'une Canadienne après que son mari l'ait quittée, mais compliquée à cause du style qui emmêle les choses, les pensées.

Ce livre est apparemment un chef d'oeuvre mais je n'y ai vu qu'un roman compliqué par son style et des personnages absolument pas attachants.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 23 mai 2015

Je vais bien, ne t'en fais pas, d'Olivier Adam

Quatrième de couv' : Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu'il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. À son retour de vacances, il n'était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle se rendra à Portbail. C'est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d'une semaine pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

Mon avis : Je suis assez déçue par ce livre. Peut-être parce que j'ai vu le film 2 ou 3 fois.
Et sûrement parce que le style et l'énumération et la structure du livre ne m'a pas plu. Vraiment la succession d'énumérations des courses des clients, le rythme saccadé des phrases, ou même de manière générale l'auteur énumère tout, les phrases se succèdent comme une énumération, et c'est juste gavant, heureusement ce livre ne fait que 150 pages sinon ce serait affreux à lire.
Concernant la construction du livre, on alterne le présent puis on découvre des moments du passé, puis on repasse dans le présent. Ce n'est pas très appréciable à lire.

Je n'ai pas aimé Claire, le personnage principal, qui entretenait une relation presque malsaine avec son petit frère. Elle en était complètement dépendante avant qu'il ne disparaisse. Elle ne vivait qu'à travers lui, n'avait aucun goûts personnels ni pour la littérature, ni pour la musique. Elle n'avait pas d'amis et considérait ceux de son frère comme les siens, mais lorsque celui-ci a disparu, aucun n'a gardé de liens avec elle. Claire est un personnage creux, à la limite du pathétique (c'est à peine si ses souvenirs lui appartiennent). Et ses parents ne sont pas tout à fait mieux. Leur vie paraît terne, vide. On peine à imaginer Loïc, le frère disparu, en personne vivante, exubérante, joyeuse. Peut-être que c'était lui qui portait sa famille à bout de bras. Mais en tout cas le roman nous le présente disparu et tout s'en ressent, l'atmosphère est lourde de non-dits et les parents sont pudiques et silencieux. On n'a pas vraiment envie de faire partie de cette famille. Comme d'autres, ce que font les parents pour cacher la vérité m'a paru être une forme de lâcheté plutôt qu'une volonté de protéger les sentiments de leur fille.

Pour le reste l'histoire ne m'a pas parue très intéressante, mais c'est sûrement parce que j'en connaissais l'issue. L'histoire ne fait pas rêver du tout, c'est le quotidien désespérant d'une jeune femme, à qui on ajoute un drame familial.
Bref, à ne pas lire si vous cherchez quelque chose de joyeux. Pour une fois, je crois que même le film est mieux que le livre.

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vendredi 22 mai 2015

Prisonniers du paradis, d'Arto Paasilinna

Quatrième de couv' : Un avion qui fait un amerrissage forcé avec à son bord des sages-femmes et des bûcherons - à proximité quand même d'une île - cela n'existe que chez Paasilinna. Voici les naufragés qui s'organisent, chacun retrouvant vite ses habitudes : les Finlandais distillent de l'alcool et ouvrent le «Café de la jungle». Les Suédoises mettent sur pied un centre de planning familial - n'oublions pas qu'il y a vingt-huit hommes et vingt-six femmes échoués sur la plage. Une plage de sable blanc bordée de cocotiers et où finalement, entre chasse, pêche et culture, la vie ne va pas être désagréable du tout. Au point que certains n'auront aucune envie de retrouver la «civilisation» quand un navire américain s'approche et que son commandant veut évacuer les joyeux naufragés. Des problèmes aigus vont alors se poser et il faudra tout l'humour de Paasilinna pour tenter de les résoudre.

Mon avis : Ravie par la lecture de ce livre.
Je n'avais encore jamais lu de livre de l'auteur, bien que mon père et mon frère l'adorent. Mais le petit côté foufou, presque fantastique de ses ouvrages me branchait moyen.
Quand Margaud Liseuse a parlé de celui-ci dans sa vidéo sur l'auteur, je me suis dit que le thème me plaisait assez.
Paru en France en 1996, on ne peut pas lui reprocher d'y trouver une quelconque ressemblance avec la série Lost (que je n'ai jamais regardée d'ailleurs). Une cinquantaine de passagers d'un avion vont survivre au crash de celui-ci. Ils se retrouvent sur une île en plein Pacifique. Heureusement ils ne comptent pas trop de dommages et ils parviennent à créer une société idéale.
Si au début ils pensent pouvoir être sauvés, les jours passant, ils s'apercevront petit à petit que cela ne risque pas d'arriver de sitôt !
Le lecteur les voit alors changer, affiner leurs impressions et leurs relations à la nature durant une période assez longue (9 mois) - suffisamment longue sur une île déserte j'entends - et peu à peu ils vont devoir accepter et construire leur nouvelle vie sur cette île.
Par chance ils viennent tous des trois pays nordiques (Norvège, Suède, Finlande) et quelques-uns sont anglais, ils peuvent relativement facilement communiquer.
Au regard de la situation ils comprennent et développent vite un système communiste, basé sur la solidarité et la répartition du travail en fonction des besoins et des compétences de chacun.

J'ai bien aimé ces Robinsons avec leurs idées solidaires, j'ai adoré découvrir comment ils s'en sortent avec les moyens du bord. J'ai aimé l'ambiance générale qui se dégage du groupe. On vit les choses à travers le regard d'un homme, le narrateur, qui nous explique comment tout se passe, comment les choses se mettent en place.

En plus il y a une touche d'humour très subtile. C'est peut-être l'humour nordique ? en tout cas ça m'a fait sourire à plusieurs reprises. On n'est pas dans le drame continu (alors que la situation le permettrait), au contraire, l'humour apporte une fraîcheur, c'est un brin loufoque et on se dit que même si la situation est compromise, ils vont sûrement s'en sortir. Ils font des projets absurdes dans ce contexte (des funérailles en bonne et due forme, la pose de stérilets, la distillerie), mais qui s'inscrivent dans une volonté de garder un lien avec une vie civilisée. Ça peut être pris comme de l'humour et en même temps c'est tout à fait sérieux et indispensable pour ne pas tomber dans l'état bestial et primitif.

J'émettrais juste un bémol pour les défenseurs des animaux, vous lirez certains passages où les animaux sont mangés. Alors en tant que personnes civilisées, on ne se verrait pas manger une tortue, ou un serpent. Mais dans le livre, les personnages bien que civilisés, sont pourtant à deux doigts d'y laisser leur peau à cause de la faim. J'imagine que dans pareilles situations, n'importe qui perdrait ses principes et ses repères habituels et mangerait ces animaux pour éviter de crever... Disons que sur le coup, ça fait bizarre, d'autant plus que le personnage n'a pas de considérations particulières à ce sujet. Il en mange, un point c'est tout.

Bref, j'ai beaucoup aimé ce petit roman, qui mêle humour et réflexion sur la création d'une société utopique, suite à un drame technique.

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mercredi 20 mai 2015

Exercices de survie, de Jorge Semprun

Quatrième de couv' : « J'étais dans la pénombre lambrissée, discrètement propice, du bar du Lutetia, quasiment désert. Mais ce n'était pas l'heure ; je veux dire, l'heure d'y être en foule, l'heure d'y être attendu ou d'y attendre quelqu'un. D'ailleurs, je n'attendais personne. J'y étais entré pour évoquer à l'aise quelques fantômes du passé. Dont le mien, probablement : jeune fantôme disponible du vieil écrivain que j'étais devenu.
J'avais tout juste le désir d'éprouver mon existence, de la mettre à l'épreuve. »

Nous sommes en 2005, Jorge Semprun se confronte à son passé et entreprend un autre travail de remémoration. Il revient dans ce texte inédit sur des événements qu'il a vécus, et relate, comme il ne l'a encore jusque-là jamais fait, son expérience de la torture. Témoignage sans pathos, récit, à la fois poignant et détaché, d'où se dégage une perception philosophique prégnante. Jorge Semprun poursuit dans cet ouvrage une réflexion engagée dans les écrits fondateurs de son œuvre, tels Le grand voyage ou L'écriture ou la vie, et offre une dernière analyse sur la corrélation entre l'écriture et la réalité.
Un nouvel éclairage saisissant de ce que fut ce singulier penseur.

Mon avis : Une lecture dont j'aurais pu me passer. C'est atroce de dire ça à propos d'un témoignage. Mais honnêtement, je n'ai pas appris grand chose, Jorge Semprun se répète, quand il ne fait pas d'énormes digressions.
Ce livre parle en principe de son expérience de la torture, et pourtant elle est à peine mentionnée. Sur 120 pages il en parle brièvement. En fait, ce sont plus des mémoires. Ou un texte qu'il a écrit pour lui et son entourage, mais je ne suis pas sûre que ce soit très intéressant pour un public jeune qui n'a pas connu la Résistance (en France) ni Franco (en Espagne) et dont beaucoup de références nous manquent. Je n'ai pas une super culture de l'Histoire du XXè siècle donc certains événements et personnalités de ce texte sont obscurs pour moi.
En dehors de ça, Jorge Semprun est un survivant qui a beaucoup de mérite. Peut-être qu'il faut lire ce livre directement après avoir lu Le grand voyage ou L'écriture ou la vie. Peut-être que c'est plus dans une démarche philosophique après la démarche narrative.

Peut-être ce livre n'était pas fait pour moi, aujourd'hui.

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L'instinct maternel, de Barbara Abel

Quatrième de couv' : Richard et Jeanne Tavier jouent depuis des années la comédie du bonheur parfait. Leur agressivité et leur mépris l'un envers l'autre sont renforcés par le fait qu'ils n'ont jamais pu avoir d'enfant. Un soir, Richard lui annonce qu'il la quitte pour une autre. Folle de rage, Jeanne le précipite dans l'escalier où il se rompt le cou. Pour ses proches, pas de doutes, c'est une veuve éplorée. Quand elle apprend que faute d'héritier mâle, la fortune familiale ne lui reviendra pas et que Richard a légué son propre argent à une inconnue, elle met en place un plan diabolique.

Mon avis : C'est un livre que j'ai dévoré. Pendant 6h, je n'ai pas lâché le bouquin. C'est le premier roman de Barbara Abel et elle s'en sort haut la main !
L'intrigue est bien amenée, on est dans du trash avec une psychopathe qui perd les pédales.

Jeanne a été sorti de la misère par Richard, qu'elle a épousée 20 ans plus tôt. Elle mène la belle vie, Richard étant diplomate et fils de... Mais en 20 ans leurs sentiments ont bien changés. Richard ne supporte plus Jeanne et chaque sortie est une farce les mettant en scène au sein de la bourgeoisie parisienne. Jeanne vit une vie qui n'est pas la sienne mais dont elle se sent totalement dépendante. Elle ne supporte pas la pauvreté. Mais peu de temps après avoir tué Richard par accident, elle va découvrir qu'il ne lui laisse rien, pas d'argent, pas de biens, pas de demeure. Rien ! Fâchée, épuisée moralement par les mauvais traitements qu'il lui a infligés, elle découvre qu'il entretenait une liaison amoureuse avec une jeune femme, Suzanna, à qui il lègue tout. Commence alors une descente aux Enfers...

Ce roman m'a tenu en haleine. Il met en scène la folie meurtrière d'une femme qui ferait tout pour l'argent. J'espère ne pas trop vous spoiler parce que ce roman est bien écrit. Il s'étale sur une période de 9 mois... Certains passages sont trash et glauques. On a du mal à voir si la situation va s'améliorer et comment elle va se finir. On angoisse pas mal avec certains personnages qui sont au coeur d'un huis clos. On se moque aussi gentiment de la bourgeoisie, de leurs vicissitudes, leurs ragots.
On trouve déjà les thèmes qui inspirent l'auteure : le désir d'enfant, le basculement dans la folie destructrice.

Je vous le conseille si vous souhaitez passer un bon moment avec un thriller angoissant.

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lundi 18 mai 2015

Trilogie New-Yorkaise, de Paul Auster

Tome 1 : Cité de Verre (lu le 22/03/15) 
Quatrième de couv' : Un auteur de série noire, Quinn, est éveillé au milieu de la nuit par un coup de téléphone qui ne lui était pas destiné : on demande un détective, un certain Paul Auster... Quinn, qui mène une vie errante, lestée d'un passé problématique, accepte le jeu consistant à être ce Paul Auster. Et le voilà lancé dans une aventure plus extravagante que toutes celles qu'il aurait pu imaginer. A la faveur de cette première faille de l'identité, le roman policier bifurque, et ce sont à la fois Kafka et Hitchcock que l'écrivain de L'invention de la solitude convoque dans les détours de sa cité de verre...

Mon avis : Okay. Je n'ai rien compris. Paul Auster c'est toujours plein de sens cachés, de quête identitaire, de mise en abîme. Mais clairement là, c'est impossible de dénouer tous les noeuds dans lesquels Paul Auster l'écrivain nous embarque.
Il se met en scène, donc en tant que personnage, mais Quinn, un autre personnage va lui "voler" son identité pour mener une filature pour le compte d'une famille étrange.
Tout commence par un coup de téléphone en pleine nuit. Quinn, auteur de polars sous le nom de William Wilson, met en scène dans ses romans un personnage du nom de Max Work. Ce fameux Quinn répond au téléphone, son interlocuteur cherche un certain Paul Auster, détective.
Vous voyez un peu le méli-mélo identitaire ? Voilà, voilà...
Puis c'est une rencontre des plus étranges qui attend notre héros.
On plonge dans de la littérature de haut niveau avec Paul Auster, et c'est ce qui ne me plait pas, tout est compliqué, alambiqué, c'est extrêmement pointu (le passage sur Cervantès et Don Quichotte je n'ai rien compris, la Tour de Babel, le langage, l'identité, etc.)

J'ai cru que j'allais lâcher ce livre à plusieurs reprises. Si il ne faisait pas 150 pages je l'aurais sûrement abandonné. Je pense lire la suite, en espérant qu'elle ne mette pas en scène ces mêmes personnages...


Tome 2 : Revenants (lu le 05/05/15)
Quatrième de couv' : Ce deuxième volet de la "Trilogie New-Yorkaise" met en scène, dans le décor qui était celui de Cité de Verre, trois protagonistes nommés Noir, Blanc et Bleu. Deux d'entre eux sont des détectives privés. Mais, tout en nous entraînant dans un suspense qui ne le cède en rien à celui des meilleurs thrillers, le romancier nous donne aussi à sentir la précarité de l'identité, et fait jouer devant nous, dans un crescendo tragique, les plus pervers effets de miroir du destin.
Roman policier, roman métaphysique : Paul Auster joue des deux registres avec une maestria qui justifie sa place - au tout premier rang - dans la littérature américaine.

Mon avis : Même si ce tome se lit plus facilement, le sens m'échappe toujours. Franchement je suis à deux doigts de classer Paul Auster dans les auteurs mystiques parce que franchement son approche philosophique de la vie, de l'identité, m'échappe totalement. Les éditeurs ont-ils eux-mêmes compris ce que voulait dire Auster ? Aurais-je dû faire un doctorat pour comprendre ce livre ?


Tome 3 : La Chambre dérobée (lu le 18/05/15)
Quatrième de couv' : En disparaissant de New York, Fanshawe laisse derrière lui une femme, Sophie, un fils, Ben, et une série de manuscrits dont il a confié le destin à un ami, le narrateur.
Voilà en place les pièces d'un échiquier où règne en maître l'auteur de la Trilogie new-yorkaise, romancier du mystère, de l'identité et de la dépossession. Car le narrateur ne va pas seulement conduire les manuscrits à l'édition et au succès : il va aussi épouser Sophie et adopter Ben.
Une nouvelle fois Paul Auster nous emmène dans le labyrinthe faussement transparent de la « cité de verre », royaume de l'ambiguïté et d'une quête du moi toujours précaire.

Mon avis : Ce dernier tome est le plus lisible. On a une histoire avec une intrigue qui semble recevable pour mon cerveau. Mais je ne vous mentirais pas, je n'ai pas compris grand chose aux obsessions du personnage, à la quête identitaire qui a lieu dans ce livre.
Dans ce tome on part d'une situation relativement saine et acceptable : un homme disparait et il souhaitait que sa femme rencontre son ami d'enfance afin que celui-ci lise ses manuscrits. Et éventuellement les fasse publier. L'ami d'enfance, le narrateur donc, va apprécier sa lecture et va chercher un éditeur pour les manuscrits. Dès lors, sa vie ne va tourner qu'autour de Fanshawe, l'ami disparu. Il va se marier avec Sophie, la femme de Fanshawe, et devenir le père du petit Ben. Puis il ne va plus travailler, se laissant vivoter avec sa nouvelle famille, en touchant les sous obtenus par la vente des livres de son ami. Mais au fil du temps il va se perdre, se déposséder de sa vie et tenter de comprendre Fanshawe, dans le but premier d'écrire une biographie. Nous en saurons plus sur le passé de Fanshawe, ses liens avec sa mère ainsi que ses liens étroits avec sa jeune soeur qui l'ont plongée dans une longue série de dépressions, elle qui a tant cherché à comprendre ce qu'écrivait son frère.
Notre narrateur va peu à peu prendre le même chemin, celui de l'autodestruction, en cherchant à savoir qui est Fanshawe. Son destin ne sera pas tragique mais très contemplatif, intérieurement.

Si ce tome paraît moins obscur, il l'est pourtant par son sens qui m'échappe (encore !). C'est déroutant. Il y a aussi des longueurs, Paul Auster parle d'anecdotes qui n'ont pas vraiment d'intérêt pour l'histoire, ce sont plus des références littéraires ou culturelles qu'il s'amuse à éparpiller dans ses romans.


Ce sont donc trois lectures que je n'ai pas aimées. Si j'avais lu cette trilogie pour aborder l'oeuvre de Paul Auster, je n'aurais jamais essayé de lire d'autres livres de lui, tellement ça m'a dégoûtée, ennuyée, et même énervée. (ça m'énerve quand je n'ai pas la capacité intellectuelle et les clés pour comprendre un livre, normal, non ?) Pourquoi j'en suis venue à bout ? Tout d'abord parce que j'avais eu ces trois livres en cadeau il y a une éternité. Ensuite, ils s'intègrent dans le Challenge 1 mois 1 consigne, puisque j'ai lu les tomes 2 et 3 qui font largement moins de 200 pages, au cours du mois de mai. Challenge réussi !



Heureusement je garde un très bon souvenir de Brooklyn Follies. 

dimanche 17 mai 2015

Alyah, d'Eliette Abécassis

Quatrième de couv' : Il y a quelques années, je sortais dans la rue avec une étoile de David autour du cou. J’étais fière de m’appeler Esther Vidal et je ne baissais pas la voix pour dire mon nom. Nous n’étions pas en danger dans la ville. Ni agressées à la sortie de l’école, de la synagogue, ou chez soi. Traiter quelqu’un de « sale juif » était un tabou. Je ne pensais pas qu’il pût y avoir dans Paris des manifestations contre les juifs. A vrai dire, je n’aurais même pas imaginé que l’on puisse entendre, lors d’une manifestation : « A mort les juifs. » 

Une jeune femme, deux enfants, deux amours. La peur, le désir, l’espoir, la tentation de quitter la France et de faire son « alyah ».

Mon avis : Partiellement déçue. Avec ce titre j'attendais tout à fait autre chose. "Alyah" signifie "montée", "ascension". L'Alyah c'est le fait pour une personne de confession juive de partir vivre en Israël. Actuellement, et suite à toutes les attaques qui existent en France contre les Juifs, beaucoup sont tentés par ce départ.
Bref, c'était ce que je m'attendais à lire dans ce roman puisque c'est le titre du livre ! Et bien pas du tout. Si l'idée de partir est effectivement soulevée, si le premier chapitre m'a bouleversée parce que la narratrice nous explique bien pourquoi c'est si difficile d'être juive en France en 2015, l'histoire ne décrit pas l'Alyah (ce qui m'aurait intéressée).

Ce livre a sûrement été écrit rapidement, dans la précipitation après les événements du mois de janvier. Et du coup, il m'apparaît bancal.
En fait, la structure ne maintient pas debout ce roman. J'ai eu l'impression de vaquer au travers d'un texte sans réussir à suivre un fil rouge. On a des retours dans le passé de la narratrice, des événements liés à la religion juive qui remonte à très très loin et qui ne sont pas forcément très compréhensibles par une personne athée.

Toutefois ce roman montre bien que la société française est pourrie de l'intérieur, que les médias et les politiciens ne tentent pas de rétablir la vérité, de faire changer les mentalités, ni de s'intéresser aux sites antisémites qui fleurissent sur le web et véhiculent des idées fausses sur le peuple juif, parce qu'au nom de la liberté d'expression nos politiciens les laissent faire. Mais quid des attaques antisémites ?!
En tout cas la situation est bien décrite : on a des faits et des chiffres alarmants qui montrent bien que les 1% de Juifs français sont pris à parti par les autres communautés en France. Les doutes de la narratrice face à la montée de l'antisémitisme sont représentés et justifiés.

L'auteure s'appuie sur l'Histoire pour nous rappeler que pendant des siècles les Musulmans et les Juifs se sont entendus dans la paix et l'harmonie au Maroc par exemple. Elle revient sur l'histoire du peuple juif et c'est très intéressant. On est ainsi poussés à la réflexion : comment s'est développée cette haine envers le peuple juif ? Pourquoi de jeunes ados qui ne savent même pas où se trouve Israël prennent parti pour leurs "frères" palestiniens ? à quel moment l'éducation et la culture ont disparu pour laisser place à des ados ignares et violents ? Que font les collèges et lycées pour éclairer ces ados ? Pourquoi la Shoah est-elle minimisée dans les programmes scolaires ?
A quel moment faut-il partir et faire son Alyah ? Peut-on ou doit-on céder à la peur ? Fuir alors qu'Esther la narratrice se sent profondément française ? Quelle identité peuvent-ils avoir quand dans un pays comme la France (pays des droits de l'Homme), porter une kippa peut réveiller la violence d'autrui ? Pourquoi cet antisémitisme ?

Les personnages de ce roman ne sont pas forcément attachants. Julien, qui est la "caution love" de ce roman, est un type largué, à l'ouest, mais qui porte une certaine culpabilité depuis qu'il a découvert qui était réellement son grand-père.
La narratrice, prof de français, divorcée et mère de deux enfants, apparaît comme une femme ravagée par l'angoisse. Même quand il s'agit d'amour, il n'y a pas de place pour la quiétude, pour la tendresse. J'ai trouvé qu'elle était trop focalisée sur ses angoisses et ne m'apparaissait jamais amicale ou sympa. Elle a 2 enfants mais on n'en entend jamais parler alors que ça aurait pu la rendre plus sympathique de la voir dans son rôle de mère heureuse. Même quand elle discute avec une amie, qui elle, fait son Alyah, je ne l'ai pas trouvée plus sympathique.

En bref, un roman qui ne tient pas la route sur la structure parce qu'il mélange les genres : l'essai, le roman d'amour, un soupçon d'Histoire, beaucoup de religion et encore plus d'angoisses liées à l'actualité. Mais qui permet de soulever un grand nombre de questions.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
Un article intéressant sur Paris Match à propos de l'Alyah 

mercredi 13 mai 2015

Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini

Quatrième de couv' : Au début des années 70, Amir et Hassan, frères de lait, embrasent le ciel de Kaboul de leurs cerfs-volants. Jusqu'à ce jour, terrible, ou Amir abandonne Hassan à un sort tragique et se réfugie aux États-Unis. Vingt ans plus tard, en quête de rédemption, il devra affronter l'Afghanistan ravagé sous le joug des talibans... et le poids de son propre passé.

« Portrait d'un homme en proie à son passé, ce premier roman de Khaled Hosseini dit aussi l'histoire d'un peuple. [...] Le tableau qu'il dresse [de son pays], tout de contraste entre un passé idéalisé et la tourmente du présent, offre un très beau témoignage sur ce lien viscéral qu'entretient un homme avec sa terre natale. »
Pauline Perrignon - Télérama

Mon avis : Quel roman !
Je l'ai lu doucement, sans me précipiter. J'espère vraiment m'en souvenir longtemps parce qu'il est poignant.
Déjà on s'évade. Clairement on commence par découvrir un pays, l'Afghanistan, qui est peu mis à l'honneur par les médias (sauf pour parler des talibans), on plonge au coeur des années 60-70 là-bas, dans une famille aisée, mais qui a subi une perte tragique : celle de la mère d'Amir à sa naissance. Nous suivons l'enfance d'Amir, et de son ami Hassan. Pour être plus précise, Hassan est le fils d'Ali, un domestique Hazara, vivant dans la même propriété qu'Amir et son père. Leur relation est particulière, Hassan étant le petit serviteur d'Amir, cependant une amitié très forte les unit. Jusqu'au jour où tout bascule. Et Amir sera à tout jamais envahi de remords.
Les troupes soviétiques envahissent l'Afghanistan. Amir et son père vont quitter Kaboul clandestinement (leur voyage est terrifiant) et vont émigrer aux Etats-Unis. Nous connaîtrons ainsi leur vie en Californie, la difficile adaptation, l'honneur et la réputation qui sont toujours d'actualité. Quand on quitte un pays, on ne quitte pas ses traditions.
En 2001, Amir reçoit un coup de téléphone d'un ancien ami de son père, il a le moyen de se racheter... Intrigué et toujours pétri de remords, Amir revient sur sa terre natale, essayant de réparer les erreurs du passé. Cette partie offre plus de rebondissements et d'actions, on voit aussi la difficulté de la vie des Afghans sous le joug des talibans. Un pays dans un chaos total, des citoyens désoeuvrés, laissés à l'abandon comme les ruines qui jonchent la capitale. Ce roman m'a permis de découvrir une immensité de choses sur ce pays méconnu, sur son histoire, ses traditions, les difficultés liées à la guerre et aux dégâts engendrés par les Russes puis par les Talibans.

Le personnage d'Amir est un personnage complet : l'auteur ne nous épargne rien de ses sentiments, de ses pensées mais aussi de ses soucis corporels (la transpiration, le mal des transports, etc) et ça donne vraiment de l'étoffe au personnage. D'autant plus qu'en tant que narrateur, il n'hésite pas à nous décrire le parfum des fruits, des arbres, les ciels magnifiques de Kaboul ou la couleur des cerfs-volants. Les sens sont aiguisés. J'aime aussi les mots en farsi (je crois) qui ont été laissés tels quels à côté des mots traduits.

Un seul point négatif : Le dernier "malheur" à la fin m'a semblé de trop. J'ai trouvé qu'on faisait face à beaucoup de choses dures à lire tout au long de ce roman, et ce dernier moment dur était de trop. Ça apporte quelque chose à la fin, mais l'auteur aurait pu prendre une direction plus positive qui m'aurait mieux contentée. Ça faisait un peu tire-larmes...

Amitié, trahison, viol, culpabilité, racisme, guerre, émigration, intégration, sont tant de thèmes qui font ce roman. On évoque peu la condition des femmes dans ce livre puisqu'elles sont peu présentes.
Mais c'est l'histoire d'un pays et de peuples qu'on découvre dans ce roman, en plus de connaître l'histoire personnelle d'un homme rongé par la culpabilité de n'avoir pas su aider son ami. De plus les révélations faites sur leur relation, bien qu'on s'en doute assez tôt, apportent un gros plus à ce roman.

J'ai été bouleversée par ce livre, et j'espère vraiment m'en souvenir encore et encore dans les années qui viennent, parce qu'il est tout simplement magnifique. Ce roman rend hommage à un pays et à une amitié entre deux enfants.

"Pour toi, un millier de fois !"

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 12 mai 2015

Icônne, by Natoo

Résumé : Les magazines féminins donnent des conseils tous plus absurdes les uns que les autres. Élevés au rang de gourous autoproclamés, ils affirment pouvoir vous donner l’absolue vérité sur tout : votre mec, votre poids, vos vêtements, ce qui est in, ce qui est out, et tout cela, bien sûr, émaillé de publicités abracadabrantes.
Icônne assume à fond et livre un magazine complètement barré et décalé, mais pas dénué de réflexion, pour remettre en question les mille et un diktats de vos magazines préférés.

Mon avis : J'ai bien rigolé, c'est un ouvrage marrant et bien pensé. Si les magazines féminins pouvaient en prendre de la graine, peut-être que les mentalités changeraient et le "débat s'élèverait" comme on dit. 
Qui est Natoo ? (On peut ne pas connaître hein). Natoo est une jeune femme, Youtubeuse (elle a plus d'un million d'abonnés) et membre du Studio Bagel. 
Tiens, sa vidéo "Ecrire un livre", pour te vanter les mérites de son bébé. 


J'étais longtemps passée à côté d'elle, parce que ses vidéos du début ne me plaisaient pas. Après une interview fleuve publiée sur le site MadmoiZelle (attention c'est long : 30 min environ), que j'ai regardée dimanche dernier, j'ai trouvé Natoo posée, sérieuse, intelligente et réfléchie. J'ai finalement craqué et acheté son "livre" qui vaut le détour. Les photos sont sympas,les shootings de pub sont hyper bien réalisés et les textes sont teintés d'une intelligente ironie. 
Je ne suis pas une adepte des magazines féminins, j'en lis de temps à autres, mais je suis rarement satisfaite : beaucoup de conneries, de la mode improbable, des fringues et accessoires présentés qui coûtent la peau des fesses, un pousse-à-la-consommation qui me déplait, et puis des clichés partout. Les mannequins photographiées se ressemblent toutes, ont toutes 5 à 10 ans de moins que moi (là ça fait mal un peu) et sont retouchées, en plus d'être très stéréotypées. 
Bref, le livre de Natoo prend le contrepied de tout ça, nous faisant rire en mettant en scène ses potes du Golden Moustache/Studio Bagel et cie. J'ai vraiment rigolé, Natoo ne se prend pas au sérieux mais fait passer un vrai message. 

dimanche 10 mai 2015

Une année particulière, journal d'un mythomane, vol.2, de Nicolas Bedos

Quatrième de couv' : Cette année-là, Anne Sinclair, qui me fit sauter sur ses genoux, devint une héroïne de téléréalité et François Hollande, qui me fit sauter quelques PV, installa sa belle twitteuse à l’Élysée. Quant à l’ami Dujardin, il escalada l’Olympe hollywoodien. Maudit soit le chroniqueur vachard dont les proches se retrouvent soudain au cœur de l’actualité ! Mon délire mythomane virerait-il au déballage autofictif ?

« J’aime Nicolas Bedos parce qu’il est triste, drôle, méchant, ultrasensible, et qu’il a du style. »
Frédéric Beigbeder, Le Figaro Magazine 

Mon avis : Déçue. En fait, après avoir lu Guillon, dont j'aime énormément l'humour, celui de Bedos me laisse de marbre. Autant en vidéos chez Ruquier je le trouve performant et drôle (la faute à Ruquier qui se marre à toutes les phrases, au public qui applaudit pour un oui pour un non ?), en livre et en chronique dans Marianne, ça ne me fait pas particulièrement rire. Pourquoi l'avoir acheté alors ? Il y a 1 an et demi j'étais dans une phase Bedos, après avoir vu quelques vidéos, et lu le volume 1, et Noël approchait et la librairie se remplissait de livres "humour" alors j'ai craqué. J'ai quand même attendu longtemps avant de le lire, et je ne suis pas convaincue du tout. J'ai l'impression qu'à l'écrit ça passe moins bien qu'à l'oral, qu'à la télé, qu'en vidéo. Bref, je ne recommande pas.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

samedi 9 mai 2015

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson

Quatrième de couv' : Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l'adjoint au maire et de la presse locale ?
Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entraînant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée – presque par inadvertance – à un membre de gang. S'engage une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses surdiplômé et une éléphante prénommée Sonja...

Mon avis : Mille ans après tout le monde j'ai enfin mis le nez dans ce roman (en vrai j'ai 3 ans de retard il est sorti chez Pocket en 2012). J'ai été assez surprise, parce que je ne m'attendais pas à ça. Je pensais que ça allait être chiant comme la mort, mais pas du tout.

On alterne les époques : le présent où le vieux, Allan, s'est échappé de sa maison de retraite et va vivre une folle aventure au fil des rencontres, et le passé, où nous sont contés tous les exploits d'Allan au cours de sa vie. On traverse ainsi le XXè siècle et on parcourt le monde en suivant les aventures d'Allan. J'ai trouvé ça super, parce que toutes les situations dans lesquelles il tombe sont loufoques, amusantes, mais finalement crédibles. En fait, c'est même ça que j'ai préféré.
Pourtant au début, l'intrigue de la fuite et puis la poursuite par les malfrats du gang Never Again me plaisait bien, et puis au cours du roman, peut-être parce que je ne m'attachais pas aux autres personnages, peut-être parce que je les trouvais trop gentillets les uns envers les autres, je me suis mise à préférer les parties sur l'histoire personnelle d'Allan (qui donc, mêle la grande Histoire et sa vie).
Le style n'est pas trop désagréable, bien que parfois un peu lourd. En plus les noms suédois, j'y arrive pas... Mais bon comme l'histoire est sympa, la construction des chapitres aussi, et l'humour très présent, on va dire que ça ne nuit pas au roman.

En somme, un roman rocambolesque, divertissant, avec une (grosse) pointe d'Histoire, ce qui n'est pas pour me déplaire. Allan a mené une telle vie, c'est une façon totalement unique de voir le monde !

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mercredi 6 mai 2015

A little something different, by Sandy Hall

Quatrième de couv' : Lea and Gabe are in the same creative writing class. They get the same pop-culture references, order the same Chinese food and hang out in the same places. Unfortunately, Lea is a little aloof, Gabe is shy, and it looks like they are never going to work things out.

But something is happening between them, and everyone can see it. Their creative writing teacher pushes them together. The baristas at the local Starbucks watch their relationship like a TV series. The bus driver tells his wife about them. The waitress at the diner automatically seats them together.
Even the squirrel who lives on the college green believes Lea and Gabe were meant to be together.

You'll be rooting for Gabe and Lea too, in this irresistibly romantic, completely original novel !

Mon avis : Pour la faire courte, Gabe et Lea sont deux jeunes qui vont se retrouver dans le même cours d'écriture. Mais Lea est timide, Gabe encore plus, et bien que tout le monde autour d'eux se soit rendu compte de leur attirance réciproque, ils mettent un temps fou à se déclarer.

J'ai bien aimé, parce que c'est mignon. Mais ça n'a pas fait battre mon coeur outre mesure. Peut-être parce que je suis trop vieille et plus très romantique.

Je n'ai pas compris pourquoi ils étaient à l'université parce que clairement on dirait des lycéens. Franchement même dans Skins, les lycéens sont plus dégourdis !! Bref, ça m'a rappelé les années où on se tourne autour, sans oser aller vers l'autre. C'est un peu niais.

Lea n'a pas vraiment de "consistance" en tant que personnage, elle est douce, gentille, s'énerve un peu parfois, n'a pas de passé pesant. Tandis que Gabe est plus profond, un accident lui a laissé des séquelles qu'on découvre peu à peu. Il est très timide, a besoin de repères, se renferme vite sur lui-même. Il est plus intéressant qu'elle et je m'y suis plus attachée qu'à elle.

Ce qui est intéressant avec ce livre, c'est la construction : jamais nous ne connaîtrons le point de vue de Gabe ou de Lea, toute l'histoire nous est racontée par les gens qui gravitent autour d'eux : leur prof d'écriture, l'écureuil ou le banc du parc, leurs ami(e)s, la serveuse du dinner, une des barista du Starbuck. C'est sympa parce qu'on voit l'histoire de l'extérieur, les différents avis que les autres se font d'eux. Parfois c'est juste hilarant, le banc ou l'écureuil ont des réactions super drôles, on y croirait presque !

En plus il y a beaucoup de dialogues, on n'est pas dans la réflexion introspective, mais plus dans l'action et la parole.
Le livre se découpe en parties : mois par mois et à l'intérieur les "chapitres" sont courts : ce sont les points de vue des personnages qui ne dépassent pas 2 pages.
C'est une lecture qui se fait rapidement, et sans grande difficulté, le niveau d'anglais est accessible, bien que Google Traduction ne traduise pas tous les mots (j'imagine que l'argot ou le langage courant et "jeune" il ne connaît pas).

En conclusion c'est un ouvrage facile à lire en anglais, que je conseille aux plus jeunes qui voudraient lire en VO. D'autant plus qu'il s'agit d'une histoire d'amour un peu mielleuse sans beaucoup de rebondissements, mais qui fera battre le coeur de certaines.

dimanche 3 mai 2015

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

Quatrième de couv' prise ici : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui  : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Mon avis : J'ai tardé à lire ce livre parce que c'est une brique. Et puis finalement, c'est un page-turner, je l'ai lu en 3 jours.
Je ne dirais pas que c'est du bon polar (faut pas abuser, ça n'a rien du thriller). L'intrigue est intéressante, bien ficelée, mais j'avais l'impression de lire une parodie. Un peu comme "Mais qui a tué Pamela Rose ?" (je vous mets la bande-annonce, ça vous donnera une idée de l'ambiance)


Certains personnages, notamment la mère de Marcus est un cliché sur pattes, une vraie parodie de mère juive. Nola tire toutes ses répliques d'un roman à l'eau de rose (si, si, lisez-le vous verrez). Quant au sergent Gahalowood (imprononçable !) il a tout du flic américain bourru. Et l'éditeur, mon Dieu, un spectacle à lui tout seul !

Il y a beaucoup de rebondissements dans ce roman. Trop de suspects qu'on déclare coupables trop vite. A un moment j'ai trouvé qu'on s'éparpillait un peu trop dans cette galerie de personnages. Beaucoup trop de longueurs et de répétitions de scènes sous d'autres points de vue.

J'avais soupçonné une personne qui était proche du vrai coupable dès les 200 premières pages, puis j'ai douté, vu que l'auteur ne la mentionnait plus, et surtout Marcus Goldman soupçonnait trop de gens, dès qu'il trouvait un indice, paf, il estimait qu'il avait saisi le coupable, puis rebelotte 100 pages après avec un autre personnage. Pas très judicieux je trouve. Cependant la fin m'a plu, elle est bien écrite, bien amenée et justifie tous les soupçons.

J'ai même eu l'impression que l'auteur se servait de la trame de Pretty Little Liars pour embourber les lecteurs, comme le font les scénaristes de cette série. Comme dans la série, on retrouve le corps d'une fille enterrée au fond d'un jardin. Comme dans la série, on découvre que la jeune fille était particulière... (pour celles et ceux qui connaissent PLL, on ne niera pas qu'Alison est spéciale, hein !)
Comme dans la série, les flics sont inefficaces (en tout cas lors de l'enquête en 1975, mais on comprendra plus tard pourquoi). Ce roman trouve son inspiration dans beaucoup de choses contemporaines : livres, séries, films.

Pour ce qui est du style, Joël Dicker n'a pas un talent de dingue. Les phrases sont courtes, vocabulaire simple, des répétitions de phrases. Rien de transcendant. Au moins ça se lit facilement, et vite, puisque le suspense est quand même très présent tout au long de ce roman.

La construction du roman est spéciale, mais on ne s'y perd pas : parfois on lit le roman de Marcus Goldman, parfois ses notes, parfois ses enregistrements. On se trouve dans le présent du récit (en 2008) puis en 2002, ou en 1975. Heureusement les dates sont indiquées histoire de nous situer dans le temps. On va dire que la construction du roman est intéressante et correcte.

Bref je ne suis pas hyper convaincue par le style ni les clichés que sont certains personnages, mais l'histoire est prenante. Cependant ça ne vaut pas ses prix (le Grand Prix du roman de l'Académie française, ALLÔ !?). Je vous le conseille pour une lecture sympa, divertissante, qui vous coupe du quotidien, mais certainement pas si vous cherchez un style plus fin, plus recherché.