dimanche 14 décembre 2014

13 à Table !

Quatrième de couv' : 13 des plus grands auteurs français actuels pour 13 nouvelles autour d'un thème commun : un repas. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues... Du noir, de la tendresse, de l'humour, de l'absurde, à chacun sa recette.

13 repas à déguster sans modération, alors à table !

Mon avis : Comme beaucoup, j'ai fait ma bonne action en achetant ce recueil de nouvelles à 5€. (1 livre acheté = 3 repas distribués)
Je connaissais la moitié des auteurs, et les autres seulement de nom. Le thème des nouvelles était le repas.
Je vous résume brièvement ce que j'ai pensé de chaque nouvelle :

- Olympe et Tatan, de Françoise Bourdin : Je n'ai pas aimé. Tous les personnages sont égoïstes. On a l'impression que l'auteure avait la haine contre ses propres personnages pour en faire des personnes pleines de défauts, qui n'ont aucune reconnaissance les uns envers les autres. Ambiance...

- Maligne, de Maxime Chattam : Cette nouvelle est sûrement la plus originale. Elle est glauque à souhait, mais tellement étonnante ! J'ai adoré.

- Nulle, nullissime en cuisine !, d'Alexandra Lapierre : Celle-ci aussi contient une petite part d'originalité, mais la fin se confond en bons sentiments.

- Un petit morceau de pain, d'Agnès Ledig : Que de douceur s'émane de cette nouvelle ! C'est une jolie leçon de vie. La fin m'a paru niaise, mais le reste de l'histoire est racontée avec beaucoup de douceur.

- Mange le dessert d'abord, de Gilles Legardinier : Cette nouvelle n'est pas une fiction. Legardinier nous raconte 2 repas qui ont compté dans sa vie, et c'est plutôt émouvant. On rit un peu en imaginant une des scènes, mais on a conscience aussi du tragique.

- Une initiative, de Pierre Lemaître : On sort totalement du registre polar auquel Lemaître nous a habitués, pour nous raconter l'aventure que constitue la préparation d'un repas pour sa famille, vu par un vieux monsieur veuf. Même si on se dit qu'il en fait des caisses, finalement, pour certains, une invitation peut s'avérer être un calvaire !

- Dissemblance, de Marc Levy : Nulle trace de repas dans cette nouvelle... Cela dit, il s'agit d'un dialogue entre deux jeunes, l'un Palestinien et l'autre Israëlien. J'ai trouvé intéressant d'imaginer un tel dialogue, même si la fin ne m'a pas convaincue.

- Fantôme, de Guillaume Musso : Encore un qui n'a pas respecté les consignes ! On voit qui sont les mauvais élèves... Bref ! Cette nouvelle ne m'a pas plu du tout. Censé reprendre les codes du polar, elle est affreusement prévisible. Voire même grotesque.

- Jules et Jim, de Jean-Marie Périer : Encore une histoire de fantôme. J'ai survolé cette nouvelle qui m'a très peu parlé.

- Le parfait, de Tatiana de Rosnay : On retrouve la patte de l'auteure, un peu d'humour dans une nouvelle autour d'un repas de mariage. La chute était intéressante bien que prévisible.

- La part de Reine, d'Eric-Emmanuel Schmitt : Mon coup de coeur dans ce recueil ! Déjà parce qu'on reçoit une jolie leçon de vie. Ensuite parce que les personnages sont intéressants, ce ne sont pas des clichés. La bienveillance règne dans ce récit. Et ce chien, ce chien qui a plus d'humanité que certains hommes. C'était une très jolie nouvelle. Et ça m'a donné envie de découvrir l'auteur.

- Gabrielle, de Franck Thilliez : On est loin du thriller, bien qu'on fasse une petite incursion dans le fantastique. Les deux personnages passent leur vie près des grizzlis, ils les filment, les surveillent. La nourriture et la protection de la nature sont deux sujets au coeur de cette nouvelle. C'était intéressant à lire, même si ça ne reflète pas ce que l'auteur fait d'habitude.

- Langouste Blues, de Bernard Werber : Cette dernière nouvelle est la plus drôle ! On se place du point de vue d'une langouste, prénommée Bob, qui nous raconte ses petites histoires, sa petite vie. On peut se demander si on ne ferait pas mieux d'être végétarien/végétalien ?!

Dans l'ensemble c'est un ouvrage intéressant, les nouvelles sont parfois assez longues et nous transmettent la patte de l'auteur. En tout cas, pour ceux qui lisent assez peu, ça peut leur donner envie de découvrir certains auteurs.

Je vous redirige vers la page des éditions Pocket !

L'appartement témoin, de Tatiana de Rosnay

Quatrième de couv' : "C'est avec une grande joie que je vois revivre ce roman, mon tout premier, publié en 1992.
Je n'ai rien voulu changer. Il contient, déjà, toutes mes obsessions. Le secret des appartements, les blessures du passé, le poids du silence. Il est la genèse de Le voisin, de La mémoire des murs, de Elle s'appelait Sarah et de Boomerang. En lui, vous découvrirez ma passion pour Mozart et Venise.
Je suis très émue qu'il puisse à nouveau être entre vos mains."

Mon avis : ça faisait bien longtemps que ce livre était dans ma PAL, il était temps de le lire ! C'est le premier roman en français de l'auteure, et effectivement, on y trouve déjà les grands thèmes qui animent Tatiana de Rosnay.

Le personnage principal est un homme, la cinquantaine, qui emménage dans un appartement neuf, à Paris. Quelques temps après son emménagement, il va éprouver de puissantes visions. Il voit une femme à un piano, répétant inlassablement la même mélodie, et une petite fille aux yeux verts. Cette vision va lui apparaître plusieurs fois, il va se questionner et contre toute attente, essayer de croire à ce qu'il voit.
Il va se lancer à la poursuite de cette femme et de sa fille. Tout ceci va le mener à New York, puis dans la banlieue de Londres et enfin à Venise. Mais c'est surtout un voyage qui va lui permettre de se retrouver, lui.
Tatiana de Rosnay connaît bien son sujet : elle parle de Mozart et de Venise avec beaucoup de détails. On sent que ces parties sont très maîtrisées. D'ailleurs pour un premier roman, je trouve assez peu de défauts à ce livre. On est loin des clichés, sauf peut-être à New York avec les personnages issus de la mode qui sont à elles-seules des clichés sur pattes !
Ses thèmes favoris sont bien évidemment l'infidélité, la transmission via les murs/appartements/maisons, les relations humaines et tout ce qui n'est pas visible à l'oeil nu.
Il faut suivre, parfois le personnage, qui se perd dans ses propres désirs, dans sa petite folie.
Les alternances de points de vue ne m'ont pas semblé très utiles, je n'ai pas compris pourquoi on passait d'un point de vue interne à un point de vue externe, surtout si c'est pour faire parler le même personnage. Mais bon, c'est un détail.

Dans l'ensemble c'est une lecture agréable, une intrigue originale, mais surtout un joli voyage.
Certains n'ont pas tellement aimé la fin, moi je la trouve très juste, très logique. C'était un voyage "initiatique" qui l'a mené à se poser des questions. Et la réponse qu'il y trouve est peut-être banale, mais la vie, est faite de banalités.

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jeudi 11 décembre 2014

Puzzle, de Franck Thilliez

Quatrième de couv' : Accepteriez-vous de mourir... dans un jeu ?

Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom : Paranoïa.

Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1 : Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu.

Suivie, quelques heures plus tard, de la règle numéro 2 : L'un d'entre vous va mourir.

Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir.

Paranoïa peut alors réellement commencer...

Entre deux aventures scientifiques et policières de ses héros récurrents Franck Sharko et Lucie Henebelle, Franck Thilliez aime écrire des histoires qui nous emmènent de l'autre côté du miroir, en poussant toujours plus loin les limites de l'esprit humain. Et si ses personnages en viennent à douter de leur propre existence, soyez sûrs qu'il en sera de même pour vous.


Mon avis : J'ai adoré ! Mon frère m'avait mise en garde "ne lis pas ce livre avant d'aller te coucher", il n'avait pas tort. L'auteur nous emmène au coeur des Alpes, dans un hôpital psychiatrique désaffecté. Quoi de plus effrayant ?!
Tout commence avec 2 joueurs, Ilan et Chloé, qui adorent résoudre des énigmes. Depuis quelques années ils sont à la recherche d'indices pour un jeu nommé Paranoïa. Leurs efforts vont être récompensés puisqu'ils intègrent le jeu, à la suite d'épreuves on ne peut plus angoissantes. C'est ainsi qu'ils vont découvrir d'autres participants, au sein de cet hôpital psychiatrique...

On plonge totalement avec eux dans le jeu, on ne sait pas ce qui est la réalité. C'est un vrai "mindfucker" ce livre ! Un peu dans le genre d'Inception et d'Hunger Games (pour le côté jeu), vous allez vous creuser les méninges pour comprendre plus vite qu'Ilan ce qui se passe dans cet hôpital.

Les révélations à la fin sont géniales, terribles, dignes d'un grand auteur de thriller !
Personnellement, je pensais que les parents d'Ilan étaient maléfiques, que c'était eux qui dirigeaient le jeu, mais finalement, la version de l'auteur, me plait bien. C'était extrêmement bien trouvé et bien conçu.

Si vous voulez vous torturer le cerveau pour essayer de comprendre, alors ce livre est fait pour vous.

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mardi 9 décembre 2014

Black Sheep, de Susan Hill

Quatrième de couv' : Brother and sister, Ted and Rose Howker, grew up in Mount of Zeal, a mining village blackened by coal. They know nothing of the outside world, though both of them yearn for escape. For Rose this comes in the form of love, while Ted seizes the chance of a job away from the pit. But neither can truly break free and their decisions bring with them brutal consequences...

Mon avis : Je prends du retard dans mes chroniques ! ça fait 3 jours que j'ai lu ce livre. Premier livre lu en VO depuis 4 ans au moins !
J'ai choisi ce livre il y a quelques jours à la librairie. Comme je le disais ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu en VO donc je voulais commencer doucement. J'ai pris le livre le plus fin du coup ! Sans trop me poser de questions sur l'histoire...
Mon avis va plus porter sur mon ressenti de la lecture, plutôt que sur l'histoire en elle-même.
Mais quand même rapidement, l'histoire : C'est celle d'une famille, dans un village de mineurs en Angleterre, probablement à un autre siècle (genre 19è ou début 20è).

Ma façon de lire en anglais est différente de celle en français. Comme je l'ai déjà dit, quand je lis, je visualise toutes les scènes, j'essaie de créer les personnages dans ma tête, bref, je suis super attentive. En anglais c'est différent, j'ai plus de mal à visualiser les scènes parce que je ne comprenais pas certains verbes. (J'étais dans le train donc je n'avais pas de dictionnaire à portée de main). La difficulté venait aussi de l'histoire : ce genre d'histoire ne me branche pas trop... surtout sur la communauté des mineurs à cette époque... avec les mentalités un peu étriquées...
Des difficultés aussi parce qu'il y a quelques descriptions inutiles, quasiment rien concernant les sentiments des personnages principaux. Il y avait beaucoup de personnages au début, et je n'arrivais pas à comprendre leurs liens.

Etant donné que je n'ai pas tout saisi, le côté très déprimant du livre m'a à peine effleurée ! (c'est déjà ça...!). Bref, je ne le conseillerais pas pour débuter la lecture en VO, sauf si vous êtes intéressé(e) par l'histoire.

Les lieux sombres, de Gillian Flynn

Quatrième de couv' : Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans la ferme familiale. La petite fille, qui a échappé au massacre, désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de quinze ans.
Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby souffre de dépression chronique. Encouragée par une association, elle accepte de retourner pour la première fois sur les lieux du drame. Et c'est là, dans un Middle West dévasté par la crise économique, qu'une vérité inimaginable commence à émerger…
Après Sur ma peau, Gillian Flynn confirme avec ce livre, au style intense et viscéral, son immense talent.

Mon avis : Déçue ! Vous savez j'ai adoré Les Apparences, de cette auteure. Je m'attendais donc à un super thriller, du même acabit que Les Apparences. Mais pas du tout...
J'ai compris le dénouement trop vite. Je n'ai pas apprécié les personnages, même si on suit Libby Day aujourd'hui sur tout le long, qui se met à enquêter sur sa propre histoire.

L'auteure jongle avec le passé et le présent : il y a plein de flashbacks de la journée du 2 janvier 1985, veille du meurtre de toute la famille de Libby. On va ainsi connaître la version de Patty Day (la mère, assassinée) et de Ben Day (le fils et présumé meurtrier).
C'est un peu dur de lâcher le livre parce que chaque fin de chapitre annonce une révélation. Malheureusement il y a quelques ellipses narratives, ce que je n'aime pas vraiment.

Libby est quelqu'un qui n'a pas bien vieilli, le massacre de sa famille quand elle avait 7 ans, a fait d'elle une personne sauvage, cynique, voleuse, incapable de s'occuper des tâches quotidiennes. Pourquoi décide-t-elle de remuer le passé ? Par manque d'argent, tout simplement. Elle touche l'argent des assurances depuis toujours, elle a "co-écrit" un livre qui lui a fait gagner de l'argent quelques temps. Mais ses revenus s'amenuisent et c'est dans ce contexte particulier de précarité financière qu'elle décide d'accepter quelques missions ordonnées par une association qui la paiera pour discuter avec certaines personnes de son passé, ce qui permettra de faire l'éclairage sur cette histoire.

On plonge dans l'Amérique des années 80, avec la graaaande crainte du satanisme. (Pour les Américains, si un ado se teint les cheveux en noir, alors il est sataniste. Oulala!)
On voit aussi la pauvreté et l'endettement des agriculteurs, face à l'émergence de l'agriculture dans des pays en développement.
C'est un roman plutôt déprimant dans le sens où on est face à une société qui échappe au rêve américain. Ces gens de la terre, qui ont tout misé sur ça, sur la production, ne peuvent plus s'en sortir. Alors que fait-on quand rien ne va plus ?

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jeudi 4 décembre 2014

Sept histoires qui reviennent de loin, de Jean-Christophe Rufin

Quatrième de couv' : Sept histoires fortes, drôles, émouvantes.
Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.
Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice... qui apportent leurs couleurs et leurs parfums.
Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain.
Sept instants de vie.
Un même bonheur de lecture.

Mon avis : Je ne connaissais pas Jean-Christophe Rufin avant de travailler en librairie, je n'avais jamais rien lu de lui, mais les thèmes qu'il abordait dans ses livres ne me disaient rien. Alors j'ai pris la solution de facilité pour découvrir l'auteur, et j'ai emprunté ce recueil de nouvelles à la bibliothèque.
Et quel talent ! Ce sont 7 nouvelles, des petites histoires extrêmement bien construites, qui tiennent en haleine, avec des personnages qu'on découvre et auxquels on s'attache aussi (oui, oui, même si ce sont des personnages de nouvelles). Et pourtant ces histoires sont plutôt courtes, mais tellement riches ! On ne croule pas sous les détails, mais je pense que l'imagination joue aussi beaucoup pour nous donner cette impression de connaître les personnages.
L'auteur nous transporte à travers le monde, à travers des époques, à travers des caractères bien trempés.
Et les chutes sont parfaites. C'est un véritable talent que possède Rufin !

Je ne sais pas si j'aimerais lire un autre livre, un vrai roman, long, qui se passe dans d'autres pays.
J'ai un peu peur d'être déçue.
(Sinon, racontage de vie : Dans 3 des nouvelles, certains personnages ont le même prénom que l'ex. Je sais pas si ça vous arrive parfois, mais vous sortez avec quelqu'un et à partir de là, vous voyez son prénom dans tous les livres que vous lisez. Eh bien c'est ce qui m'arrive depuis presque 2 ans. C'est trop bizarre, hein ?!)

A part ça, je vous conseille vraiment ce livre si vous voulez découvrir Rufin. Moi en tout cas, j'ai été conquise.

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Les mains sales, de Jean Paul Sartre

Quatrième de couv' : « Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! À quoi cela servirait-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. »

Mon avis : C'est une pièce de théâtre que j'ai choisi de lire pour mon Time to Choose.
Comme c'est un livre de Sartre et que je ne comprends rien aux auteurs de son époque, j'appréhendais un peu.
J'ai eu du mal à comprendre le contexte, et un prof de littérature aurait été le bienvenu pour me l'expliquer.
Par contre j'ai bien aimé la remise en question de la vie : jouons-nous à être d'autres ? Sommes-nous authentiques, vrais dans nos attitudes ou jouons-nous différents rôles au quotidien ?
Autre questionnement de cette pièce : chaque parti politique correspond à une classe sociale mais que faire quand on vient d'un milieu intellectuel et qu'on veut s'engager dans un Parti dans lequel la plupart s'engage par nécessité ?
Bon je ne saurais pas faire mieux pour cette chronique. La pièce est intéressante mais j'aurais clairement besoin d'éclaircissements de la part d'un prof de littérature.

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lundi 1 décembre 2014

L'origine de la violence, de Fabrice Humbert

Quatrième de couv' : Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père le stupéfie et ne cesse de l’obséder.
Ce prisonnier, David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence… Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer…

Ce roman a obtenu le prix Orange en 2009.

Un roman haletant, au style clair, sec, dépouillé. Sans doute la grande révélation de l’année 2009. François Brunel, Le Journal du Dimanche.

Un puissant hommage à la mémoire des morts. Alexandre Fillon, Lire.

On reste abasourdi par ce torrent de violence souterraine qui peut couler sous les sourires et la bienséance. Un grand livre, vraiment. André Rollin, Le Canard enchaîné.

Mon avis : Ce livre traînait dans ma PAL depuis très longtemps. Au moins 4 ans je dirais. Et pourtant quand je l'ai acheté, le sujet m'intéressait beaucoup, et puis finalement je ne l'ai lu que maintenant.
Cela dit, j'ai bien fait de le garder car ce livre est vraiment un bon livre.
Tout d'abord l'histoire m'intéressait : un homme découvre lors d'un voyage à Buchenwald une photo d'un détenu qui ressemble à son père. Intrigué, il va enquêter (ça j'adore), puis découvrir qu'il s'agit en fait de son grand-père (je ne vous spoile rien). Le roman est en deux parties, la première est dédiée à cette recherche et aux révélations. La seconde est plus dans le présent, il va parler de sa vie à lui, de l'enseignement dans les banlieues, de sa violence, de ses grands-pères, de leurs vies, de leurs morts, de son amour pour une Allemande, petite-fille d'un nazi.
La deuxième partie m'a paru moins rythmée, au début j'ai eu peur de ne pas aimer celle-ci. Et finalement, l'auteur arrive à nous tenir en haleine sur certains sujets.
J'ai encore une fois appris plein de choses sur les camps de concentrations, sur les SS et leur barbarie qui relevait d'une grande absurdité, ou d'une grande folie. J'en ai appris un peu plus sur Ilse Koch, cette femme absolument horrible, bien que je ne sache pas si tout est vrai.
C'est un peu le seul problème de ce livre c'est qu'on ne sait jamais ce qui est vrai et ce qui est faux.

C'est une réelle quête d'identité, avec en toile de fond la Shoah, mais aussi la bourgeoisie française du milieu du XXè siècle.
Pour moi qui suis extrêmement curieuse de cette période de l'histoire, ça m'a beaucoup plu.

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