mercredi 19 novembre 2014

L'infini livre, de Noëlle Revaz

Quatrième de couv' : Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur.

Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s’apercevoir enfin que c’est de notre quotidien qu’il s’agit.

Roman à l'implacable logique, L'infini livre est porté par une profonde ironie.

Mon avis : J'ai bien aimé ce livre, qui est assez original. Il se distingue des autres livres de la rentrée littéraire, parce que c'est une sorte de dystopie. On entre dans un monde où le livre n'est plus lu : d'ailleurs il n'y a plus rien dans les livres si ce n'est des compilations de mots, de textes, des extraits tirés de banques de données d'expression ou encore du vide (oui oui des pages blanches). Les livres sont appréciés pour leur beauté, leur format, leur couleur, leur relief, etc. Mais certainement pas pour leur contenu !

J'ai eu un peu de mal à me plonger dans cet univers au début.
J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages, or, quand un auteur nous plonge dans un monde différent du nôtre on a besoin de repères, là, le repère ça devrait être les personnages, Jenna et Joanna. Mais malheureusement on ne sait rien d'elles. Rien de leur passé, rien de leurs envies, de leur joie. Juste quelques détails du style Joanna a trois enfants, Jenna n'en a pas mais colle des stickers représentant des enfants à ses fenêtres pour se donner l'illusion d'en avoir. Ces personnages sont à l'image de leur époque : creux et froids. Alors ce n'est pas simple de se plonger vraiment dans cet univers quelque peu différent du nôtre.
Certes, on retrouve des choses qui appartiennent à notre époque, qui sont poussées à l'extrême et qui sont angoissantes. La musique par exemple est une matrice. (honnêtement ça ne m'évoque rien du tout ce mot). D'ailleurs tout le passage sur la musique et Larsen Frol m'a clairement ennuyée.
Jenna et Joanna sont deux auteures de leur époque, souvent confondues. Elles vont finalement fusionner pour créer la couverture d'un livre (à leurs dépends) avec d'un côté la moitié du visage de Jenna et de l'autre la moitié du visage de Joanna.
Il existe aussi un parrainage longue-distance (on ne sait pas trop avec quelle partie du monde ou si c'est un monde d'une autre époque ?), qui va permettre à Joanna de se poser quelques questions et surtout de remettre en question son propre travail d'écrivain.

Je pense qu'il y a un tas de choses intéressantes dans ce livre, et certains en parleront mieux que moi. Mais apparemment, quelques lecteurs ont lâché le livre aux 3/4 du roman, je comprends tout à fait ce point de vue, la fin devient plus obscure, même si on retrouve un certain côté "aventure".

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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