dimanche 31 août 2014

Big Brother, de Lionel Shriver

Quatrième de couv' : Le grand retour de Lionel Shriver pour son meilleur livre depuis Il faut qu'on parle de Kevin. Où l'on retrouve tout son esprit de provocation et humour au vitriol, ainsi qu'une bonne dose d'émotion, pour parler de la famille, du mariage mais aussi et surtout, de l'obésité et du rapport complexe et quasi obsessionnel que nous entretenons avec la nourriture.

"Inspiré en partie par l'histoire de l'auteur et par le combat de son frère contre l'obésité, le sujet ne saurait être plus universel. Big Brother reflète une déconcertante lassitude face à l'abondance et expose la dure vérité : plus que manquer de quoi que ce soit, avoir à satiété est bien pire."
The New York Times Book Review

Mon avis : Que de temps ai-je mis pour lire ce livre ! Il est plutôt épais, assez haut, 435 pages et puis j'avais du mal à me plonger dedans au début.

Je vous raconte un peu l'histoire avant de passer à mon ressenti : Pandora est une femme qui réussit, elle a monté une entreprise originale : elle fabrique des marionnettes sur mesure pour se moquer gentiment des tics et expressions des uns et des autres. L'Amérique entière lui commande ces poupées ! Son entreprise prospère, mais modeste et un peu superstitieuse, Pandora n'y croit pas totalement et se dit qu'un jour ça va s'arrêter. Elle est mariée à Fletcher, un type qui a lâché son boulot pour vivre de sa passion : créer des meubles en bois, hyper chers et originaux. Malheureusement pour lui, ça ne prend pas. Cet homme est un vrai control freak : il ne mange pas d'aliments gras ni trop caloriques, il veut gérer la vie de ses enfants, Tanner et Cody, que Pandora a adoptés. Sans ses petits tracas, la vie de Pando est parfaite. Jusqu'à ce que son grand frère, Edison, musicien de jazz reconnu par ses pairs, débarque chez elle. Elle découvre alors un Edison totalement changé, si elle l'avait quitté 4 ans plus tôt, pesant 75 kilos, vantard, joueur de piano à toute heure du jour et de la nuit, il en pèse aujourd'hui 175... La surprise est de taille !
Edison s'installe chez Fletcher et Pando, bouleversant totalement la vie de la famille...

Ce roman est bien, les deux premiers chapitres (qui font les 3/4 du livre) sont bien écrits, sont intéressants, sont bourrés d'actions entrecoupées de quelques réflexions très intelligentes sur le rapport occidental à la nourriture.
MAIS, parce qu'il faut bien un mais, la fin est terrible. En la lisant je n'ai pas arrêté de me dire "mais non ! mais pourquoi elle écrit ça ? pourquoi ?" (pas de spoilers). Avec le recul on considère toute l'importante de cette fin, qui est diablement bien orchestrée, même si terriblement déplaisante. L'auteure se veut sadique envers ses lecteurs, mais surtout envers son personnage principal, Pandora. Et ça, c'est une fichue réussite !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur et par ailleurs je trouve que la sélection d'auteurs et de titres étrangers que fait Belfond est très souvent intéressante et les traductions sont plutôt bonnes. Quant à leurs couvertures, wouah ! Autant dire que Belfond (pour moi) fait désormais partie des maisons à suivre.

lundi 25 août 2014

Pétronille, d'Amélie Nothomb

Quatrième de couv' : "Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans"

Mon avis : Let's be honest, j'ai lu ce livre juste parce qu'il faut bien que je lise quelques livres de la rentrée littéraire, et comme c'est l'un des seuls dont on a eu plein d'exemplaires, je me suis permise de l'emprunter. D'autant plus que ça se lit en 1h.
L'an dernier j'avais détesté La Nostalgie Heureuse. Cette année, Amélie Nothomb a su me convaincre un peu plus avec cette histoire. La fin est lamentable, mais le reste du livre est intéressant, voire drôle.
Amélie, jeune romancière à l'époque, cherche un compagnon/une compagne de beuverie, surtout pour descendre des bouteilles de champagne, parce que bon, c'est un peu plus classe que de se descendre une bière. Elle tombe sur une jeune femme, dénommée Pétronille Fanto (vous pourrez chercher longtemps cette personne n'existe pas, en tout cas pas sous ce nom-là), avec qui elle va boire une quantité de champagne, dans divers endroits : une brasserie, en montagne, à Londres aussi je crois, au Ritz, etc. C'est un peu l'histoire d'une amitié entre ses deux femmes, qui sont différentes, de par leur classe sociale. Pétronille en a visiblement dans le pantalon, et je n'ai pas pu m'attacher à elle, tellement je déteste ce type de personne.
Comme ça on dirait que je n'ai pas aimé. C'est vrai je n'ai pas aimé parce que ça n'a rien d'extraordinaire, c'est du Nothomb tout craché, c'est presque prévisible, mais ça divertit durant 1h.

Je vous déconseille de voir l'interview de l'auteure sur le site rentree-littéraire.com d'Albin Michel puisqu'elle y raconte les mêmes choses que dans son livre.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 17 août 2014

La femme au carnet rouge, d'Antoine Laurain

Quatrième de couv' : Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Laurent le découvre le lendemain, abandonné dans la rue, tout près de sa librairie. S'il ne contient plus de papiers d'identité, il recèle encore une foule d'objets qui livrent autant d'indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum... Désireux de la retrouver, l'homme s'improvise détective. À mesure qu'il déchiffre le carnet rouge contenant les pensées secrètes de Laure, le jeu de piste se mue en une quête amoureuse qui va bouleverser leurs vies.
Orchestrant avec humour coïncidences et retournements de situation, Antoine Laurain signe une délicieuse comédie romantique qui rend hommage au besoin de merveilleux sommeillant en chacun de nous.

Mon avis : Ce livre est sorti en mars. Ça fait 5 mois qu'on la reçu à la librairie et je n'y avais pas vraiment prêté attention, vu que ma responsable l'avait lu. Ce qui implique qu'il faudrait que j'évite de le lire pour ne pas lire les mêmes choses qu'elle. Bon. Mais l'autre jour j'ai lu le résumé et je l'ai trouvé vachement intrigant. J'ai vu que ce roman était court, avec des marges immenses, bref, en deux-trois heures c'était lu. Et même si ce n'est pas un coup de coeur, c'est un joli roman, pas déprimant pour un sou, comme on le voit souvent dans la littérature française (pourquoi les auteurs français basent-ils tous leurs histoires sur la souffrance humaine ?).
On suit avec avidité le parcours de Laurent pour retrouver la femme dont il a découvert le sac au détour de sa balade matinale. Tous les personnages sont attachants et j'aurais adoré en savoir plus sur eux, parce qu'avec ses 235 pages on effleure juste leurs carapaces.
C'est un joli roman, avec des passages qui m'ont fait penser à Amélie Poulain. Forcément un sac dont on vide le contenu pour retrouver sa propriétaire, ça ne vous fait pas penser à Amélie Poulain avec la boîte en fer ? Avec les albums photos ?
Et puis cette façon d'écrire la fin du roman, en revoyant tous les personnages, c'est exactement le genre de bonheur à la Amélie Poulain.
Voilà, c'est un livre qui mérite d'être lu, parce qu'il est positif.

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vendredi 15 août 2014

Le plus petit baiser jamais recensé, de Mathias Malzieu

Quatrième de couv' : Un inventeur dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui « fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de coeur ». Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?

Un vrai faux polar romantique, regorgeant de gourmandise explosive. Comme si Amélie Poulain dansait le rock'n'roll et croisait le Petit Prince avec un verre de whisky.

« Revoilà Mathias Malzieu avec une de ces fables poétiques dont il a le secret, rafraîchissantissime. » Patrick Williams - Elle

Mon avis : Magnifique.
Quand j'écoutais les booktubeuses dirent que c'était ultra poétique, j'y croyais pas, je me disais que je n'adhérerai pas au style. Et là encore, le résumé me laissait perplexe.
Et finalement, j'ai été prise dans l'histoire super rapidement et facilement, on a l'impression de vivre dans un monde un peu magique, un monde comme celui de Boris Vian dans L'écume des Jours. Et sachant que ce livre avait été un gros coup de coeur quand je l'avais lu, bah finalement Le plus petit baiser jamais recensé m'a bien plu !
J'avais deviné qui était Sobralia mais je pense que c'est fait exprès ? Que le lecteur sache de qui il s'agit presque dès le départ ? Pour nous montrer que le héros est aveuglé par l'amour, non ?
Bref, hormis ce détail, j'ai trouvé ça beau, plein de justesse, d'une grande tendresse, d'une vraie réalité quant aux histoires d'amour qui font mal, à l'indécision, aux doutes. Bref, c'est beau, il y a des passages pétillants, c'est terriblement bien écrit et je vais le relire plusieurs fois parce que toutes les phrases résonnent quelque part en moi.

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Journal de la chute, de Michel Laub

Quatrième de couv' : Journal de la chute revisite jusqu’à l’obsession trois catastrophes – trois chutes – qui traversent la quête d’identité du narrateur, un jeune quadra brésilien mal dans sa peau.
Celle du grand-père suicidaire, d’abord, survivant d’Auschwitz exilé au Brésil qui taira jusque dans le secret de son journal l’atrocité des camps. Celle de João ensuite, un jeune goy victime jusqu’au drame des brimades constantes de ses camarades d’une école juive de Porto Alegre à laquelle est inscrit le narrateur. Et enfin la plongée dans l’alcool et la dépression de l’auteur fictif de ce terrible journal intime. Avec une violence et une force incroyables, ce « je » fouille les éléments clés de son passé, les interroge à travers les faits, le temps, les générations, les triture sans relâche jusqu’à ce qu’ils livrent leur secret et lui permettent, peut-être, d’enfin reprendre pied.
Époustouflant de précision littéraire, de minimalisme et de puissance émotionnelle, ce bouleversant roman de Michel Laub interroge nos destins et notre histoire jusqu’au vertige.

Mon avis : Le résumé est exact (ce qui est rare). On suit un homme qui revient sur son passé, celui de son père et de son grand-père. Ce passé l'a forgé, l'a construit. Notre façon d'être ne vient pas de nulle part, elle est dictée par les blessures du passé, et pas seulement le nôtre, celui aussi de nos ancêtres, c'est ce qu'on apprend dans ce livre.
Ce n'est pas un roman long, mais il épuise. Les chapitres sont divisés en notes numérotées. On passe un peu d'une époque à une autre, mais on s'y retrouve toujours. Cela dit, il est épuisant parce que l'auteur fait des phrases longues, incroyablement longues.
Ça risque d'être difficile à conseiller, mais c'est un récit original, qui parle d'un sujet qui nous concerne tous, l'inviabilité de l'expérience humaine. Quels choix se proposent à nous et lesquels faisons-nous en fonction de notre expérience ? Bref, un livre qui fait réfléchir.

C'est un livre qui sortira le 4 septembre aux éditions Buchet Chastel.
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lundi 11 août 2014

Un étranger dans la maison, de Patricia MacDonald

Quatrième de couv' : Paul, quatre ans, est enlevé près de New York. Onze années plus tard, le garçon est retrouvé et rendu à ses parents.
Mais le ravisseur court toujours. Que s'est-il passé entre-temps et quels sont ces malaises qui assaillent Paul et le laissent chaque fois au bord de l'épuisement ?
Pourquoi l'nagoisse ressurgit-elle avec tant de violence ?
Un grand thriller original dans lequel l'énigme de l'enlèvement ne se pose vraiment que lorsque l'enfant réapparait.
Un classique du genre où la psychologie des personnages est décrite avec finesse et talent.

Mon avis : Nul. Ce roman aurait pu être hyper bien exploité, mais tout est trop simple, on voit venir les dénouements à des kilomètres, on sait trop rapidement qui est "le méchant" (un sacré sociopathe d'ailleurs), en une phrase on devine que Madame est en fait lesbienne, bref, c'est TROP simple.
Apparemment c'est le deuxième livre de l'auteure, écrit en 1985, alors ça joue peut-être... Moi j'ai l'habitude de lire des polars français, contemporains, dont les intrigues sont tordues, où on a l'impression de démêler avec difficulté les révélations.
Et là, ce livre, c'est loin d'être ça. Ce n'est même pas palpitant...
Le résumé me plaisait bien et je pensais qu'il y avait un bon truc à en faire, une histoire psychologique tordue, un truc dur. Mais pas du tout. C'est donc une grosse déception.

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dimanche 10 août 2014

Le plus bel endroit du monde est ici, de Francesc Miralles & Care Santos

Quatrième de couv' : Iris a 36 ans et des idées noires plein la tête : ses parents viennent de disparaître dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d'un café auquel elle n'avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. L'intérieur est plus intrigant encore, comme sorti d'un rêve. Tout y semble magique, à commencer par Luca, bel Italien porteur d'une promesse : le bonheur.

« Un roman qui sent le chocolat chaud et se lit comme un conte philosophique. » L'Est-éclair

« Magique ! Un petit livre de pensées positives et de poésie. Un vrai roman pour se faire du bien. » Metro (Belgique)

Mon avis : Surprise. Quand ce livre est arrivé à la librairie je n'y ai pas prêté attention, et puis dans une ou deux vidéos je l'ai vu. Hier j'avais envie de me faire plaisir, alors j'ai acheté 9 livres, dont celui-ci. Je dois bien dire que le résumé y est pour quelque chose. On peut se reconnaître en Iris, qui a du mal avec sa propre vie. Bien sûr, il faut se laisser emporter par ce roman, par la magie qui s'en dégage, mais aussi par les leçons qu'on en tire. C'est un peu comme un livre de développement personnel qui s'adresserait à vous, en vous racontant l'histoire de quelqu'un. En l'occurrence, l'histoire d'Iris. On suit son cheminement pour aller mieux, pour mener à bien ses envies.
Je ne me suis pas attachée à Iris, je l'ai trouvée bien seule, bien timide même si elle gagne en assurance au long du livre, et elle n'a pas tellement de qualités, ou en tout cas elles ne sont pas mises en avant dans ce livre.
Ce qui m'a un peu dérangée ce sont les rencontres qu'elle fait : Angela devient son amie en 2 secondes... Olivier réapparait dans sa vie 20 ans plus tard et il tombe amoureux d'elle comme si il l'avait toujours connue et aimée. C'est une lecture un peu en demi-teinte. Certains aspects m'ont plu, mais d'autres ne m'ont pas semblé réalistes et malgré toute notre bonne volonté pour changer, ce genre de choses n'arrivent pas comme c'est écrit dans le livre.

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dimanche 3 août 2014

Ainsi naissent les fantômes, de Lisa Tuttle

Quatrième de couv' : Une petite fille séquestrée par un pervers parvient à lui échapper, mais personne ne la croit. Pour enfin parvenir à écrire, une femme s'aménage un bureau dans une pièce qui n'existe pas. Une génération entière d'enfants est dans l'incapacité d'apprendre à parler. Un homme féru d'alchimie fait un bébé d'un genre particulier à sa maîtresse. Une gravure mystérieuse semble surgie de nulle part. Sans trop savoir pourquoi, une étrange jeune femme, obnubilée par les dragons, refuse de se rendre en Angleterre. Une dame de quatre-vingt-seize ans se meurt paisiblement sur un lit d'hôpital à Houston, en pensant à son bon ami, le vieux M. Boudreaux.

Mélanie Fazi, qui n'a jamais caché l'influence qu'a eue Lisa Tuttle sur ses propres écrits, nous fait découvrir l'un des écrivains majeurs du fantastique contemporain en nous présentant, dans Ainsi naissent les fantômes, sept de ses textes parmi les plus puissants. Ce recueil a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire en 2012.

Mon avis : Franchement, je ne sais pas pourquoi j'ai été attirée par ce livre. Parce que d'une, il est publié chez Folio SF (et je n'en lis jamais), et de deux, je n'avais jamais entendu parler de cette auteure.

... Mais ce livre m'a énormément plu !
Surprenant, non ? Déjà c'est un recueil de nouvelles, certaines sont courtes, d'autres plus longues, mais surtout elles sont hyper bien travaillées ! Elles sont pleines de significations, ont des rapports avec des contes ou des mythes (et vu que je ne suis pas méga calée, je ne vous ferai pas un cours dessus !).
Après avoir lu les deux premières nouvelles je me suis dit "mais c'est pas possible c'est complètement dingue ce livre", ça me plaisait moyen. Mais je n'ai pas lâché le livre et j'ai dévoré les nouvelles qui suivent.

La première, "Rêves Captifs" fait franchement flipper. C'est un texte sombre, effrayant. Il nous fait douter de la capacité de notre cerveau à lire la réalité. Après une nouvelle pareille, on peut clairement se poser des questions sur le vrai, sur la réalité de la vie qu'on mène, sur les facultés de notre cerveau, sur la perception que l'on a de notre vie, de notre environnement.

"L'heure en plus" est étrange. Une mère de famille aimerait avoir une heure en plus par jour pour parvenir à écrire son roman. Et c'est ce qui va lui arriver. En ouvrant une porte elle va tomber dans une sorte de galaxie où le temps n'a pas la même emprise que dans notre monde. Si au début on voit d'un oeil banal ces heures en plus qui lui sont offertes, bien vite, on se rend compte qu'elle tombe dans la folie...

"Le remède", c'est peut-être la nouvelle que j'ai lu avec le moins d'intérêt. Et je n'ai pas bien suivi cette histoire de remède qui empêche de parler. J'en ai compris, seulement, que le virus était la parole, le langage et que grâce à ce remède, on devenait muet. Trop étrange pour moi tout ça.

"Ma pathologie" est une histoire complexe, entre un alchimiste et une femme, amoureuse de lui. Elle va porter son enfant, mais attention ! très vite on tombe dans l'horreur... Il y a des éléments fantastiques caractéristiques de l'horreur... mais le plus effrayant c'est surtout ce que les humains sont capables de faire par amour.

"Mezzo-tinto" est une nouvelle courte, qui m'a fait penser à Barbe Bleue. Une version moderne de Barbe Bleue. Une jeune femme découvre une gravure dans le bureau de son compagnon et ne se rappelle pas de l'y avoir déjà vue. Or, elle vit là depuis 6 mois. En parlant avec lui de son passé, elle découvre qu'elle ne connaît rien de lui. Ou qu'il lui ment... L'angoisse commence à nous prendre et ne nous lâche plus, jusqu'à la scène finale.

"La fiancée du dragon" est la plus longue nouvelle de ce recueil, elle figure d'ailleurs dans une anthologie dirigée par George R.R. Martin. Vous voyez venir le truc ? Oui, un dragon, encore. Mais attention, pas n'importe lequel... Et c'est ce qu'on découvre à la toute fin. Je ne vous en dis pas plus !

"Le vieux M. Boudreaux" est la dernière nouvelle et... on plonge au coeur du bayou, à Houston où la narratrice doit retrouver sa mère, pour ses derniers instants. Sur son lit de mort, elle lui demande de s'occuper de M. Boudreaux. Pensant qu'il était mort depuis des lustres, elle va néanmoins découvrir la caractéristique, un peu dingue de ce vieux monsieur.

En bref, c'est un recueil qui amène bien le fantastique, on est toujours à la limite du réel, et puis, paf ! un élément fantastique vient tout renverser. L'auteure se livre sur ses peurs, ses angoisses, on sent qu'il y a dans ces textes, beaucoup d'elle-même.
J'apparenterais cette auteure à Edgar Allan Poe (même si je n'ai jamais été jusqu'au bout de ses Histoires Extraordinaires).
C'est un bon début pour découvrir ce genre.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Les morsures de l'ombre, de Karine Giebel

Quatrième de couv' : Elle est belle, attirante, disponible. Il n'a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre. A présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement. Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n'est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince...

Prix SNCF du polar français, 
Prix Intramuros
Prix du Festival International du Roman Noir

Mon avis : J'ai ADORE ! Vraiment, la fin est inattendue !
Le début me paraissait long, mais l'histoire va crescendo et la fin... Mon Dieu, la fin est géniale ! On sent la précipitation au fil des dernières pages, l'angoisse qu'on ressent est aussi forte que celle des policiers qui recherchent toujours leur collègue disparu. Bref, ce thriller est une réussite !
Je ne me suis pas trop attachée aux personnages (mais c'est plutôt rare que je le fasse, sauf cas exceptionnel (et surprenant) avec le commandant Servaz, personnage des romans de Minier) parce qu'on décèle chez chacun d'eux quelque chose de sombre, on se met à soupçonner tous les policiers de la brigade, tous les personnages de ce roman, et c'est ça qui est bon, ça veut dire que Karine Giebel réussit à nous emmener là où elle veut, pour au final, nous retourner le cerveau avec une chute superbe !
Si il n'y avait qu'un livre à lire de cette auteure, c'est celui-ci que je vous conseillerai, mais comme la dame est très douée pour ce genre, difficile de ne pas vous parler aussi de Maîtres du Jeu que j'ai chroniqué il y a un petit moment déjà.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur.