dimanche 14 décembre 2014

13 à Table !

Quatrième de couv' : 13 des plus grands auteurs français actuels pour 13 nouvelles autour d'un thème commun : un repas. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues... Du noir, de la tendresse, de l'humour, de l'absurde, à chacun sa recette.

13 repas à déguster sans modération, alors à table !

Mon avis : Comme beaucoup, j'ai fait ma bonne action en achetant ce recueil de nouvelles à 5€. (1 livre acheté = 3 repas distribués)
Je connaissais la moitié des auteurs, et les autres seulement de nom. Le thème des nouvelles était le repas.
Je vous résume brièvement ce que j'ai pensé de chaque nouvelle :

- Olympe et Tatan, de Françoise Bourdin : Je n'ai pas aimé. Tous les personnages sont égoïstes. On a l'impression que l'auteure avait la haine contre ses propres personnages pour en faire des personnes pleines de défauts, qui n'ont aucune reconnaissance les uns envers les autres. Ambiance...

- Maligne, de Maxime Chattam : Cette nouvelle est sûrement la plus originale. Elle est glauque à souhait, mais tellement étonnante ! J'ai adoré.

- Nulle, nullissime en cuisine !, d'Alexandra Lapierre : Celle-ci aussi contient une petite part d'originalité, mais la fin se confond en bons sentiments.

- Un petit morceau de pain, d'Agnès Ledig : Que de douceur s'émane de cette nouvelle ! C'est une jolie leçon de vie. La fin m'a paru niaise, mais le reste de l'histoire est racontée avec beaucoup de douceur.

- Mange le dessert d'abord, de Gilles Legardinier : Cette nouvelle n'est pas une fiction. Legardinier nous raconte 2 repas qui ont compté dans sa vie, et c'est plutôt émouvant. On rit un peu en imaginant une des scènes, mais on a conscience aussi du tragique.

- Une initiative, de Pierre Lemaître : On sort totalement du registre polar auquel Lemaître nous a habitués, pour nous raconter l'aventure que constitue la préparation d'un repas pour sa famille, vu par un vieux monsieur veuf. Même si on se dit qu'il en fait des caisses, finalement, pour certains, une invitation peut s'avérer être un calvaire !

- Dissemblance, de Marc Levy : Nulle trace de repas dans cette nouvelle... Cela dit, il s'agit d'un dialogue entre deux jeunes, l'un Palestinien et l'autre Israëlien. J'ai trouvé intéressant d'imaginer un tel dialogue, même si la fin ne m'a pas convaincue.

- Fantôme, de Guillaume Musso : Encore un qui n'a pas respecté les consignes ! On voit qui sont les mauvais élèves... Bref ! Cette nouvelle ne m'a pas plu du tout. Censé reprendre les codes du polar, elle est affreusement prévisible. Voire même grotesque.

- Jules et Jim, de Jean-Marie Périer : Encore une histoire de fantôme. J'ai survolé cette nouvelle qui m'a très peu parlé.

- Le parfait, de Tatiana de Rosnay : On retrouve la patte de l'auteure, un peu d'humour dans une nouvelle autour d'un repas de mariage. La chute était intéressante bien que prévisible.

- La part de Reine, d'Eric-Emmanuel Schmitt : Mon coup de coeur dans ce recueil ! Déjà parce qu'on reçoit une jolie leçon de vie. Ensuite parce que les personnages sont intéressants, ce ne sont pas des clichés. La bienveillance règne dans ce récit. Et ce chien, ce chien qui a plus d'humanité que certains hommes. C'était une très jolie nouvelle. Et ça m'a donné envie de découvrir l'auteur.

- Gabrielle, de Franck Thilliez : On est loin du thriller, bien qu'on fasse une petite incursion dans le fantastique. Les deux personnages passent leur vie près des grizzlis, ils les filment, les surveillent. La nourriture et la protection de la nature sont deux sujets au coeur de cette nouvelle. C'était intéressant à lire, même si ça ne reflète pas ce que l'auteur fait d'habitude.

- Langouste Blues, de Bernard Werber : Cette dernière nouvelle est la plus drôle ! On se place du point de vue d'une langouste, prénommée Bob, qui nous raconte ses petites histoires, sa petite vie. On peut se demander si on ne ferait pas mieux d'être végétarien/végétalien ?!

Dans l'ensemble c'est un ouvrage intéressant, les nouvelles sont parfois assez longues et nous transmettent la patte de l'auteur. En tout cas, pour ceux qui lisent assez peu, ça peut leur donner envie de découvrir certains auteurs.

Je vous redirige vers la page des éditions Pocket !

L'appartement témoin, de Tatiana de Rosnay

Quatrième de couv' : "C'est avec une grande joie que je vois revivre ce roman, mon tout premier, publié en 1992.
Je n'ai rien voulu changer. Il contient, déjà, toutes mes obsessions. Le secret des appartements, les blessures du passé, le poids du silence. Il est la genèse de Le voisin, de La mémoire des murs, de Elle s'appelait Sarah et de Boomerang. En lui, vous découvrirez ma passion pour Mozart et Venise.
Je suis très émue qu'il puisse à nouveau être entre vos mains."

Mon avis : ça faisait bien longtemps que ce livre était dans ma PAL, il était temps de le lire ! C'est le premier roman en français de l'auteure, et effectivement, on y trouve déjà les grands thèmes qui animent Tatiana de Rosnay.

Le personnage principal est un homme, la cinquantaine, qui emménage dans un appartement neuf, à Paris. Quelques temps après son emménagement, il va éprouver de puissantes visions. Il voit une femme à un piano, répétant inlassablement la même mélodie, et une petite fille aux yeux verts. Cette vision va lui apparaître plusieurs fois, il va se questionner et contre toute attente, essayer de croire à ce qu'il voit.
Il va se lancer à la poursuite de cette femme et de sa fille. Tout ceci va le mener à New York, puis dans la banlieue de Londres et enfin à Venise. Mais c'est surtout un voyage qui va lui permettre de se retrouver, lui.
Tatiana de Rosnay connaît bien son sujet : elle parle de Mozart et de Venise avec beaucoup de détails. On sent que ces parties sont très maîtrisées. D'ailleurs pour un premier roman, je trouve assez peu de défauts à ce livre. On est loin des clichés, sauf peut-être à New York avec les personnages issus de la mode qui sont à elles-seules des clichés sur pattes !
Ses thèmes favoris sont bien évidemment l'infidélité, la transmission via les murs/appartements/maisons, les relations humaines et tout ce qui n'est pas visible à l'oeil nu.
Il faut suivre, parfois le personnage, qui se perd dans ses propres désirs, dans sa petite folie.
Les alternances de points de vue ne m'ont pas semblé très utiles, je n'ai pas compris pourquoi on passait d'un point de vue interne à un point de vue externe, surtout si c'est pour faire parler le même personnage. Mais bon, c'est un détail.

Dans l'ensemble c'est une lecture agréable, une intrigue originale, mais surtout un joli voyage.
Certains n'ont pas tellement aimé la fin, moi je la trouve très juste, très logique. C'était un voyage "initiatique" qui l'a mené à se poser des questions. Et la réponse qu'il y trouve est peut-être banale, mais la vie, est faite de banalités.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 11 décembre 2014

Puzzle, de Franck Thilliez

Quatrième de couv' : Accepteriez-vous de mourir... dans un jeu ?

Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom : Paranoïa.

Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1 : Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu.

Suivie, quelques heures plus tard, de la règle numéro 2 : L'un d'entre vous va mourir.

Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir.

Paranoïa peut alors réellement commencer...

Entre deux aventures scientifiques et policières de ses héros récurrents Franck Sharko et Lucie Henebelle, Franck Thilliez aime écrire des histoires qui nous emmènent de l'autre côté du miroir, en poussant toujours plus loin les limites de l'esprit humain. Et si ses personnages en viennent à douter de leur propre existence, soyez sûrs qu'il en sera de même pour vous.


Mon avis : J'ai adoré ! Mon frère m'avait mise en garde "ne lis pas ce livre avant d'aller te coucher", il n'avait pas tort. L'auteur nous emmène au coeur des Alpes, dans un hôpital psychiatrique désaffecté. Quoi de plus effrayant ?!
Tout commence avec 2 joueurs, Ilan et Chloé, qui adorent résoudre des énigmes. Depuis quelques années ils sont à la recherche d'indices pour un jeu nommé Paranoïa. Leurs efforts vont être récompensés puisqu'ils intègrent le jeu, à la suite d'épreuves on ne peut plus angoissantes. C'est ainsi qu'ils vont découvrir d'autres participants, au sein de cet hôpital psychiatrique...

On plonge totalement avec eux dans le jeu, on ne sait pas ce qui est la réalité. C'est un vrai "mindfucker" ce livre ! Un peu dans le genre d'Inception et d'Hunger Games (pour le côté jeu), vous allez vous creuser les méninges pour comprendre plus vite qu'Ilan ce qui se passe dans cet hôpital.

Les révélations à la fin sont géniales, terribles, dignes d'un grand auteur de thriller !
Personnellement, je pensais que les parents d'Ilan étaient maléfiques, que c'était eux qui dirigeaient le jeu, mais finalement, la version de l'auteur, me plait bien. C'était extrêmement bien trouvé et bien conçu.

Si vous voulez vous torturer le cerveau pour essayer de comprendre, alors ce livre est fait pour vous.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 9 décembre 2014

Black Sheep, de Susan Hill

Quatrième de couv' : Brother and sister, Ted and Rose Howker, grew up in Mount of Zeal, a mining village blackened by coal. They know nothing of the outside world, though both of them yearn for escape. For Rose this comes in the form of love, while Ted seizes the chance of a job away from the pit. But neither can truly break free and their decisions bring with them brutal consequences...

Mon avis : Je prends du retard dans mes chroniques ! ça fait 3 jours que j'ai lu ce livre. Premier livre lu en VO depuis 4 ans au moins !
J'ai choisi ce livre il y a quelques jours à la librairie. Comme je le disais ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu en VO donc je voulais commencer doucement. J'ai pris le livre le plus fin du coup ! Sans trop me poser de questions sur l'histoire...
Mon avis va plus porter sur mon ressenti de la lecture, plutôt que sur l'histoire en elle-même.
Mais quand même rapidement, l'histoire : C'est celle d'une famille, dans un village de mineurs en Angleterre, probablement à un autre siècle (genre 19è ou début 20è).

Ma façon de lire en anglais est différente de celle en français. Comme je l'ai déjà dit, quand je lis, je visualise toutes les scènes, j'essaie de créer les personnages dans ma tête, bref, je suis super attentive. En anglais c'est différent, j'ai plus de mal à visualiser les scènes parce que je ne comprenais pas certains verbes. (J'étais dans le train donc je n'avais pas de dictionnaire à portée de main). La difficulté venait aussi de l'histoire : ce genre d'histoire ne me branche pas trop... surtout sur la communauté des mineurs à cette époque... avec les mentalités un peu étriquées...
Des difficultés aussi parce qu'il y a quelques descriptions inutiles, quasiment rien concernant les sentiments des personnages principaux. Il y avait beaucoup de personnages au début, et je n'arrivais pas à comprendre leurs liens.

Etant donné que je n'ai pas tout saisi, le côté très déprimant du livre m'a à peine effleurée ! (c'est déjà ça...!). Bref, je ne le conseillerais pas pour débuter la lecture en VO, sauf si vous êtes intéressé(e) par l'histoire.

Les lieux sombres, de Gillian Flynn

Quatrième de couv' : Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans la ferme familiale. La petite fille, qui a échappé au massacre, désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de quinze ans.
Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby souffre de dépression chronique. Encouragée par une association, elle accepte de retourner pour la première fois sur les lieux du drame. Et c'est là, dans un Middle West dévasté par la crise économique, qu'une vérité inimaginable commence à émerger…
Après Sur ma peau, Gillian Flynn confirme avec ce livre, au style intense et viscéral, son immense talent.

Mon avis : Déçue ! Vous savez j'ai adoré Les Apparences, de cette auteure. Je m'attendais donc à un super thriller, du même acabit que Les Apparences. Mais pas du tout...
J'ai compris le dénouement trop vite. Je n'ai pas apprécié les personnages, même si on suit Libby Day aujourd'hui sur tout le long, qui se met à enquêter sur sa propre histoire.

L'auteure jongle avec le passé et le présent : il y a plein de flashbacks de la journée du 2 janvier 1985, veille du meurtre de toute la famille de Libby. On va ainsi connaître la version de Patty Day (la mère, assassinée) et de Ben Day (le fils et présumé meurtrier).
C'est un peu dur de lâcher le livre parce que chaque fin de chapitre annonce une révélation. Malheureusement il y a quelques ellipses narratives, ce que je n'aime pas vraiment.

Libby est quelqu'un qui n'a pas bien vieilli, le massacre de sa famille quand elle avait 7 ans, a fait d'elle une personne sauvage, cynique, voleuse, incapable de s'occuper des tâches quotidiennes. Pourquoi décide-t-elle de remuer le passé ? Par manque d'argent, tout simplement. Elle touche l'argent des assurances depuis toujours, elle a "co-écrit" un livre qui lui a fait gagner de l'argent quelques temps. Mais ses revenus s'amenuisent et c'est dans ce contexte particulier de précarité financière qu'elle décide d'accepter quelques missions ordonnées par une association qui la paiera pour discuter avec certaines personnes de son passé, ce qui permettra de faire l'éclairage sur cette histoire.

On plonge dans l'Amérique des années 80, avec la graaaande crainte du satanisme. (Pour les Américains, si un ado se teint les cheveux en noir, alors il est sataniste. Oulala!)
On voit aussi la pauvreté et l'endettement des agriculteurs, face à l'émergence de l'agriculture dans des pays en développement.
C'est un roman plutôt déprimant dans le sens où on est face à une société qui échappe au rêve américain. Ces gens de la terre, qui ont tout misé sur ça, sur la production, ne peuvent plus s'en sortir. Alors que fait-on quand rien ne va plus ?

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 4 décembre 2014

Sept histoires qui reviennent de loin, de Jean-Christophe Rufin

Quatrième de couv' : Sept histoires fortes, drôles, émouvantes.
Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.
Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice... qui apportent leurs couleurs et leurs parfums.
Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain.
Sept instants de vie.
Un même bonheur de lecture.

Mon avis : Je ne connaissais pas Jean-Christophe Rufin avant de travailler en librairie, je n'avais jamais rien lu de lui, mais les thèmes qu'il abordait dans ses livres ne me disaient rien. Alors j'ai pris la solution de facilité pour découvrir l'auteur, et j'ai emprunté ce recueil de nouvelles à la bibliothèque.
Et quel talent ! Ce sont 7 nouvelles, des petites histoires extrêmement bien construites, qui tiennent en haleine, avec des personnages qu'on découvre et auxquels on s'attache aussi (oui, oui, même si ce sont des personnages de nouvelles). Et pourtant ces histoires sont plutôt courtes, mais tellement riches ! On ne croule pas sous les détails, mais je pense que l'imagination joue aussi beaucoup pour nous donner cette impression de connaître les personnages.
L'auteur nous transporte à travers le monde, à travers des époques, à travers des caractères bien trempés.
Et les chutes sont parfaites. C'est un véritable talent que possède Rufin !

Je ne sais pas si j'aimerais lire un autre livre, un vrai roman, long, qui se passe dans d'autres pays.
J'ai un peu peur d'être déçue.
(Sinon, racontage de vie : Dans 3 des nouvelles, certains personnages ont le même prénom que l'ex. Je sais pas si ça vous arrive parfois, mais vous sortez avec quelqu'un et à partir de là, vous voyez son prénom dans tous les livres que vous lisez. Eh bien c'est ce qui m'arrive depuis presque 2 ans. C'est trop bizarre, hein ?!)

A part ça, je vous conseille vraiment ce livre si vous voulez découvrir Rufin. Moi en tout cas, j'ai été conquise.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Les mains sales, de Jean Paul Sartre

Quatrième de couv' : « Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! À quoi cela servirait-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. »

Mon avis : C'est une pièce de théâtre que j'ai choisi de lire pour mon Time to Choose.
Comme c'est un livre de Sartre et que je ne comprends rien aux auteurs de son époque, j'appréhendais un peu.
J'ai eu du mal à comprendre le contexte, et un prof de littérature aurait été le bienvenu pour me l'expliquer.
Par contre j'ai bien aimé la remise en question de la vie : jouons-nous à être d'autres ? Sommes-nous authentiques, vrais dans nos attitudes ou jouons-nous différents rôles au quotidien ?
Autre questionnement de cette pièce : chaque parti politique correspond à une classe sociale mais que faire quand on vient d'un milieu intellectuel et qu'on veut s'engager dans un Parti dans lequel la plupart s'engage par nécessité ?
Bon je ne saurais pas faire mieux pour cette chronique. La pièce est intéressante mais j'aurais clairement besoin d'éclaircissements de la part d'un prof de littérature.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 1 décembre 2014

L'origine de la violence, de Fabrice Humbert

Quatrième de couv' : Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père le stupéfie et ne cesse de l’obséder.
Ce prisonnier, David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence… Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer…

Ce roman a obtenu le prix Orange en 2009.

Un roman haletant, au style clair, sec, dépouillé. Sans doute la grande révélation de l’année 2009. François Brunel, Le Journal du Dimanche.

Un puissant hommage à la mémoire des morts. Alexandre Fillon, Lire.

On reste abasourdi par ce torrent de violence souterraine qui peut couler sous les sourires et la bienséance. Un grand livre, vraiment. André Rollin, Le Canard enchaîné.

Mon avis : Ce livre traînait dans ma PAL depuis très longtemps. Au moins 4 ans je dirais. Et pourtant quand je l'ai acheté, le sujet m'intéressait beaucoup, et puis finalement je ne l'ai lu que maintenant.
Cela dit, j'ai bien fait de le garder car ce livre est vraiment un bon livre.
Tout d'abord l'histoire m'intéressait : un homme découvre lors d'un voyage à Buchenwald une photo d'un détenu qui ressemble à son père. Intrigué, il va enquêter (ça j'adore), puis découvrir qu'il s'agit en fait de son grand-père (je ne vous spoile rien). Le roman est en deux parties, la première est dédiée à cette recherche et aux révélations. La seconde est plus dans le présent, il va parler de sa vie à lui, de l'enseignement dans les banlieues, de sa violence, de ses grands-pères, de leurs vies, de leurs morts, de son amour pour une Allemande, petite-fille d'un nazi.
La deuxième partie m'a paru moins rythmée, au début j'ai eu peur de ne pas aimer celle-ci. Et finalement, l'auteur arrive à nous tenir en haleine sur certains sujets.
J'ai encore une fois appris plein de choses sur les camps de concentrations, sur les SS et leur barbarie qui relevait d'une grande absurdité, ou d'une grande folie. J'en ai appris un peu plus sur Ilse Koch, cette femme absolument horrible, bien que je ne sache pas si tout est vrai.
C'est un peu le seul problème de ce livre c'est qu'on ne sait jamais ce qui est vrai et ce qui est faux.

C'est une réelle quête d'identité, avec en toile de fond la Shoah, mais aussi la bourgeoisie française du milieu du XXè siècle.
Pour moi qui suis extrêmement curieuse de cette période de l'histoire, ça m'a beaucoup plu.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 27 novembre 2014

Privée, de Véronique Olmi

Quatrième de couv' : "Le métro, lui, s'en fout. Il charrie. Des gens. Assis. Debout. Toujours les mêmes. Il charrie en bas, en creux, plus profond que la mer ; charrie le mensonge de destinations aux noms de châteaux et de plaines, charrie des détresses souterraines et des suicides différés. Et ses portes s'ouvrent et se ferment devant la misère qui piétine dans ses souliers fendus - s'ouvrent et se ferment au signal sonore, râle malade qui s'échappe de sa bouche comme un dernier baiser..."

C'est avec une concision remarquable que Véronique Olmi aborde à travers ce recueil de nouvelles le douloureux de la vie quotidienne, mais sa générosité et sa sensibilité sont assez fortes pour donner à ses personnages une luminosité incomparable.

Mon avis : Ce sont des nouvelles et il y en a 11. Alors je vais probablement pas vous parler de chacune. Ce serait trop long. Je vais plutôt vous parler de mon ressenti à propos de l'ensemble de ce livre.

Oh comme j'en ai marre d'enchaîner les mauvaises lectures ! Pourtant il y a un ouvrage de cette auteure que j'avais aimé il y a de ça plusieurs années. Evidemment, j'aurais dû me douter que ce recueil de nouvelles serait une déception. Même si en soi, les nouvelles ont toutes un début, un milieu et une fin, elles restent extrêmement contemporaines. Et c'est ça dont je me lasse actuellement, c'est le style typiquement contemporain et presque contemplatif des auteurs français. Il ne se passe rien dans leurs livres !
Que ça manque d'action ! Les points de vue sont externes et du coup on ne s'investit pas en tant que lecteur dans la courte histoire qui nous est contée.
Alors les sujets étaient "intéressants"mais malheureusement je me suis ennuyée. Ça ne m'a pas poussée à réfléchir sur les effets du temps, du métro ou de la famille et de ses démons. Non. ça m'a laissée indifférente.

Mais c'est de ma faute, je devrais le savoir que je ne trouve pas tellement d'intérêt dans la littérature française.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 26 novembre 2014

Le fait du prince, d'Amélie Nothomb

Quatrième de couv' : Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate. 

Mon avis : La quatrième de couv' n'indique pas grand chose. Donc je vais résumer brièvement, sans spoiler. Un homme sonne chez Baptiste Bordave, prétextant une panne de voiture et ayant besoin de téléphoner. Mais il s'effondre et décède. A partir de là, Baptiste va prendre une grande décision.

Autant je n'ai pas vraiment aimé les nouveaux livres d'Amélie Nothomb, autant celui-ci je l'ai apprécié ! Sauf la fin qui retombe comme un soufflé. Mais disons que les 150 pages qui précèdent la fin m'ont emballée.
Le premier chapitre est un d'un humour cynique à mourir ! J'ai adoré.
Le second chapitre prend une tournure différente, on entre dans le vif de l'histoire, on découvre Baptiste, homme tout à fait banal, qui va vivre une aventure aussi peu crédible qu'un téléfilm de l'après-midi sur M6. Même si c'est loufoque, notre imagination nous autorise à accepter tout ce qui est écrit.
C'est une histoire dans laquelle il se passe des choses, et c'est bien mieux qu'un roman contemplatif ! Bref j'ai été assez séduite par ce court roman.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

lundi 24 novembre 2014

Créer son commerce, de Pascal Madry

Quatrième de couv' : Créer un commerce est une aventure passionnante. C'est aussi un projet exigeant, dont les différents aspects économiques, commerciaux, financiers, juridiques et fiscaux doivent être abordés avec rigueur pour se donner toutes les chances de réussir !
Cet ouvrage vise à vous accompagner tout au long du parcours qui va vous mener de l'idée à la réalité de votre entreprise. Il présente :
les outils pour réaliser l'étude de votre potentiel de marché et élaborer votre plan d'affaire prévisionnel, deux aspects incontournables pour tester la solidité du projet et convaincre d'éventuels partenaires financiers ;
les règles et astuces pour bien choisir votre emplacement, votre local, votre assortiment de produits, votre personnel, vos moyens de communication, le statut juridique et le régime fiscal de votre entreprise, votre régime social et celui de votre conjoint ;
vos démarches administratives (immatriculation au RCS, déclaration d'embauche...) pour que celles-ci ne soient plus vécues comme un parcours du combattant !
Illustré de nombreux cas, cet ouvrage pratique est complété d'un lexique et d'un carnet d'adresses.

Mon avis : Un livre très intéressant et instructif sur les démarches à employer pour monter un commerce.
[Racontage de vie : Après des années à me dire que je n'aurai jamais ma propre librairie parce que les responsabilités et moi... bof bof quoi... (je le pensais même pendant mon année de cours à l'IUT), j'ai pourtant senti poindre en moi l'idée d'ouvrir mon commerce. J'ai travaillé environ 1 an dans une petite librairie indépendante, sans pouvoir trop choisir ce que je voulais mettre en avant ou au contraire, cesser de commander. Etre employée c'est un peu frustrant. Cet été j'ai appris qu'un camarade de l'IUT allait monter sa librairie. ça m'a donné envie. Il y aurait moyen de le faire dans mon coin. Sauf que j'avais besoin de me remettre face à la réalité. C'est pourquoi j'ai emprunté ce livre qui m'a bien remis les idées en place]

En amont on apprend à "Maîtriser votre environnement" : où s'implanter, mesurer la concurrence.
Puis "Identifier votre marché" (la zone de chalandise, le futur chiffre d'affaires).
Et enfin, "Rassembler vos moyens" : trouver un local commercial, constituer un assortiment de produits, choisir un statut juridique et social, faire les comptes, recruter du personnel et adopter une stratégie de communication.

Chaque chapitre est très intéressant. J'y ai même retrouvé des choses que j'avais apprises en cours à l'IUT, mot pour mot (comme quoi les profs se basent bien sur des bouquins pour donner des cours).
J'ai passé l'après-midi à lire ce livre, qui est explicatif, simple et bien conçu.

Bref, c'est un ouvrage que je conseillerai à tout ceux qui souhaiteraient créer un commerce (de n'importe quelle taille).

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

dimanche 23 novembre 2014

La grande fille, de Félicien Marceau

Quatrième de couv' : Parce que, ce jour-là, ils sont deux à attendre un taxi et qu'il ne s'en présente qu'un, Pierre, plutôt que de céder sa priorité, propose à Françoise de l'emmener.
C'est là, dans ce mouvement de liberté, que va commencer leur amour, d'abord en cheminant le long de l'itinéraire habituel des amants, ensuite en débouchant sur un carrefour où, impatients et marquant leur différence, les attendent le désir et l'amour.
Ce choix, peu commun, dit-on, mais peut-être moins rare qu'il n'y paraît, cet amour insolite, Félicien Marceau nous les fait vivre avec une allégresse, avec une malice au travers desquelles apparaît un autre visage de l'amour, un autre visage de notre vérité.

Mon avis : Roman distrayant sur l'amour. On a affaire à un couple qui ne trouve pas de plaisir à faire l'amour ensemble mais qui s'aiment. Comment vivre alors ? On assiste à leur choix de vie, durant quelques mois/années (?). Ce n'est pas super intéressant. Mais c'est bien écrit.
Il y a probablement des choses à en tirer, notamment concernant l'infidélité, ou la jalousie.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 22 novembre 2014

Fleur de Tonnerre, de Jean Teulé

Quatrième de couv' : Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part, tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin : les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les nourrissons.
Elle s'appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu'il venait d'exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps.
Sous la plume acérée de Jean Teulé, Hélène reprend vie et accomplit son destin, funeste et fascinant.

Mon avis : Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre. J'ai du mal à analyser l'histoire et mon ressenti. En plus le dernier chapitre m'a angoissée.
Décortiquons !
Le style :
Points positifs : J'y ai trouvé beaucoup d'humour noir (très appréciable). Un style original. Certaines phrases sont construites de manière à utiliser des mots peu employés, des synonymes, des périphrases (si je ne me trompe pas). De très beaux passages sont à noter (sur les paysages, pas sur les morts).
Points négatifs : J'ai moyennement apprécié les "gros mots". Je suis une grande amatrice de Margaux Motin, qui a tendance à en utiliser beaucoup, j'en dis moi-même pas mal. Mais dans ce livre, ça m'a paru choquant.

L'histoire :
C'est l'histoire romancée d'Hélène Jégado, tueuse en série. Elle tue tout le monde, sans distinction, hommes, femmes, vieillards, enfants, même les membres de sa famille !
Elle va être découverte, tard, très tard. Et on assiste à la fin à son procès et à son exécution.

C'est une histoire que j'ai trouvé intéressante.
Certains parlent d'un profil psychologique décrit par l'auteur, je ne trouve pas du tout. Pas une seule fois durant la partie où elle traverse la Bretagne je n'ai compris POURQUOI elle tuait.
Ses explications lors de son procès éclairent bien les choses.

(SPOILERS mais tu me diras, c'est pas vraiment ça qui plait le plus dans ce livre) Elle a voulu combattre les angoisses de ses parents en devenant elle-même la mort : à cette époque, les Bretons de Basse-Bretagne croient aux légendes, aux korrigans, aux fées, et surtout à l'Ankou (= la mort). L'Ankou avec sa faux, arrive pour tuer, en appelant 3 fois la personne. On entend sa charrette arriver. Bref, on sait quand la mort arrive.
Hélène/Fleur de Tonnerre, elle ne prévient pas : elle glisse de l'arsenic dans la soupe aux herbes, dans le gâteau qu'elle donne à ses victimes.

Ce qui m'a perturbée c'est le manque de perspicacité des gens. Partout où elle passe des gens meurent. Et personne ne se pose de questions ! Elle est cuisinière dans des maisons, des presbytères. Sa façon de tuer est toujours la même, mais PERSONNE ne s'interroge. Les médecins sont peu éclairés, ils croient au retour du choléra ou à des maladies des îles. Alors que bon, l'empoisonnement à cette époque était quand même LE truc des femmes et LE truc ultra efficace pour tuer quelqu'un sans laisser de traces.

Au final, j'ai bien aimé, c'est original, mais ce n'est pas un coup de coeur.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

mercredi 19 novembre 2014

L'infini livre, de Noëlle Revaz

Quatrième de couv' : Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur.

Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s’apercevoir enfin que c’est de notre quotidien qu’il s’agit.

Roman à l'implacable logique, L'infini livre est porté par une profonde ironie.

Mon avis : J'ai bien aimé ce livre, qui est assez original. Il se distingue des autres livres de la rentrée littéraire, parce que c'est une sorte de dystopie. On entre dans un monde où le livre n'est plus lu : d'ailleurs il n'y a plus rien dans les livres si ce n'est des compilations de mots, de textes, des extraits tirés de banques de données d'expression ou encore du vide (oui oui des pages blanches). Les livres sont appréciés pour leur beauté, leur format, leur couleur, leur relief, etc. Mais certainement pas pour leur contenu !

J'ai eu un peu de mal à me plonger dans cet univers au début.
J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages, or, quand un auteur nous plonge dans un monde différent du nôtre on a besoin de repères, là, le repère ça devrait être les personnages, Jenna et Joanna. Mais malheureusement on ne sait rien d'elles. Rien de leur passé, rien de leurs envies, de leur joie. Juste quelques détails du style Joanna a trois enfants, Jenna n'en a pas mais colle des stickers représentant des enfants à ses fenêtres pour se donner l'illusion d'en avoir. Ces personnages sont à l'image de leur époque : creux et froids. Alors ce n'est pas simple de se plonger vraiment dans cet univers quelque peu différent du nôtre.
Certes, on retrouve des choses qui appartiennent à notre époque, qui sont poussées à l'extrême et qui sont angoissantes. La musique par exemple est une matrice. (honnêtement ça ne m'évoque rien du tout ce mot). D'ailleurs tout le passage sur la musique et Larsen Frol m'a clairement ennuyée.
Jenna et Joanna sont deux auteures de leur époque, souvent confondues. Elles vont finalement fusionner pour créer la couverture d'un livre (à leurs dépends) avec d'un côté la moitié du visage de Jenna et de l'autre la moitié du visage de Joanna.
Il existe aussi un parrainage longue-distance (on ne sait pas trop avec quelle partie du monde ou si c'est un monde d'une autre époque ?), qui va permettre à Joanna de se poser quelques questions et surtout de remettre en question son propre travail d'écrivain.

Je pense qu'il y a un tas de choses intéressantes dans ce livre, et certains en parleront mieux que moi. Mais apparemment, quelques lecteurs ont lâché le livre aux 3/4 du roman, je comprends tout à fait ce point de vue, la fin devient plus obscure, même si on retrouve un certain côté "aventure".

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 17 novembre 2014

La septième vague, de Daniel Glattauer

Quatrième de couv' : Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit à Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de sexe, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les possibles ? Où les caresses sont interdites ? «Pourquoi veux-tu me rencontrer ?» demande Leo, inquiet. «Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir», répond Emmi, séductrice.

Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit, jusqu’au dernier mail…

Mon avis : Pour celles et ceux qui me suivent régulièrement, vous savez que j'ai lu Quand souffle le vent du Nord il y a quelques semaines. J'ai été plutôt conquise par ce roman sous forme épistolaire, mais version moderne, avec des mails. Evidemment, la fin de ce livre m'avait laissée dans l'expectative ! Qu'allait-il se passer ensuite ?

Et l'auteur, heureusement ! nous a pondu une suite. Un poil en dessous du premier tome. Emmi et Leo sont moins attachants j'ai trouvé dans celui-ci. Leurs blablas m'ont semblés parfois un peu prise de tête, et sonnaient parfois un peu trop creux. On tourne souvent en rond. Pour tout vous dire, lorsqu'il se passait un événement important pour ces deux personnages, trois pages après j'avais déjà oublié...
L'idée d'une "armoire à sentiments" m'a bien plu. Certains ont tendance à fermer à double tour leur coeur, et l'armoire l'illustre très bien ! Il y a de jolis passages, des phrases qui résonnent en moi.

Je ne peux pas trop vous en révéler sur ce second tome, parce que je ne veux pas vous spoiler les deux livres. Quoiqu'il en soit, j'ai moins aimé ce second tome, peut-être un peu moins "lumineux" que le premier.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 15 novembre 2014

Le tunnel, d'Ernesto Sabato

Quatrième de couv' : Juan Pablo Castel, artiste peintre, est un meurtrier. Du fond de sa prison, traversé par des éclairs de lucidité, il se dévoile. Un autoportrait tout en taches sombres, bardé par endroits de rouge : celui du sang, et celui de la passion. Car Juan Pablo est l'assassin de la femme qu'il continue à aimer plus que sa vie... Une réflexion sur l'isolement de l'artiste et la passion amoureuse - lucide, cruelle, bouleversante.

Mon avis : Ce livre ne m'a pas vraiment plu. Mais le résumé est fidèle à l'histoire. On suit cet homme, Juan Pablo Castel, qui est au fond de sa prison et nous explique pourquoi. Il a tué une femme, la femme qu'il aimait. Comme c'est un homme qui passe son temps à analyser et à tout décortiquer, le voilà qui le fait aussi avec ses lecteurs. Ce roman, c'est 135 pages où le narrateur va nous expliquer qui est Maria et pourquoi elle l'a intéressée. Il va décortiquer chaque mimique, chaque geste, chaque regard de Maria, et pourquoi elle fait ci, et pourquoi elle fait ça, et dans quel but ? pour lui c'est toujours dans un but perfide, sadique, dans le but de lui nuire. Cet homme a un problème avec les autres, qui relève totalement de la psychiatrie ! Et surtout ça le pousse à commettre l'irréparable. Pas de repenti, pas d'excuses, non, juste le récit de cet homme, ce misanthrope, à propos de sa passion amoureuse et dévorante pour Maria.                                          

L'auteur a voulu qu'on déteste son personnage, qu'on se sente nous aussi, étouffé(e)s par ses pensées dévorantes. C'est un pari réussi, mais pour autant je n'ai pas aimé ce livre. Bien qu'il soit très bien écrit, bien pensé, bien mis en scène.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

mercredi 12 novembre 2014

Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman

Quatrième de couv' : Qu'avez-vous fait de vos rêves de jeunesse ? Brett Bohlinger, elle, a un an pour le découvrir. Pensant hériter de l'empire cosmétique familial à la mort de sa mère, elle apprend que cette dernière, qui avait pour elle de tout autres projets, ne lui a légué qu'un vieux bout de papier : la liste de tout ce que Brett voulait vivre quand elle avait 14 ans. Si elle veut toucher sa part, la jeune femme doit réaliser chaque objectif de cette life list.
Enseigner ? Aucune envie. Un bébé ? Andrew, son petit ami, n'en veut pas. Tomber amoureuse ? C'est déjà fait, grâce à Andrew. A moins que...

Mon avis : Bon, bon, bon. J'ai bien aimé. Voilà, j'ai attendu bêtement pour lire cette petite merveille. Okay c'est pas de la grande littérature. L'idée de départ n'est pas dingue de ouf, puisqu'il s'agit de réaliser les objectifs d'une liste. Mais pas de n'importe quelle liste, celle de Brett, qu'elle a rédigée quand elle avait 14 ans. Oui, mais Brett a 34 ans. Ses objectifs de vie sont-ils toujours en adéquation avec sa vie actuelle ?
On se laisse emporter par ce roman, on suit les humeurs de Brett, on est désespérée avec elle, puis heureuse, on la voit se battre, se remettre en question, renouer avec une amie perdue de vue. On découvre une femme qui a un grand coeur, et qui s'est perdue en chemin.
Ses objectifs vont être réalisés avec originalité et c'est ce qui m'a plu. L'auteure n'a pas choisi la facilité, ne concédant pas à son personnage tous les privilèges de sa caste. Je dirais que c'est un roman d'initiation. Très féminin, certes. Mais sans être niais. (Bon sauf la fin mais chuuut pas de spoilers!)
On ne voit pas le temps passer, ni les pages défiler. C'est un vrai feel-good book.
Evidemment je suis un peu déçue de ne pas avoir retrouvé une liste d'objectifs pour m'y atteler ! Ce genre de roman nous touche toutes un peu, parce qu'on se demande forcément "Qu'ai-je abandonné ? Qu'est-ce que je n'ai pas fait qui aurait pu me rendre meilleure ? Suis-je sur le bon chemin ?"

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 7 novembre 2014

Sa vie dans les yeux d'une poupée, d'Ingrid Desjours

Quatrième de couv' : Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des moeurs après un grave accident. Quand, dans le cadre d'une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loi. Emu. Au point de croire de nouveau en l'avenir. Mais il est aussi persuadé qu'elle est la pièce manquante pour démasquer le psychopathe qu'il traque. Et s'il se trompait ? Le pire des monstres est parfois celui qui s'ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d'une poupée...

Mon avis : J'ai pour habitude de prêter les polars que je lis, notamment à mon petit frère. Et bien ce thriller il est hors de question que je le lui prête ! J'avais rarement lu des passages aussi trash dans un polar. Il y a même un moment où j'ai arrêté ma lecture parce que ça devenait trop glauque. (Je vous rappelle que mon cerveau se représente absolument TOUTES les scènes quand je lis un livre).
Ça m'a rappelé la folie d'Amy dans Gone Girl/Les Apparences (livre lu y'a un an) (film vu y'a 1 semaine, et qui m'a fait faire un malaise, haha quelle émotive !).

Y'a pas de rebondissements dingues dans ce livre, mais on plonge vraiment dans la folie de la jeune fille. Et c'est peut-être ça le plus impressionnant. Sa folie va la pousser à faire des choses absolument horribles.
On sait qu'elle a eu un passé affreux, entre un père incestueux (puis absent) et une mère devenue aveugle qui ne peut pas lâcher sa fille et a sur elle une influence incroyable.
Le personnage de Barbara prend de l'assurance très vite, une forme de résilience suite à un événement insoutenable (raconté dès les premières pages, avec force détails). Son assurance va la pousser à commettre l'irréparable. Sont mêlées la Brigade des Moeurs, un flic encore très abîmé par la vie (si les auteurs pouvaient arrêter de créer des flics qui ont vécu des traumatismes personnels, ce serait bien, ça changerait !), une dizaine d'hommes qui vont subir la folie de Barbara.
Les hommes ne sont pas très bien vus dans ce roman. Certains sont des violeurs, d'autres des menteurs, d'autres des profiteurs ou encore des manipulateurs, bref une belle bande de salauds.
"tous les hommes sont des salauds" est le leitmotiv de Barbie !
Les poupées ont un rôle assez important dans ce livre, l'une d'elle parle à Barbara, lui indique quoi faire, c'est un peu, le Petit Diable, vous savez, qui parle à l'oreille dans les BD. Je sais pas si c'est le cas pour vous aussi, mais depuis toute petite, les poupées m'ont toujours effrayée, un peu comme les clowns.
L'histoire d'amour est sûrement un peu trop tordue pour être plausible, mais ça s'intègre bien dans la folie de Barbara, et ça nous montre plutôt bien la déchéance affective dans laquelle l'homme est tombé (je ne vous dirai pas de qui il s'agit).
Il y a une forte trame psychologique : comment le traumatisme se résorbe ? Peut-il disparaître ? Comment se transforme-t-il ? Quelles traces laissent-ils dans la vie d'une personne ? etc. Finalement on en apprend beaucoup sur les mécanismes psychologiques de l'humain : chaque coup laisse une blessure.

En gros, un bon thriller psychologique qu'on a du mal à lâcher, un vrai page-turner mais si vous n'avez pas le coeur bien accroché, passez votre chemin !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

et ici un très bon résumé du roman (alala si je savais aussi bien résumer un livre)

mercredi 5 novembre 2014

Nos séparations, de David Foenkinos

Quatrième de couv' : « Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Émilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d'autres prénoms dans d'autres pénombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au-dessus de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité. »
Alice et Fritz s'aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons : la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d'enfance, deux Polonais comme toujours, les cheveux et les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr.

Mon avis : J'avais choisi de lire ce livre avant que Foenkinos soit le gagnant du Prix Renaudot 2014. Hier donc, je me préparais une sélection de livres à emporter pour les lire durant mon long trajet en train, direction l'Anjou (à nouveau) (j'ai fait un saut de puce à Bayonne juste pour aller à mon rendez-vous à Pôle Emploi) (bienvenue dans ma vie de chômeuse). (On va se calmer sur les parenthèses et passer au livre).

J'avais lu il y a 3 ans La délicatesse, et je crois me souvenir ne pas avoir aimé. De toute façon, plus un livre est encensé, moins il y a de chances que je l'apprécie. Donc, Foenkinos c'était pas trop mon copain. J'ai acheté ce livre à la librairie parce que j'étais pas en grande forme moralement, en tout cas c'est certainement pas pour sa couverture que je l'ai acheté, elle est sacrément laide !
Puis je l'ai laissé dans ma PAL pendant quelques mois. Et hier je l'ai sorti en me disant "il est pas bien épais, ça ne va pas alourdir ton sac". Au final, je l'ai lu aujourd'hui (je pars demain), rapidement en 2h30. Et je dois dire que c'est pas mal.
C'est une sorte de tragi-comédie. On alterne le drame avec des passages sympa, drôles voire parfois grotesques (le coup des dents fissurées...).
Ce n'est pas un style dingue, c'est du contemporain.
Je me suis attachée au personnage de Fritz, il m'a fait rire, m'a un peu émue, je l'ai trouvé lâche, concon, et puis finalement un peu plus mature à la fin du roman qu'au tout début.
C'est le genre de roman qui se laisse lire, mais surtout qui pourrait facilement être adapté au cinéma.

Un détail, certes mais que je comprends difficilement : pourquoi les hommes sont autant marqués par leur premier amour ? Si vous souhaitez m'éclairer, allez-y en commentaire ! ;)

Si vous êtes un peu triste, vous pourrez aisément vous jeter sur ce livre pour retrouver le sourire après une séparation.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 4 novembre 2014

Marya, une vie, de Joyce Carol Oates

Quatrième de couv' : Orpheline de père, abandonnée par sa mère, Marya Knauer est confiée à son oncle et sa tante. Elève brillante mais solitaire, confrontée à la peur et à la cruauté, elle se plonge avec passion dans les études. Dans ce livre aux forts accents autobiographiques, Joyce Carol Oates donne à voir de façon magistrale comment la littérature peut changer une destinée.

Mon avis : No offense, mais je me suis emmerdée ! Et pourtant j'étais super emballée par le résumé, j'avais envie de me retrouver en Marya, et quelle déception !
Marya est rigide, hautaine, compliquée, voleuse. Chaque chapitre de sa vie me la faisait détester un peu plus. Sa vie n'est pas plus intéressante qu'une autre. Elle vient d'une famille pauvre, sa mère disparait, elle et ses frères vont vivre chez leur oncle et tante, vont grandir dans une famille qui n'est pas très saine non plus. Et puis Marya va tout faire pour partir loin de là, éviter le mariage auquel elle est destinée, et elle entre à l'université où elle devient une élève brillante, acharnée, obsessionnelle.
Mais ses centres d'intérêt ne m'ont pas branchée, ce sont des thèses philosophiques, religieuses, médiévales, etc. Marya est particulièrement intéressée par les hommes brillants, intelligents, cultivés, qui sont dans des "niches" littéraires. Elle devient l'amante. Se targue d'être plus aimée que l'épouse. Bref je n'en dis pas plus, il n'y a pas d'actions, c'est simplement la vie d'une femme. Pas forcément intéressante, pas le genre de personnes avec qui on voudrait être amie.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

L'enfant de Schindler, de Leon Leyson

Quatrième de couv' : Alors que tout semble perdu pour Leon Leyson, déporté à l’âge de douze ans dans un camp de concentration, un homme – un nazi – lui redonne espoir. En l’employant comme ouvrier dans son usine, Oskar Schindler fait du petit Leon le plus jeune inscrit sur sa liste. Une liste qui sera synonyme de vie pour lui mais aussi pour des centaines d’autres juifs pris dans les filets nazis.

Mon avis : C'est le témoignage du plus jeune enfant sauvé par Schindler pendant la seconde guerre mondiale. On découvre sa vie, sa petite enfance passée dans un village tranquille dans l'est de la Pologne, puis la vie à Cracovie et surtout le début de la guerre. On découvre les moments affreux vécus par la famille de Leon : la privation, la faim, les brimades, les attaques gratuites.
Et puis le travail qui va les sauver puisqu'il leur procure une sécurité (incertaine certes) mais au moins ils ne sont pas envoyés dans les camps d'extermination.
On découvre aussi l'après-guerre, ce qui est souvent éludé dans les témoignages des déportés (où on nous parle rapidement du retour à la vie normale), alors que là, Leon et sa famille vont passer 3 ans dans un camp dirigé par les Américains, en Allemagne, où les Juifs peuvent reprendre des forces, manger à leur faim, être soigné, et surtout attendre l'autorisation pour émigrer.

La fin de ce livre m'a moins plu parce qu'on a des photos de la vie de Leon Leyson et des témoignages d'amour de la part de ses proches et j'ai trouvé ça un peu superflu. C'était peut-être un besoin pour eux de lui témoigner ça mais ça n'apporte rien au lecteur.

Après je pense que ce livre peut toucher un public d'adolescents, mais il doit être plus intéressant de leur projeter le film La liste de Schindler en parallèle, pour qu'ils se fassent une meilleure idée du contexte de l'époque. En tout cas moi j'ai revu ce film quelques jours avant de lire le livre et ça m'a plutôt aidée à visualiser les lieux, les scènes. Je pense que l'Education Nationale pourrait faire lire ce livre aux élèves de 3è. L'écriture est fluide, adapté pour les jeunes, les chapitres sont bien structurés. Et puis surtout c'est un témoignage touchant.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 1 novembre 2014

Les disparus de Fort Boyard, d'Alain Surget

Quatrième de couv' : En pleine émission de télévision, trois candidats disparaissent mystérieusement dans le dédale de Fort Boyard. Trucage ou enlèvement, le mystère plane.
Fort Boyard, c'est justement en face d'Oléron où Damien, Jerôme et Emilie passent leurs vacances. Quelques coups de rames et les voilà partis à la recherche des disparus.

Mon avis : Je continue avec un autre livre pour les enfants. Encore une fois c'est une aventure, des enfants regardent Fort Boyard, qui se déroule exceptionnellement en direct, mais au cours de l'émission, trois participants disparaissent. L'émission est arrêtée, la police mise sur le coup.
Les trois enfants qu'on suit au cours du roman, vont décider de se rendre sur le fort (ils habitent sur la côte juste en face), après avoir vu une lumière alors qu'il n'est plus censé y avoir personne. Ce qu'ils vont découvrir à Fort Boyard va dépasser l'entendement. Je n'ai pas trop accroché à ce roman (sûrement que quand j'avais 10 ans ça me plaisait beaucoup), car l'histoire ne tient pas debout. Dommage.

L'évasion de Kamo, de Daniel Pennac

Quatrième de couv' : Pourquoi la mère de Kamo l'a-t-elle soudain abandonné ? Pourquoi Kamo, qui ne craint rien ni personne, a-t-il tout à coup peur d'une simple bicyclette ? Et d'ailleurs, qui est vraiment Kamo ? D'où vient ce nom étrange ? Qui l'a porté avant lui ? Toutes ces questions semblent n'avoir aucun rapport entre elles. Pourtant, si l'on ne peut y répondre, Kamo mourra !

Mon avis : J'aime bien Kamo. Et récemment j'ai retrouvé au grenier chez mes parents, deux livres : Kamo, l'agence Babel (que j'avais lu pendant mon CDD et chroniqué quelque part par là), et L'évasion de Kamo.
Je viens donc de lire L'évasion de Kamo. Je ne me souvenais de rien, il est possible que je ne l'ai pas lu, étant plus jeune. Il appartenait peut-être à mon frère. Bref, Pennac nous plonge dans l'histoire de Kamo, toujours avec un mélange de fantastique : ce qui se passe est-il plausible ? Comment ? Kamo se moque-t-il de ses amis et des lecteurs ?

Le narrateur n'est pas Kamo mais son meilleur ami, on retrouve aussi le grand Lanthier, un bon camarade de classe. On a une jolie ambiance de franche camaraderie.
Kamo est de mon point de vue, un garçon très spécial, très admiré par les autres. Il lit Les hauts de Hurlevent, en anglais, par exemple, alors qu'il n'a que 12 ans (14 ans max). Spécial, il est amoureux de Cathy, l'héroïne de ce livre. Sa mère le laisse chez les parents de son meilleur ami, pendant des mois, pour retrouver ses ancêtres en Russie. Etrange façon d'élever son enfant, mais bon !
De son côté, Kamo acteur de son destin dans la première partie du roman, devient une sorte d'acteur passif, il ne passe pas au second plan, mais il fait quelque chose de spécial, qui le positionne comme acteur autour duquel ses camarades gravitent. Au fond ce sont eux les vrais acteurs actifs de cette deuxième partie dans laquelle il faut accepter un peu l'irréel pour prendre plaisir à lire ce roman.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Mystère à Carnac, de Michel-Aimé Baudouy

Quatrième de couv' : En vacances chez leurs amis à La Radoubée, Line, Pierre et les jumeaux tentent de résoudre une énigme qui prend des allures inquiétantes : qui cherche à s'introduire, de nuit, dans la vieille maison bretonne ?
Quel trésor insoupçonné peut donc faire l'objet d'une telle convoitise ?

Mon avis : Je pense que vous pouvez laisser tomber la recherche de ce livre en librairie, il doit être épuisé !
Paru en 1962, on sent bien l'ambiance de ces années-là : les filles à la cuisine et au ménage, les garçons à faire des rondes ou bons à aller chercher le lait (oui messieurs-dames, tous les soirs les gamins vont chercher le lait ! en mode "no fridge"- courses tous les jours et réutilisation des bouteilles, oui bon, une autre époque, on a compris) Heureusement, au cours du roman, l'une des filles va briller par son intelligence et sa perspicacité !
Les dessins n'aident pas à moderniser le texte... Dont l'intrigue est pourtant très intéressante ! Mais je crois qu'il faudrait ré-adapter ce livre dans le contexte actuel.
Il s'agit d'une aventure résolue par des enfants. Comme le titre l'indique, ça se passe à Carnac et pour moi qui aies passé toutes mes vacances d'enfance à Quiberon, ce livre devait me parler quand je l'ai eu en cadeau.
Une bande d'enfants est laissée seule dans une immense demeure, où un voleur tente de sévir. Chacune de ses intrusions sont stoppées. Mais pourtant le danger rôde, les enfants, qui ont des yeux partout s'en rendent bien compte (tandis que les adultes ne se doutent de rien, les parents sont à Madrid, l'autre maman part à Vannes pour gagner des sous). Ils vont petit à petit découvrir ce qui intéresse fortement ce voleur.

En gros, une bonne aventure, pour les enfants. L'intrigue est bien menée, malgré quelques longueurs, peut-être un peu trop de personnages par moments. Mais sinon c'est intéressant.

vendredi 31 octobre 2014

Le dernier gardien d'Ellis Island, de Gaëlle Josse

Quatrième de couv': New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.
À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

Mon avis : Voilà encore un livre qui m'a attirée par son titre et sa couverture. Je crois que je n'ai même pas lu la quatrième de couv' parce que je sentais que ce livre me plairait, quoi qu'il contienne.
Ce petit livre a tout d'un grand ! Une histoire qui se passe dans les années 50, à Ellis Island, l'île, la fameuse qui a accueilli tous les migrants avant que ceux-ci soient acceptés ou non à poser le pied sur le sol américain. Mais le narrateur ne nous raconte pas l'île en 1954, quand elle est sur le point de fermer. Il nous raconte sa vie, depuis ses premiers pas sur Ellis Island aux derniers.
Il nous parle des rencontres qu'il a faites. Il nous raconte sa femme, morte tragiquement et prématurément.
On voyage avec ce narrateur, il nous balade au début du XXè siècle à New York, il nous emmène en Italie où les préjugés sont tenaces.
J'ai été subjuguée par ce roman qui m'a fait voyager à travers le temps et les pays, à travers les moeurs d'autres époques.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 30 octobre 2014

Quand souffle le vent du nord, de Daniel Glattauer

Quatrième de couv' : Un homme et une femme. Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu'à devenir accros. Jusqu'à ne plus pouvoir se passer l'un de l'autre, sans se rencontrer pour autant...
Savoureuse et captivante, cette comédie de moeurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux.

Mon avis : Eh bien ! Quel roman ! J'ai beaucoup aimé. C'est typiquement le genre de situation qu'on peut vivre actuellement, sauf que la rencontre se fait toujours à un moment ou un autre. Et elle met fin à ce qu'on aimait le plus : l'échange. Cet échange intime qui lie ces deux personnages, Emmi et Leo. Ils ont conscience que la rencontre peut faire basculer leur intimité, leurs habitudes dans le concret, dans la cruauté du quotidien.
On ne lâche pas ce livre, parce qu'il y a quelque chose qui nous tient en haleine, un côté très exaltant. Après une panne de lecture c'est vraiment bon de lire un tel livre, avec une histoire d'amour passionnante, un peu hors du commun, où les personnalités se révèlent, non pas dans le quotidien mais dans l'écriture de soi.
Ce qui m'a plu c'est le rappel entre le tout début et la fin : une lettre peut tout changer.

Ce n'est pas niais, ce n'est pas long, c'est bien écrit, bien pensé, les retournements de situation sont possibles. Bref, un très bon livre.

Je ne serai pas originale en vous sortant cette citation : "Ecrire, c’est comme embrasser, mais sans les lèvres. Ecrire, c’est embrasser avec l’esprit."

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 28 octobre 2014

Paris-Brest, de Tanguy Viel

Quatrième de couv' : Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.

Mon avis : Ce livre est là pour me rappeler mes limites : je ne suis pas capable de faire des chroniques littéraires de ce genre de roman (le roman français contemporain, quoi. Avec une écriture blanche (même si je ne sais pas ce que ça veut dire, c'est ce que ça m'évoque)). Pas parce que je n'y comprends rien mais parce que je suis incapable de synthétiser les éléments lus, d'en faire ce qu'on appelle au lycée "un commentaire composé". Je vous fais un aveu : au lycée, en section littéraire, j'étais nulle en philo, nulle en français parce que je n'arrivais pas à tirer les thèmes évoqués dans les oeuvres.
Pour moi la lecture doit être un plaisir, et mes chroniques ici, ne se basent que sur mon ressenti.
Alors voilà, passons à ce livre : j'ai eu un mal fou à me plonger dedans, incapable de lire quoi que ce soit d'autre, incapable d'avancer dans ce livre, pourtant court. Et puis finalement je m'y suis mise et j'ai lu la centaine de pages qui me semblait être une montagne.
Je n'ai pas trouvé ce roman fantastique, ni même le roman dans le roman comme étant quelque chose d'original. Si, un peu. Mais par moments la difficulté de savoir dans quel texte on était resurgissait.
Les personnages sont tous plus ou moins brisés. On se demande parfois comment ils font pour continuer à vivre ensemble sans avoir envie de se taper dessus.
Si il fallait parler des thèmes abordés, alors je dirais qu'il y a l'argent (d'abord), la famille et Brest. Brest est un personnage à lui seul.

Et pour tout vous dire, je n'ai pas particulièrement aimé ce roman. Je ne l'ai pas détesté non plus, mais l'atmosphère plombante en fait un roman quelque peu repoussant. J'ai eu du mal à le lire, j'ai eu du mal à avoir envie de le lire. Dommage.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 24 octobre 2014

Juste après dresseuse d'ours, de Jaddo

Quatrième de couv' : Petite, je voulais faire dresseuse d'ours.
Et puis ça m'a passé et j'ai fait docteur. Généraliste remplaçante.
Mais quand même, depuis douze ans (entre la fac, l'hôpital et le cabinet), j'ai eu le temps de voir un paquet de choses absurdes, terrifiantes, émouvantes, révoltantes, rigolotes. J'ai eu le temps de dire un paquet de conneries, et d'en faire quelques-unes. J'ai eu le temps de mettre de côté un paquet d'histoires à raconter.
J'ai eu envie de les écrire, d'abord pour ne pas oublier ce qui me scandalisait à l'époque de l'hôpital, pour ne pas me laisser aller à m'habituer. Et aussi pour vomir ma frousse de me voir parfois si impuissante. Puis pour partager les rencontres, les fragments de victoires, les bouts de vie savourés.
Ces histoires, je les livre brutes, dans le désordre, comme je les ai vécues et comme elles me reviennent.

Mon avis : Vous me connaissez j'ai tendance à ne pas aimer la plupart des livres que je lis. Ou alors je leur trouve trop de défauts. Là, ce n'est pas le cas : je me suis plongée dans le monde médical au travers des histoires de Jaddo.
J'ai mille ans de retard puisque ce livre est sorti en 2011 et que je n'avais JAMAIS été sur le blog de Jaddo. Car ses histoires sont tirées de son blog.
J'ai bien aimé, parce que parfois on n'en revient pas de ce qui se passe dans les hôpitaux, dans les salles des médecins. On s'imagine que tout est bien rôdé. Pas du tout ! Certaines histoires m'ont vraiment laissée pantoise : notamment celle où personne n'arrive à trouver le prénom d'une vieille dame parmi deux dossiers quasi identiques. Jaddo, toute jeune, demande tout simplement à la dame son prénom. Voilà. Comment un médecin qui a des années de taf derrière lui peut-il oublier le contact avec le patient ? Comment peut-il "oublier" qu'on peut s'adresser aux patients (tant qu'ils sont conscients hein). Vous imaginez la barrière qui est dressée ? Et bien il semblerait que c'est pareil entre les différents niveaux de "médecins" : les externes n'ont pas le droit de s'adresser directement au médecin le plus haut placé si je puis dire.
Certaines anecdotes m'ont paru hallucinantes. D'autres m'ont émue. D'autres m'ont fait penser que je n'étais donc pas la seule (dans mon métier de libraire) à rencontrer des gens parfaitement bêtes ou naïfs (au choix).
Après avoir lu ce livre, je dois bien vous avouer que j'aurais un peu peur de faire un séjour à l'hosto si il m'arrivait quelque chose. Le manque de communication qui existe là-bas me fait douter qu'on puisse y être bien pris en charge...

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Soie, d'Alessandro Baricco

Quatrième de couv' : Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.
Soie, publié en Italie en 1996 et en France en 1997, est devenu en quelques mois un roman culte - succès mérité pour le plus raffiné des jeunes écrivains italiens.

Mon avis : à chaud comme ça je me dis "ouais et ?", mais en y repensant je me dis que c'est une jolie histoire d'amour. C'est une bonne leçon aussi. De tout temps les hommes ont eu besoin de dépasser leurs limites, d'aller voir ailleurs ce qu'il y avait (l'herbe plus verte, tout ça tout ça), de lâcher leur confort occidental pour trouver l'exotisme de l'Orient.

La tentation. C'est le maître mot de ce roman. Hervé est tenté de partir au Japon pour ramener des oeufs de vers à soie, il sera alors acclamé par ses pairs qui le remercieront de leur apporter cette merveilleuse solution pour faire fonctionner leurs usines.
Au Japon, il rencontre une mystérieuse femme qui l'attire énormément, la tentation est immense, il s'agit en plus (!) de la compagne de l'homme avec qui il fait des affaires.
Plus tard c'est la tentation de la revoir puis de la combler de plaisir qui va le pousser à repartir chaque fois malgré l'état du pays (le Japon est en guerre).

Mais hélas les femmes ont un sixième sens, et ça, les hommes l'oublient souvent, passant à côté de leur véritable amour... Je ne vous spoile rien. Lisez plutôt ce livre !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

Et je vous laisse le lien vers la chronique de Charlotte qui en fait une très bonne analyse !

mercredi 22 octobre 2014

Suite à un accident grave de voyageur, d'Eric Fottorino

Quatrième de couv' : En septembre 2012, à quelques jours de distance, trois personnes se sont jetées sur les voies du RER, derrière chez moi, dans les Yvelines. Un vieillard, une mère de famille, un homme qui n’a pu être identifié. À la violence de leur mort a répondu le silence. Il ne s'est rien passé. Nul n’a désigné la souffrance par son nom. Une voix neutre a seulement résonné dans les haut-parleurs de la gare : "Suite à un accident grave de voyageur…" Nos vies ont pris un peu de retard. À cause de trois détresses qui n’ont jamais existé.

Mon avis : Il y aurait tout un tas de choses à tirer de ce livre, mais je l'ai lu tard hier soir et du coup mon cerveau ne se prêtait pas à une réflexion intense concernant ce court roman.
Evidemment on pourrait blâmer notre société, dire que nous sommes des monstres d'égoïsme, du côté du suicidé comme de ceux qui assistent à ce suicide et que ça dérange. Où est la compassion ? Pourquoi la violence du geste nous met en colère ? Nous ramène-t-il à notre condition d'humain qui craint d'être touché par la détresse d'autrui ? Aurait-on peur que les idées noires d'un suicidaire nous contamine ? Voilà on peut se poser diverses questions à propos de ce sujet tabou : les personnes qui choisissent de passer sous un train.

Ce roman est hyper court (63 pages), mais il contient une description vraiment bien faite de notre société actuelle.
Je le conseille à ceux qui aiment réfléchir, se poser des questions sur l'état de la société, sur l'humanité, et la déshumanisation.
à la réflexion je pense qu'il serait même intéressant de l'étudier au lycée, en philo. C'est un roman court, rapidement lu, avec un vocabulaire simple, des tournures de phrases agréables et pas compliquées. Mais qui porte en lui tant de questions et de réflexions.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 20 octobre 2014

Le Grand Voyage, de Jorge Semprun

Quatrième de couv' : Il y a cet entassement des corps dans le wagon, cette lancinante douleur dans le genou droit. Les jours, les nuits. Je fais un effort et j'essaye de compter les jours, de compter les nuits. Ça m'aidera peut-être à y voir clair. Quatre jours, cinq nuits. Mais j'ai du mal à compter ou alors il y a des jours qui se sont changés en nuits. J'ai des nuits en trop ; des nuits à revendre. Un matin, c'est sûr, c'est un matin que ce voyage a commencé...

Mon avis : Bon déjà, je ne pense pas qu'on puisse dire "aimer ou ne pas aimer" ce témoignage. Evidemment c'est puissant. Mais. Parce qu'il y a un mais, ce n'est pas (pour moi) une grande oeuvre littéraire, j'y ai trouvé un défaut qui a ralenti ma lecture : les retours en arrière, avant la déportation, qui ne sont pas définis. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de saut de ligne, juste un nouveau paragraphe qui s'ouvre, mais pas de saut de ligne, pas d'introduction à ce retour dans le passé.
Alors même que dans le présent de l'écriture on est dans le passé, on se retrouve encore plus dans le passé. Si vous voulez, on lit parfois des scènes du passé sans distinction aucune avec les scènes du voyage, de la déportation en train, qui est aussi le passé du narrateur. BREF.
Ce récit c'est le voyage en train vers les camps. Le narrateur a complété ce voyage avec des scènes précédant sa déportation. Des scènes de résistance, des scènes d'emprisonnement. Et aussi le retour en France, quand il retourne voir des connaissances pour essayer de savoir ce que sont devenus ses amis.

Puis à la fin l'arrivée aux camps.

Evidemment c'est bouleversant, certains passages sont atroces. Je n'ose même pas imaginer l'émotion qu'on ressent quand on est entourés de cadavres dans un wagon. Je n'ose à peine imaginer la cruauté des nazis.
Après cette lecture, je suis allée regarder une interview de l'auteur à propos de son livre, il ne s'agit pas d'une autobiographie mais d'un roman basé sur des faits réels, autobiographiques.
Je n'ai pas été franchement intéressée par ce livre, même si ce qui est écrit est extrêmement dur. J'ai une préférence si je puis dire, pour les récits des camps, la vie dans les camps.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 17 octobre 2014

Vous parler de ça, de Laurie Halse Anderson

Quatrième de couv' : Melinda Sordino ne trouve plus les mots. Ou plus exactement, ils s'étranglent avant d'atteindre ses lèvres. Sa gorge se visse dans l'étau d'un secret et il ne lui reste que ces pages pour vous parler de ça. Se coupant du monde, elle se voit repoussée progressivement par les élèves, les professeurs, ses amis, et même ses parents. Elle fait l'expérience intime de la plus grande des injustices : devenir un paria parce que ceux dont elle aura tant besoin pensent que le mal-être, c'est trop compliqué, contagieux, pas fun. Melinda va livrer une longue et courageuse bataille, contre la peur, le rejet, contre elle-même et le monstre qui rôde dans les couloirs du lycée.

En 1998, Laurie Halse Anderson, jusque-là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d'une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés ; c'est un cauchemar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l'esprit des pensées sombres qui s'y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche le brouillon d'une histoire, celle d'une jeune fille qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d'été.
Une fois sa mission accomplie, elle retourne se coucher. Laurie Anderson ne fit plus jamais ce mauvais rêve qui allait pourtant changer sa vie l'année suivante quand les notes seraient devenues un roman vendu à plusieurs millions d'exemplaires, un film hollywoodien (avec Kristen Stewart en 2004), de nombreuses nominations et récompenses, et plus de 30 traductions, Vous parler de ça n'est pas simplement un premier roman bouleversant. C'est un phénomène de société, c'est un sujet de conversation, c'est un étendard, c'est un livre capable de changer la vie de celles qui le lisent, et il est pour la première fois traduit en français.

Mon avis : Je dois être totalement insensible parce que ce roman ne m'a pas bouleversée plus que ça. Oui ce qui arrive à Melinda est terrible, oui elle met du temps à s'en remettre. 
Mais en même temps elle n'est pas aidée, sa famille se désintègre, ses parents ne s'intéressent pas à elle, ses amies lui ont toutes tourné le dos du jour au lendemain. Les autres ne sont pas tendres avec elle. Le lycée est une véritable épreuve pour elle. 
Mais quelque chose dans l'écriture, trop enfantine peut-être ? m'a empêchée d'être "bouleversée". J'ai eu de la peine pour elle, pour toutes les jeunes filles à qui ça arrive et les conséquences que ça a sur leur vie. 

Mais ce roman ne m'a pas émue puisque c'est écrit comme si une ado parlait, mais une ado-bébé sur les bords. Melinda n'est pas très réfléchie, et je trouve que la métaphore de l'arbre qu'elle doit réaliser pour son projet d'arts plastiques c'est un peu trop évident. 
Dans l'histoire Melinda a 13 ans quand elle est en fin de 3è. Alors soit elle est méga en avance, soit la traduction a été mal faite...

Je pense que ce roman est finalement plutôt adapté à des ados de 14 à 17 ans plutôt qu'à de jeunes adultes. Dommage. 


lundi 13 octobre 2014

Price, de Steve Tesich

Quatrième de couv' : Publié en 1982 aux États-Unis, fruit d’une dizaine d’années de travail, Price est l’autre grand roman que l’auteur de Karoo, Steve Tesich, portait en lui « depuis toujours ».

Daniel Price, dix-huit ans, a les traits de son père, la belle stature de sa mère, et une âme qui ne sait plus à quel saint se vouer. Tout commence par un combat perdu d’avance, occasion ratée de se tirer d’East Chicago, ville industrielle et prolétaire, où l’avenir se résume à passer sa vie à l’usine.

Flanqué d’amis à peu près aussi paumés que lui – Larry, le teigneux, et Billy, la bonne pâte –, Daniel va, au cours de son dernier été d’adolescent, tandis que son père agonise, être emporté par la force dévastatrice d’un premier amour, quand chaque mot et chaque geste prennent des proportions démesurées.

Histoire orageuse, parcourue d’égarements, de trahisons et de colère, Price raconte l’odyssée intime d’un garçon projeté brutalement dans la vie adulte, où vérité et mensonge, raison et folie finissent par se confondre.

Premier roman maîtrisé et fondateur, Price, par ses tensions et ses renoncements, vibre d’une incroyable puissance dramatique et décrit avec honnêteté la lutte intérieure d’un jeune homme pour assumer sa liberté par-delà le désespoir.

Mon avis : Je ressens un sentiment de satisfaction d'avoir lu ce livre. C'est idiot. Je n'arrive pas à savoir si j'ai aimé. Je crois que oui, mais ce n'est pas un coup de coeur. Pourtant je pense que c'est un livre dont je me souviendrai longtemps.

C'est bien écrit, des phrases ont résonné en moi, m'ont parlé, d'autres m'ont amusée. J'ai été surprise, un peu lassée par moments de la longueur du roman.
Je me suis attachée à Daniel, on le découvre faisant face à son premier amour.
On le suit quand il parle de son père et de sa maladie.
Je me suis retrouvée en lui quand l'été qui suit la fin du lycée vous sépare de vos amis de toujours.

Daniel Price devient un jeune adulte au cours de ce roman, et c'est beau à voir. Tout au long de ce roman on se sent plongé dans une atmosphère un peu sombre, qui le devient de plus en plus, jusqu'au coup d'éclat qui ravive tout.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

(Et puis cette couverture, si belle.)

Not that Kind of Girl (Antiguide à l'usage des filles d'aujourd'hui), de Lena Dunham

Quatrième de couv' : On peut n'avoir même pas trente ans, avoir créé une série culte, avoir déjà été qualifiée pêle-mêle de « voix d'une génération » et de « fille naturelle de Susan Sontag et de Woody Allen », figurer dans la liste du Times des 100 personnes les plus influentes du monde, avoir vu Joyce Carol Oates chanter vos louanges, avoir décroché un contrat faramineux avec une des plus grandes maisons d'édition américaines, et pourtant être percluse de tocs, de complexes et d'angoisses existentielles.

Lena Dunham, c'est la bonne copine. Celle qui vous raconte par le menu ses plans drague foireux, ses accidents sexuels, ses premiers boulots minables. Mais Lena Dunham, c'est aussi la philosophe néoféministe qui nous explique qu'il vaut mieux pour notre santé mentale bannir à jamais le mot régime de notre vocabulaire, que dans la vie, il y a les hommes et il y a les connards, que New York est la plus belle ville du monde et qu'à la fin, puisqu'il n'y a rien, autant rigoler.

Mon avis : Il faut savoir que c'est la curiosité qui m'a poussée à emprunter ce livre. Je ne supporte pas Lena Dunham, je ne supporte pas sa série Girls (si la saison 1 me plaisait, la saison 2 m'a dégoûtée), je ne supporte pas son exhibitionnisme. Alors pour moi, emprunter ce livre, c'était être curieuse, comme les gens qui ont acheté le livre de Mme Trierweiler. Voilà, curiosité et voyeurisme en quelques sortes.

Je vais vous le dire tout de go, après cette lecture je n'aime toujours pas Lena Dunham. Ce livre raconte sa vie. Il y a 5 parties pour cadrer un peu son histoire, mais dans chaque partie, elle se perd, fait des retours en arrière, c'est totalement incohérent pour le lecteur. On ne sait jamais trop où on se situe sur la frise chronologique de sa vie.

Evidemment comme toute jeune fille, elle fait des erreurs, des maladresses et n'hésite pas à les raconter. Mais là où j'ai du mal c'est quand elle nous parle de son viol. J'ai un mal fou à la croire, c'est amené de façon à ce qu'on doute d'elle, de ses dires. En fait, j'ai du mal à la croire dans toutes ses histoires. Est-ce qu'elle n'exagère pas pour qu'on la remarque ? pour qu'on l'écoute ? Elle cherche la reconnaissance, non pas celle d'être connue (ça c'est déjà fait) mais celle qui fera qu'on la remarque (qu'elle sorte du lot). Elle m'apparait alors très égocentrique, exactement comme son personnage dans la série. Elle se comporte comme une enfant (notamment à son boulot dans la petite boutique de fringues).

Je conseille ce livre à tout ceux et celles qui ont envie de connaître un peu plus la vie de Lena Dunham, à ceux qui l'apprécient.
Les autres, vous pouvez passer votre chemin, il n'y a rien de fascinant à lire l'histoire d'un jeune femme, hypocondriaque, bourrée de TOC, d'angoisses (qui ne sont pas analysées du tout et donc pas amoindries), mais assez sincère dans sa démarche de tout nous dévoiler.
Malheureusement ce livre manque cruellement de profondeur. Si Lena se dit féministe, on ne lit pas la moindre réflexion, ou analyse sur ce sujet.
Evidemment écrire de cette façon, c'est une attitude assez décomplexante, mais aujourd'hui, je ne trouve pas que son livre soit remarquable, tout le monde se révèle dans les moindres détails (sordides ou non) sur un blog, sur Facebook, dans un livre.

Enfin, un dernier conseil : Ne suivez jamais l'exemple de Lena Dunham.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 7 octobre 2014

Hunger Games, de Suzanne Collins

Quatrième de couv' : Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.
Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l'arène : survivre, à tout prix.
Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n'hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature...

Mon avis : J'arrive 3000 ans après tout le monde, je sais. Comme c'est mes deux dernières semaines de taf j'en profite pour emprunter des livres et les lire le plus rapidement possible. Du coup je me suis dit qu'il fallait quand même comprendre pourquoi Hunger Games avait tant plu. Et j'ai été super emballée dès le début. Puis j'ai fait une pause pour dîner aux environs de 300 pages. Et là, le drame. Les cents dernières pages sont nulles, mal écrites. On dirait que l'éditeur a dit à son auteur : "attends t'es bien partie pour nous faire 3 tomes là ! Vas-y incorpore un élément qui va introduire les autres tomes". Et Suzanne Collins a crée un petit élément qui n'a pas d'importance pour Katniss et pour le lecteur, mais qui en a pour les membres du Capitole. Du coup toute la fin m'a laissée perplexe.
Autant au début j'étais enthousiaste et je me disais "mais comment ai-je pu passer à côté de ça ?", c'était intéressant, le monde de Katniss était bien expliqué mais sans trop de détails lourds ou inutiles. Katniss me plaisait bien comme héroïne forte, courageuse, brave et débrouillarde. Peeta me semblait être le mec sur lequel on doute tout le temps mais à la fin, le type adorable, et sincère.
Quant à Gale, j'ai pas eu l'impression d'une histoire d'amour entre lui et Kat. Certes ils s'apprécient, chassent ensemble, passent leurs journées ensemble mais ça n'en fait pas pour autant un couple! Alors quand Kat pense à Gale en mode "je le trahis" j'ai trouvé ça absurde...

Donc une bonne lecture dans l'ensemble, le principe des Jeux où les gens doivent se tuer, et tenter de survivre ça m'a bien plu (c'est sadique ?) mais la fin était trop prévisible et m'a déçue vu la tendance que ça prend. Et malheureusement ça ne me donne pas envie de lire les tomes suivants (qui ne se passent pas dans l'arène j'imagine ? dites-moi)

La fiche du livre sur le site de l'éditeur